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Événements de Béjaïa : Les interrogations des élus

Publié le 09/01/2017, par dans Non classé.

Les élus locaux se sont interrogés sur les tenants et les aboutissants de ces événements sans trouver des réponses à leurs questions.
L’Assemblée populaire de la wilaya (APW) de Béjaïa a convoqué hier une session extraordinaire, exclusivement pour parler des événements mouvementés que vient de vivre la wilaya. La session intervient alors qu’il règne un calme total sur tout le territoire de la wilaya, ce qui pose la question de son utilité. « Nous avons choisi cette date pour trois raisons : c’est avant tout la fin de la grève, c’est un début de semaine et c’est le jour de la rentrée scolaire», a expliqué, en plénière, le président de l’APW, Ali Rabehi. Soit trois raisons en parfait décalage avec l’actualité de la semaine qui vient de s’écouler.

Attendu pour donner un bilan des dégâts engendrés par les émeutes, le nouveau wali, Mohamed Hattab, n’a pas dit plus que ce qui a déjà été rapporté par la presse, énumérant les édifices saccagés. Il précise, cependant, que le nombre de blessés est de 142, dont deux policiers gravement atteints, auxquels les élus ont exprimé toute leur compassion. Les blessés chez les manifestants, on n’en a pas parlé. Le wali a reconnu que Béjaïa, dont plus de la moitié de la population est constituée de jeunes de moins de 30 ans, accuse un retard dans le développement et que certains ratios sont faibles.

Prudent dans ses propos, il s’est demandé : « Est-ce que Béjaïa mérite cette situation ?» Les élus se sont interrogés sur les tenants et les aboutissants de ces événements sans trouver de réponse. Certains ont reproché à l’administration d’avoir convoqué les commissions de sécurité au niveau des daïras en ignorant les élus. « C’est la politique de ce pouvoir qui nous a amenés à cette situation. Il n’y a pas de dialogue», a accusé Youcef Boukoucha, élu FFS, qui a demandé la libération des jeunes raflés par erreur. La dénonciation des saccages a été unanime.

Un autre élu du même parti, Abdelhafid Kasri, trouve qu’il « y a eu aussi le saccage par la loi de finances 2017». « Où sont le CHU, le tramway, le téléphérique, le stade, le complexe pétrochimique ? Voilà la vraie violence qui est contre Béjaïa», a-t-il énuméré, prenant au passage la défense du MAK, « un mouvement pacifique».

La loi de finances 2017 a été généreusement critiquée. Une loi qui « appauvrit le peuple», assène un élu RCD qui explique que « des milliers d’appels à la grève ont été relayés sur les réseaux sociaux et Béjaïa ne les a pas suivis. Si elle l’a fait avec le dernier appel, c’est qu’il y a un ras-le-bol».

« La loi de finances est antisociale, votée par une majorité façonnée», lance l’élu Boualem Mimouni, qui stigmatise le discours officiel qui est « en déphasage» avec la réalité. Il prend en exemple les propos de Abdelmadjid Tebboune, ministre de l’Habitat, qui fait croire qu’il n’y a pas trace de bidonvilles à Béjaïa. L’élu y voit de « la provocation» et fait comprendre qu' »on n’accepte pas qu’on se serve de Béjaïa pour faire peur aux autres».

Le RCD, qui a été écarté de la décision d’organiser cette session extraordinaire, n’a pas été généreux dans l’analyse de la situation. Rabah Hedjal, son chef de groupe à l’Apw, pointe du doigt « les luttes de clans et des manœuvres occultes» qui « ne peuvent pas durer».
Du côté du FLN, on a joué au pompier, rappelant les « avantages» de la loi de finances. « Il faut que la population se mette à contribution et fasse des sacrifices», préconise une élue FLN.
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