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Face à l’impasse politique, l’urgence d’une rapide alternance

Publié le 09/10/2017, par dans Non classé.

Trois personnalités ont mis en garde contre la situation politique du pays. Certains demandent aux militaires de rester en dehors du champ politique, alors que d’autres jugent son implication inévitable.
Anciens ministres, intellectuels, ils sont nombreux à tirer la sonnette d’alarme face à l’impasse politique dans laquelle se trouve le pays depuis la maladie du président Bouteflika. Ces personnalités soulignent l’urgence d’une solution politique, alors que la situation économique se dégrade et que l’effritement de la cohésion sociale guette. C’est en tout cas l’idée défendue par l’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi, dans une contribution publiée dans El Watan dans son édition du 2 octobre.

Pour l’ancien ministre, « la mauvaise santé de Bouteflika tient le pays en otage ; le Président ne s’adresse plus directement à la nation depuis le 8 mai 2012, réduisant la vie politique aux échéances électorales sans surprise ni enjeux majeurs, à la rumeur et à l’absence de cette visibilité qui fait la force des Etats et donne de l’espoir aux peuples», écrit-il.

Pour celui qui a été à la tête du ministère de la Communication dans le gouvernement Hamdani avant d’en être démis en 1999 par le président Bouteflika, « l’absence à ce niveau de responsabilité participe à l’effritement de la cohésion nationale, qui reste pourtant la mission cardinale du chef de d’Etat qui incarne l’Etat dans le pays et à l’étranger.»

M. Rahabi, qui se refuse de faire appel aux militaires pour destituer le chef de l’Etat, craint quand même que la situation actuelle oblige l’armée à intervenir. « Cette situation inédite par son ampleur et sa durée a produit une confusion des rôles et a conduit à l’implication du commandement de l’armée dans le débat politique, au risque de le replacer dans la situation de la crise de 1992 et de l’éloigner de ses missions constitutionnelles», avertit l’ancien ambassadeur à Madrid. Autre personnalité à avoir enflammé le débat : Noureddine Boukrouh.

L’ancien ministre de la Petite et moyenne entreprise et de la Petite et moyenne industrie dans le gouvernement Benbitour avait lancé dans un premier temps un appel pour une « révolution pacifique du peuple algérien», tout en exhortant l’institution militaire à intervenir, d’une manière ou d’une autre, pour stopper une dérive politique aggravée, selon lui, par le refus « d’une alternance justifiée par l’état de santé du chef de l’Etat».

Dans un deuxième texte publié en fin de semaine, l’ancien fondateur du PRA demande aux militaires de refuser de s’engager contre le peuple en cas de troubles sociaux, jugés « inévitables» par l’ancien ministre. « L’ANP, explique l’auteur de l’appel, récuse toute implication dans le champ politique et réaffirme régulièrement son attachement à ses missions constitutionnelles au service de la nation, de son unité et de son intégrité territoriale. La nation s’en félicite et attend d’elle et des services de sécurité de s’interdire d’employer la force contre le peuple en cas de survenance d’un autre octobre 88, car les troubles sociaux ne sont jamais que la conséquence de politiques ruineuses.

Ce sont les auteurs de ces politiques qui doivent être sanctionnés, non leurs victimes.» D’autant que pour M. Boukrouh, cette perspective se rapproche à grands pas avec la chute des réserves actuelles. « C’est alors que les troubles pourraient éclater, obligeant le pouvoir à demander à l’ANP et aux forces de l’ordre de les réprimer», estime l’ancien ministre. Pour sa part, le sociologue Nacer Djabi juge la situation politique actuelle en Algérie comparable à celle qui prévalait à la fin de règne des présidents tunisiens Habib Bourguiba et Ben Ali.

Dans une analyse pour le quotidien londonien Al Quds Al Arabi, l’intellectuel rappelle qu’à la fin de leur règne, les deux hommes avaient réussi à concentrer tous les pouvoirs entre leurs mains et œuvré pour faire le vide autour d’eux en neutralisant tous les contre-pouvoirs. Pour Nacer Djabi, ce scénario est tout aussi probable en Algérie car « la crise actuelle est alimentée par la crainte de chaque clan de voir ses privilèges disparaître et sa position affaiblie.» Lire la suite

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