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Festival du patrimoine bâti : La maison traditionnelle Kabyle célébrée à Tazerouts

Publié le 22/08/2019, par dans Non classé.

TIZI-OUZOU- La maison traditionnelle Kabyle a été jeudi à l’honneur de la 1ère édition du festival du patrimoine bâti ouvert au village Tazerouts, commune d’Abi Youcef, à une cinquantaine de kilomètres au Sud-est de Tizi-Ouzou.

Organisée à l’initiative de l’association du village, Djamel at Umejkan, cette manifestation constitue « le couronnement de celles déjà organisées auparavant et portant sur la vie dans un village Kabyle », a souligné Ait Kheldoun Slimane, vice président de l’association organisatrice qui a réhabilité, à l’occasion, une vieille maison du village pour servir de témoin aux visiteurs.

Lors de la cérémonie d’ouverture, Makhlouf Naït Saâda, ancien directeur d’architecture et d’urbanisme au ministère de l’Habitat et membre du comité d’organisation, a rappelé que « le patrimoine bâti demeure l’œuvre essentielle de l’humanité, déterminée par le climat, la disponibilité du matériaux, ainsi que l’aire culturelle pour se protéger des aléas de la nature ».

A ce titre, a-t-il fait remarquer, la maison traditionnelle kabyle, « avait pour vocation première d’abriter ses habitants et, dans une certaine mesure, d’être fonctionnelle, d’où sa conception et son aspect rudimentaires ».

De même, a-t-il poursuivi, qu’elle a toujours constitué « un espace et un univers où a toujours cohabité l’Homme quelques animaux domestiques qui contribuait à sa subsistance et même à l’entretien des lieux ».

Elle est souvent construite, a-t-il ajouté, « grâce à l’entraide des citoyens du village avec des pierres et du bois ramassés des champs et, l’un de ses aspects extérieurs prédominant est une certaine uniformité de par ses matériaux, ses structures et sa géométrie ». Ce qui traduit, selon lui, « un soucis d’égalitarisme et d’affirmation d’appartenance communautaire qui a toujours prévalu dans l’entreprise de construction ».

Autre aspect fondamental de la maison traditionnelle Kabyle, a-t-il ajouté, est que « l’aménagement et l’agencement de l’espace intérieur, décors, niches et mobiliers de fortune, est l’apanage de la femme. L’homme ne s’interfère jamais dans l’aménagement ou l’agencement intérieur de la maison ».

Au lendemain de l’indépendance, « la maison traditionnelle n’a pas échappé aux transformations socioculturelle, démographique et économique qu’a subie la société algérienne dans son ensemble et a subi l’influence d’éléments empruntés qui n’avaient apporté aucune fonction utile », a souligne Naït Saâda.

A ce propos, il a indiqué que « le retour des immigrés, avec en tête l’image de la maison européenne avec balcon et terrasse, a inauguré le processus de modification du bâti traditionnel et introduit de nouveaux paramètres dans l’acte de construire, notamment, les accès carrossables ».

Ce processus, s’est également accompagné, a-t-il ajouté, « par une recherche esthétique dans le plagiat et non dans l’harmonie des constructions ou de l’espace et par la perte du rôle de la femme en tant qu’+architecte d’intérieur+ remplacé par les meubles achetés comme produits finis ».

Aujourd’hui, a-t-il fait remarquer, « l’acte de bâtir est devenu une relation commerciale, parfois, conflictuelle, entre le propriétaire qui veut ceci ou cela et l’architecte qui doit s’en tenir à des normes architecturales », tandis que jadis, « chaque communauté était l’architecte de son village ».

Au programme de cette manifestation qui s’étale sur trois jours, plusieurs ateliers en relation avec l’habitat traditionnel en tant qu’espace de vie et diverses activités culturelles festives, chants, théâtre et réalisations de fresques dans les ruelles du village.

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