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Fièvre acheteuse à Oran

Publié le 07/06/2016, par dans Non classé.

Hier, vers midi, le soleil tapait fort sur Oran. Premier jour de Ramadhan, forcément, les avenues et les boulevards n’étaient que très peu fréquentés à cette heure-ci. En vérité, rien n’indiquait, de prime abord, que le mois sacré était là… il fallait, pour se rendre compte de « l’effervescence ramadhanesque», s’approcher des marchés populaires.
Au centre-ville, le marché Michelet, celui à l’architecture bien singulière, faisait grise-mine, hier, tant la moitié de ses stands n’étaient pas investis par les marchands de fruits et légumes. Ce marché couvert, le seul du centre-ville, ne connaît apparemment plus l’engouement qu’il suscitait autrefois. En revanche, au marché en plein air, dit Les Aurès (ex-La Bastille), qui se trouve en sandwich entre la rue Larbi Ben M’hidi et la rue Khemisti, l’ambiance est tout autre.

Bien qu’étant en piteux état, ce marché en plein air, longeant une longue artère piétonne, ne désemplit pas. Hier, il était difficile de circuler tant le marché était bondé. Les ménagères faisaient la tournée des étals pour s’enquérir au préalable des prix, avant de se risquer à sortir le porte-monnaie.

Effectivement, à mesure que l’on se balade le long du marché, en jetant un coup d’œil sur les prix, on se rend compte qu’il y a toujours une différence de 10 à 20 da entre un étal et l’autre. A titre d’exemple, certains marchands proposent la courgette à 120 DA le kilo, alors que d’autres la vendent à 140. La pomme de terre également peut connaître une petite différence de prix, vu que certains la proposent à 35 DA, alors que d’autres à 40 DA.

Les petits pois sont cédés à 220 DA, les tomates à 80 DA, alors que le prix des poivrons, rouges ou verts, est à partir de 100 DA pour atteindre parfois les 180 DA. Chez les poissonniers, la sardine est vendue à 250 DA le kilo, alors que les bouchers proposent le kilo de poulet à 310 DA. Quant aux dattes, un fruit très prisé durant le mois sacré, elles sont vendues entre 480 et 500 DA le kilo. Pour ce qui est des fruits, autant dire que cette année, saison estivale aidant, la tendance est plutôt aux fraises et aux abricots.

En effet, ces deux fruits proposés dans de petites barquettes et exposés un peu partout sur les étals du marché sont vendus à 200 DA le kilo. Même prix pour les bananes ; en revanche, pour acheter un kilo de cerises, il faudra débourser pas moins… de 1200 DA. « Tous ces prix donnent le tournis», plaisante un chef de famille, en faisant ses courses. Une autre femme explique que le problème ne se pose pas durant les premiers jours de Ramadhan du moment que les achats en vue de ce mois sacré ont été effectués au préalable. « Chaque année, le premier jour de Ramadhan je gâte ma famille avec un beau gigot au four, nous explique-t-elle. Mais il ne faut pas s’y méprendre, je n’ai pas les moyens de m’acheter un gigot.

En vérité, il s’agit d’une partie de la viande du dernier Aïd que je laisse spécialement pour le Ramadhan. Sinon, après on devra se contenter de la viande blanche, ou tout au plus de la viande rouge congelée.» A ce propos et à titre informatif, ce sont plus de 10 000 tonnes de viandes congelées et 600 tonnes de viandes fraîches qui ont été réceptionnées cette semaine au port d’Oran en vue justement d’approvisionner les marchés durant le mois sacré.

Un peu plus loin, au quartier historique de Sidi El Houari, dans le célèbre marché en plein air qui longe la rue de l’hôpital, l’ambiance n’est pas au beau fixe. Même topo au marché d’El Derb, sis à l’ancien quartier juif de la ville. Ces deux marchés étaient, hier, presque désertés par les chalands. « En fait, les différentes opérations de relogement ont fait que ces deux quartiers, de même que le quartier d’El Hamri, se sont vidés de leurs habitants. Ils sont donc moins animés, et en des occasions comme le mois de Ramadhan, forcément le manque d’ambiance s’en ressent.»

Par contre, au marché couvert dit Saint-Michel, plus connu des Oranais sous l’appellation « marché du 5e» (du fait qu’il jouxte le commissariat du 5e arrondissement), l’ambiance ramadhanesque était bel et bien au rendez-vous et les consommateurs se sont rués sur les différentes étals. Une rue plus loin, au quartier Plateau, une initiative plutôt originale a été entreprise par le propriétaire d’une pizzeria : le temps du mois sacré, il a transformé son établissement en magasin qui propose des jus de fruits pressés.

Des jus de bananes, de fraises, d’oranges ou de citrons sont vendus aux clients, et la bouteille d’un litre et demi est cédée à 150 DA. Enfin, qui dit Ramadhan, dit forcément les célèbres gâteaux orientaux (chamia, zlabia et autres). Là encore, l’écart de prix est facilement perceptible selon qu’on achète ces gâteaux dans une pâtisserie ordinaire ou dans une pâtisserie de « luxe». A titre d’exemple, une pâtisserie de luxe propose un demi kilo de chamia aux amandes à 400 DA, et 250 DA pour une chamia sans amande. En revanche, si on va dans une pâtisserie ordinaire, le coût d’un demi kilo de chamia est de 150 DA.

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