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Évadés de la prison de Lambèse en… 1994

Publié le 04/02/2018, par dans Non classé.

Les unités de l’ANP ont éliminé mercredi dernier, à Médéa, deux « importants» terroristes qui sévissaient dans les monts des wilayas de Médéa, Tissemsilt, Djelfa et Aïn Defla.
Il s’agit de Abderrahamane Titaouine, plus connu sous le pseudonyme d’Abou Al Banate, et de Loukmane Bouaraba, de son vrai nom Mustapha Maameri, parmi les plus anciens dans les effectifs des groupes armés.

Ils avaient rejoint les maquis terroristes en début des années 1990, avant d’être arrêtés, condamnés puis transférés à la prison de Lambèse à Batna, d’où ils se sont évadés, avec près d’un millier d’autres prisonniers, au mois de mars 1994.

Diffusées par le ministère de la Défense nationale, leurs photos laissent perplexes en raison de l’état dans lequel ils étaient.
Les cheveux gris assez longs et une barbe teintée, pendante et hirsute, les dents à moitiés disparues et vêtus d’une tenue afghane de couleur sombre, les deux terroristes donnent l’impression d’avoir été coupés du monde depuis fort longtemps.

Selon des sources sécuritaires, ils avaient rallié le GIA, qui écumait les monts de Médéa, Djelfa, Aïn Defla et Tissemsilt, puis rejoint, vers la fin des années 1990, les phalanges d’Al Ahwal, après les dissensions internes autour du leadership. Durant les années 2000, ils se sont mis sous la coupe d’Aqmi et ont continué à sévir dans ces montagnes, que Loukmane Bouaraba connaissait parfaitement, étant natif de Ksar El Boukhari, à Médéa, une région qui a durement souffert aussi bien du GIA, que d’Al Ahwal, du GSPC, ou plus récemment d’Aqmi.

Les deux terroristes ont été éliminés lors d’une embuscade, menée grâce à des renseignements précis sur la présence d’un groupe de terroristes. Pour les plus avertis, il s’agit d' »une victoire» dans la mesure où la traque de ces deux terroristes dure depuis des années, pour leur implication dans de nombreuses attaques meurtrières contre les forces de sécurité, mais aussi dans de faux barrages ayant ciblé des citoyens. Les Algériens se rappellent certainement de l’un d’eux, Abderrahmane Titaouine, pour l’avoir vu sur un enregistrement vidéo, diffusé par Aqmi, en septembre 2015.

Il était vêtu d’une tenue afghane, la barbe rousse longue jusqu’à la poitrine, en train de boire de la gourde d’un des 11 soldats tués dans une embuscade sur les monts de Aïn Defla, durant la nuit du 17 au 18 juillet 2015, à la veille de l’Aïd El Fitr. L’attaque sanglante, en cette journée de fête, a été revendiquée par un communiqué d’Aqmi, qui la présente comme une action de « vengeance» aux opérations de ratissage que les forces de sécurité menaient dans la région depuis près d’un mois. « Les cavaliers de l’islam ont, au soir du premier jour de l’Aïd, tué 14 soldats lors d’une embuscade tendue à une section de l’armée dans la zone de Djebel Louh», à Aïn Defla et « sont revenus sains et saufs après avoir pris leurs armes».

Quelques jours plus tard, la diffusion d’un enregistrement vidéo, montrant les soldats avant et après l’embuscade, a choqué l’opinion publique.

Les images de soldats dépouillés de leurs treillis ensanglantés et leurs armes et le chef de la horde arrachant une gourde de la ceinture d’une des victimes, avant de la porter à sa bouche, étaient bouleversantes.

De nombreuses opérations militaires menées dans la région ont permis, quelques semaines plus tard, d’éliminer plus d’une dizaine d’éléments de ce groupe, mais Titaouine et son adjoint, Mustapha Maameri, très aguerris et maîtrisant le terrain, évitaient la confrontation en restant bien cachés dans leur tanière. Mercredi dernier, leur cavale a pris fin.

Encore un autre coup dur, qu’Aqmi, que dirige Abdelmalek Droudkel, dit Abou Mossaab Abdelwadoud, vient de subir, après l’élimination à Jijel de son chargé de propagande, Seghiri Adel, plus connu sous le pseudonyme de Hichem Abou Rouaha, et de son adjoint Boulfigha Tourki, alias Abderrahim Haroun, mais aussi la mise hors d’état de nuire, à Khenchela, de huit autres terroristes, dont Ammar Messadia, connu sous le sobriquet de Zaïd Abdellah, émir de la phalange, et son artificier Abou Oussama.

Pour bon nombre d’observateurs, « au nord du pays, Aqmi est réduite à des poches peu nombreuses et dispersées, manquant d’effectifs en raison du tarissement du recrutement mais aussi des moyens puisque les réseaux qui assuraient le transfert d’armement et de logistique des frontières sud du pays ont du mal à assumer cette tâche, en raison de la pression des unités de l’Anp. Les armes récupérées lors des dernières opérations à Khenchela, Jijel et Médéa sont celles qu’ils avaient confisquées lors des attaques contre les éléments des forces de l’ordre.

La force de frappe d’Aqmi a été considérablement affaiblie au nord du pays grâce au travail de harcèlement des unités de l’Anp. Les phalanges de Droudkel, ou du moins ce qui en reste, n’ont plus l’initiative. Elles sont dans la défensive. Si elles avaient la possibilité d’agir sur le terrain, elles l’auraient fait ne serait-ce que pour montrer qu’elles sont toujours présentes…» Lire la suite

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