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En quête d’une crédibilité perdue

Publié le 23/05/2017, par dans Non classé.

Les 462 élus de l’Assemblée populaire nationale (APN), issus des législatives du 4 mai dernier, auront, de l’avis de tous les observateurs de la scène politique du pays, du pain sur la planche.
Redorer le blason de l’Assemblée et tenter de gagner à nouveau la confiance des citoyens, dont le niveau de déception a atteint des seuils alarmants… C’est la mission, presque impossible, à laquelle doivent s’attaquer, dès aujourd’hui à l’occasion du lancement de la cinquième législature, les nouveaux députés. Les 462 élus de l’Assemblée populaire nationale (APN), issus des législatives du 4 mai dernier, auront, de l’avis de tous les observateurs de la scène politique du pays, du pain sur la planche.

La désaffection populaire exprimée à travers le fort taux d’abstention lors du dernier scrutin alourdit davantage le fardeau qui pèse sur leurs épaules. Elus par seulement une minorité du corps électoral, les nouveaux députés traîneront, pendant cinq ans, le poids du manque de légitimité qui devrait les contraindre à fournir plus d’efforts pour dépasser ce handicap de taille. Un handicap auquel s’ajoute l’image altérée de l’APN, qualifiée de plusieurs noms durant les dix dernières années : « chambres d’enregistrement», « parlement des coiffeuses»…

Comment faire pour soigner cette image ? Les nouveaux députés auront-ils les moyens de changer la donne ? Difficile de répondre dans l’immédiat à ces interrogations. Mais les données actuelles ne sont pas de bon augure. Certes, le nombre de partis d’opposition qui siégeront dans cette nouvelle Assemblée est revu à la hausse. Au moins six formations de l’opposition ont des représentants à l’APN. Il s’agit du PT, du FFS, du RCD, du MSP et de l’Alliance FJD-El Bina-Ennahda.

Ces derniers devraient utiliser les brèches que leur offre la Constitution de 2016 pour faire entendre leur voix dans l’hémicycle. Ils ont, en vertu de l’article 114 de la Loi fondamentale, la possibilité d’imposer un débat mensuel sur des sujets de leur choix. « Chaque Chambre du Parlement consacre une séance mensuelle pour débattre d’un ordre du jour présenté par un ou des groupes parlementaires de l’opposition. Les modalités d’application de cet article sont précisées par le règlement intérieur de chacune des deux Chambres du Parlement», lit-on dans ce texte.

Le même article définit également les champs dans lequel l’opposition parlementaire peut intervenir. « L’opposition parlementaire jouit de droits lui permettant une participation effective aux travaux parlementaires et à la vie politique, notamment : la liberté d’opinion, d’expression et de réunion ; le bénéfice des aides financières accordées au titre des élus au Parlement ; la participation effective aux travaux législatifs ; la participation effective au contrôle de l’action gouvernementale ; une représentation appropriée dans les organes des deux Chambres du Parlement ; la saisine du Conseil constitutionnel, conformément aux dispositions de l’article 187 (alinéas 2 et 3) de la Constitution, au sujet des lois votées par le Parlement ; la participation à la diplomatie parlementaire», précise le même texte.

Le poids de la majorité

Cependant, la voix de l’opposition parlementaire risque d’être inaudible dans l’hémicycle. Son vote ne sera que symbolique devant la forêt de mains des députés des partis au pouvoir et proches du gouvernement. Sur les 462 sièges de l’APN, les partis de l’opposition n’occuperont que moins de 100 places. Une minorité qui ne pourra pas peser sur les grands axes des projets devant être soumis à examen au niveau de la Chambre basse du Parlement.

Ce sont les élus du FLN (160 députés), du RND (100), du TAJ (20) et du MPA (13) qui imposeront la loi. L’Exécutif, comme durant les précédentes législatures, ne trouvera aucune difficulté pour faire passer toutes ses lois, y compris les plus impopulaires comme ce fut le cas avec la loi de finances 2017 et la révision de la loi sur la retraite en 2016…
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