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Fertial connaîtra-t-elle le même sort qu’ArcelorMittal ?

Publié le 20/12/2016, par dans Non classé.

La colère couve au sein des travailleurs, aussi bien à l’unité d’Arzew qu’à celle de Annaba, quant à l’avenir de Fertial.
Le groupe privé ETPHB de Ali Haddad a acquis 17% des 66 % des actifs du groupe espagnol Villar Mir dans sa filiale algérienne Fertial. Avec les 34% des parts sociales du groupe public Asmidal, le partenaire espagnol est désormais minoritaire à 49%. La validation de cette révision par l’assemblée générale extraordinaire puis par le CPE est intervenue fin novembre dernier.

Premier changement opéré : la gestion de la direction générale de Fertial, dirigée auparavant par des étrangers désignés par le groupe ibérique. Pour la première fois, c’est un Algérien, Bounour Mokhtar, qui a pris les rênes de cette entreprise spécialisée dans la production d’ammoniac et d’engrais. Première décision prise par ce nouveau directeur général : un audit général qui a ciblé toute la gestion de l’entreprise, dont les conclusions sont appréhendées par plus d’un.

Cette décision a été bien accueillie par le groupe public Asmidal, également actionnaire à 34%. En effet, selon des cadres de Fertial, « ce que l’Algérie a vécu avec ArcelorMittal avant son départ, elle risque de le revivre avec le groupe Villar Mir. Les ressources de notre entreprise sont dilapidées par la partie espagnole.

Cela a été rendu possible par une complicité interne au moment même où les Algériens s’apprêtent à affronter la première année d’austérité, décidée par l’Etat». Les dénonciations ont été même portées sur la Toile où des cadres nationaux n’hésitaient pas à partager de graves pratiques sur les réseaux sociaux.

D’autres ont pris attache avec notre rédaction pour nous fournir un volumineux dossier justifiant une gestion qui, selon eux, « n’obéit à aucune morale». Mieux encore, les services de sécurité, saisis de l’affaire, ont répondu à l’appel de détresse des travailleurs algériens et sont actuellement sur la brèche.

Ainsi, la colère couve au sein des travailleurs de Fertial aussi bien à l’unité d’Arzew qu’à celle de Annaba. Au niveau de cette dernière, implantée à la sortie est de la ville, l’on dénonce d’ores et déjà le mode opératoire du directeur industriel, David Herero, et la récente affectation du directeur des approvisionnements, Farid Mizi, sur ce site. Les premiers se disent soulagés, les seconds quant à eux découvrent un autre mode de gestion qu’ils n’approuvent pas forcément.

Le remplacement de la société de droit algérien Wood Group Somias qui assurait la maintenance intégrale à l’unité NPK de Fertial par une autre, ukrainienne, dont la mission se résume à l’assistance technique, a fait déborder le vase de la colère de la partie algérienne. En effet, selon le syndicat de Somias, « les dirigeants de Fertial n’ont pas respecté les clauses du contrat, notamment l’article 8.

Il y est stipulé la prise en charge du nettoyage industriel chimique et mécanique des équipements et la mise à disposition des locaux à usage de bureau et magasin ainsi que des vestiaires et sanitaires. En l’absence de ces derniers, nous avons préféré nous retirer pour le bien de notre personnel».

Au lieu de se conformer aux dispositions de cet article, le nouveau directeur des approvisionnements de Fertial a fait appel à Serfi, un sous-traitant ukrainien. Selon les termes de la convention signée 2015, dont El Watan détient une copie, le total estimatif annuel de ce service est de 3,48 millions de dollars (307 millions de dinars) transférables alors que le contrat avec Somias était seulement de 7,4 millions de dinars. Aussi, l’hébergement, la restauration et le transport avec escorte sont pris en charge par Fertial. Mieux encore, l’outillage nécessaire pour l’activité de l’entreprise est loué auprès de Somias.

Actuellement, la majorité des permis de travail des employés de Serfi sont bloqués au niveau de la direction de l’emploi de la wilaya de Annaba faute de justificatif. Contacté, Benkhlifa Karim, directeur de l’emploi confirme : « Le renouvellement des permis de travail des employés de Serfi sont tributaires d’un justificatif tel qu’un avenant ou une autre convention. A défaut, ils n’auront aucun droit d’exercer sur le territoire national.»

Le refroidissement des installations de production d’ammoniac de Annaba et Arzew se fait à l’huile Torba 46 produite et commercialisée par Naftal, mais Fertial a troqué son fournisseur national contre Repsol pour le même produit. « Au lieu de l’huile de Naftal dont la disponibilité est immédiate, le service d’approvisionnement de Fertial a voulu autrement en se dirigeant vers son compatriote Repsol. Outre le prix élevé, il faut également prévoir l’abus dans l’utilisation et l’importation de quantités exagérées.

Son acheminement depuis Arzew via des camions citernes génère une autre importante dépense à ajouter au prix de cette huile espagnole», dénoncent des travailleurs. D’autres noms d’entreprises sous-traitantes reviennent dans les dénonciations des travailleurs dont trois d’entre elles — Omoi, Myriad et Allexport — appartiennent à la même personne.

Nous avons tenté d’avoir la version du directeur général, Bounour Mokhtar, et du directeur de l’industrie de Fertial, David Herero, mais les deux ordonnateurs ont préféré ne pas s’exprimer. Selon le chargé de communication de Fertial, « le directeur de l’industrie David Herero ne veut pas faire de déclaration à la presse. Quant au directeur général, il organisera prochainement une rencontre avec la presse pour s’exprimer sur tous les dossiers».

Des économistes, contactés par El Watan, avancent un constat unanime : le partenariat algéro-espagnol Fertial connaîtra dans un avenir proche le même sort que celui d’ArcelorMittal Algérie. Avant l’intervention en 2013 de l’ARH, l’agence de régulation des hydrocarbures qui a ordonné une baisse de 30% des livraisons de gaz naturel aux deux complexes d’Arzew et Annaba, le partenaire espagnol avait profité des prix concurrentiels du gaz algérien à 0,8 dollar la tonne de BTU et réalisé des fortunes en exportant une moyenne de 600 000 tonnes/an avec le bonus de l’absence de taxe en Europe. Une fois arrivé en Espagne, l’ammoniac algérien est transformé en dérivés plus chers, tels que le di-ammonium phosphate et le nitrate d’ammonium. Lire la suite

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