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Entre colère et inquiétude

Publié le 13/07/2017, par dans Non classé.

Plusieurs centaines de travailleurs du secteur de la poste et des télécommunications se sont rassemblés, hier dès 9h, devant le siège de l’Ugta (Union générale des travailleurs algériens) à Alger.
Malgré le climat caniculaire, ils ont répondu favorablement à l’appel de leur fédération pour exprimer leur « mécontentement» contre « l’ingérence» de la tutelle dans les affaires syndicales et son « refus» d’ouvrir les portes du dialogue. Ils ont exprimé leurs « inquiétudes» quant au devenir du secteur, « en voie d’être délesté de sa propriété des réseaux des postes et télécommunications» et ont appelé le secrétaire général de l’Ugta « à intervenir» auprès des autorités pour « conforter la stabilité sociale».

Tôt dans la matinée d’hier, sous une chaleur étouffante, les travailleurs de la poste et des télécommunications commençaient à affluer, certains par bus ou voitures, d’autres à pied, vers le siège de la centrale syndicale, situé place du 1er mai, à Alger, entouré par un important dispositif policier. Ils sont venus de plusieurs wilayas, identifiées par des banderoles, mais aussi des cinq entreprises qui représentent le secteur, Mobilis, Algérie Télécom, ATS, Algérie Poste et Djezzy.

Tous étaient là pour exprimer leurs « inquiétudes» quant au « devenir» du secteur, dénoncer le « refus», de la tutelle, de tout dialogue avec le partenaire social, et exprimer leur solidarité avec le secrétaire général de la Fntptic (Fédération nationale des travailleurs de la poste et des technologies de l’information et de la communication), Mohamed Tchoulak, qui a appelé au rassemblement. La colère de beaucoup d’entre eux était palpable.

« Nous aurions été plus nombreux si l’administration ne s’était pas ingérée dans nos activités pour menacer et intimider les travailleurs, les empêchant de rejoindre le rassemblement», a déclaré Samir Messahel, secrétaire général du syndicat d’Algérie Télécom. « L’assemblée générale a élu un nouveau bureau que l’administration ne veut pas reconnaître sous prétexte que les anciens membres auxquels la base a retiré la confiance ont déposé une plainte.

Ces gens auraient dû saisir les instances internes du syndicat et non pas la justice. C’est une faute qui leur a valu la radiation, comme le prévoit le statut de l’Ugta. L’administration s’est ingérée dans une affaire syndico-syndicale. Pourquoi ne veut-elle pas ouvrir les voies du dialogue ?» note Messahel. Et de préciser : « Face à cette attitude, à savoir provoquer la colère, nous avions décidé d’aller vers une grève générale, mais le secrétaire général de l’Ugta nous en a dissuadés, en privilégiant les voies du dialogue. Raison pour laquelle, nous avons opté pour ce rassemblement…»

Abondant dans le même sens, Djamel Belarzi, un autre syndicaliste d’Algérie Télécom, dénonce cependant « les menaces et les intimidations exercées par l’administration sur les travailleurs et les cadres syndicaux. Bon nombre de travailleurs sont là parce qu’ils sont engagés et n’ont rien à perdre. Ils ont bravé la pression pour être parmi nous.

Comment se fait-il que les membres du comité de participation se sont tus devant la vente de gré à gré d’une partie du service technique à une entreprise chinoise ? Pourquoi se sont-ils tus devant la marginalisation des compétences ? Depuis son arrivée, la ministre a écarté 30 cadres de la direction générale. Nous voulons que ces problèmes soient discutés avec la tutelle, mais celle-ci s’y refuse».

Pour Mohamed Tchoulak, « le pari a été réussi». « Les travailleurs et les délégués syndicaux sont venus des 48 wilayas du pays. Sans exagérer, leur nombre a dépassé les 3500, malgré la forte chaleur. Beaucoup ont circulé toute la nuit pour être là de bonne heure. S’il n’y avait pas cette campagne d’intimidation de l’administration, ils auraient été bien plus nombreux.

Des consignes ont été données pour signaler les absents et les sanctionner et empêcher par tous les moyens les cadres syndicaux de prendre part au rassemblement. Tous demandent au secrétaire général de l’Ugta d’intercéder auprès des autorités pour mettre fin à l’ingérence de la tutelle dans les affaires syndicales», explique Tchoulak, qui s’interroge sur les raisons qui poussent la ministre à s’ingérer dans les affaires du syndicat. « Nous n’avons aucune animosité envers elle.

La preuve, à aucun moment nous n’avons émis notre avis à propos de la série de limogeages des cadres, qui ont fragilisé et déstabilisé le secteur. En deux ans, elle a dégommé trois directeurs généraux de Mobilis, 4 autres d’Algérie Télécom, 3 de ATS et 2 de l’Arpt ( Autorité de régulation de la poste et des télécommunications, ndlr), sans compter les 35 cadres supérieurs.

Malgré cela, nous n’avons rien dit, parce que nous pensions qu’elle voulait donner un nouveau souffle au secteur», révèle le syndicaliste. Il reproche à la ministre son immixtion dans un conflit syndico-syndical et, de ce fait, c’est au secrétaire général de l’Ugta d’intervenir. « Ils ont tiré cette affaire des œuvres sociales et de la mutuelle pour noyer le poisson dans l’eau. Ils veulent détourner l’attention sur tout ce qui se passe dans le secteur, à commencer par ce vent de privatisations.

Au niveau de la fédération, les cadres syndicaux avaient décidé d’aller vers une grève générale, mais Sidi Saïd, en tant que secrétaire général de l’Ugta, a pesé de tout son poids pour nous faire revenir en arrière. Cependant, il était important pour l’ensemble des syndicalistes du secteur de se faire entendre tout en évitant le bras de fer. Il y avait une forte colère chez les syndicalistes qui devait être canalisée. C’est ce que la fédération a fait, parce qu’elle est légaliste.»

Vers 9h30, le hall et l’esplanade de la centrale syndicale sont pleins à craquer. Les organisateurs ne veulent pas laisser les travailleurs sous cette chaleur intenable. Ils décident d’intervenir. Un à un, les secrétaires généraux des syndicats d’Algérie Télécom, Mobilis, ATS et Djezzy se succèdent au micro pour expliquer leur position avant qu’une déclaration finale de la fédération ne soit lue.

Après avoir constaté « la rupture totale du dialogue social au sein du secteur, la volonté du ministère d’étouffer toute expression syndicale libre et son ingérence dans le fonctionnement de l’Ugta, les persécutions, les campagnes d’intimidation et les limogeages que subissent les valeureux enfants du secteur, la politique de marginalisation de l’encadrement», les contestataires ont exprimé leurs « vives inquiétudes quant au devenir du Lire la suite

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