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Entre acquis et oppressions

Publié le 08/03/2018, par dans Non classé.

La femme est la moitié de la société.» « Elles sont nos sœurs, mères, épouses et filles.» « Elles sont égales aux hommes dans les droits et devoirs dans la société.» Tant de slogans qui reviennent toujours dans les différentes occasions où les femmes sont célébrées, telles que ce 8 mars, Journée internationale de la femme. Mais réellement, qu’en est-il sur le terrain ?
Malgré les acquis arrachés par la femme algérienne, tels que le droit à l’éducation et au travail, la situation n’est pas si rose. Les cas de violence, de crimes crapuleux, de harcèlement, d’oppression et de soumissions imposées, font le quotidien de bon nombre de femmes en Algérie. « Certes, il existe une loi.

Certes, elle est amendée. Mais sur le terrain, il y a beaucoup de failles qui permettent de la contourner. Sur la ligne de notre centre d’écoute (021 33 29 29 ou le 0560 100 105), nous recevons des centaines de cris de détresse. Cette ligne d’écoute donne une opportunité que la société n’offre pas. Cette dernière ne soutient pas la femme.

Pire, elle la fait passer du statut de victime à presque coupable. Même si chaque cas que nous recevons et écoutons à notre centre d’appel est une histoire particulière et unique, la détresse est la même», rétorque Pr Wahiba Mammeri, présidente du réseau Avife/Wassila. Pour cette militante des les droits de la femme, le système patriarcal de notre ancienne société n’était pas idyllique ou parfait, mais au moins il était bien codifié dans la cellule familiale et la société.

« Le père ou le grand-père étaient là pour instaurer la justesse et la loi de la tribu à laquelle tous consentaient. Aujourd’hui, tout cela a changé. Les hommes de nos jours, pas tous heureusement, veulent garder les prérogatives du patriarcat sans pour autant avoir les capacités de les assumer. Ils les utilisent seulement pour assouvir leur ego. L’ordre établi, même s’il n’était pas parfait en matière de droits de la femme, dans l’ancienne société, n’est plus», ajoute-t-elle avant d’estimer que le problème aujourd’hui est de fond.

« Le grand combat est au fond de la société. Le problème est que la société a évolué mais le système patriarcal est resté figé dans le temps pour ne laisser que du déséquilibre. Se sentant en danger, ce système ne cherche pas de légitimité dans la société mais a juste choisi de lutter contre la femme. Il lutte contre l’adversité mais se trompe d’adversaire.»

Le centre d’écoute du réseau Wassila/Avife a recensé en 2016, 623 cas d’appels de détresse de femmes qui ne veulent souvent qu’être écoutées. Près de 300 femmes se sont déplacées au siège du réseau pour crier leur amertume. Si ces femmes ont réussi à franchir le pas et à parler, d’autres taisent leur douleur jusqu’à en être étouffées à vie. « La société veut évoluer et accorder aux femmes des droits mais tout en restant des femmes soumises. Chose qui est complètement contradictoire.

Certaines voix disent que l’accès au travail des femmes a privé les hommes et les a condamnés au chômage. Ce cliché vieux comme le monde est démenti par la réalité. Les CV les plus retenus sont ceux des hommes. Mais dans les concours faits dans l’anonymat, les femmes sont plus nombreuses. Les résultats n’y sont jamais contestés puisqu’il s’agit de compétences et rien d’autre», conclut le Pr Maameri. En ce nouveau 8 mars, les choses vont-elles changer ? Lire la suite

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