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En bref…

Publié le 10/10/2016, par dans Non classé.

Le coup d’état contre Ben Bella

Ben Bella a eu la chance historique d’avoir été tout de suite président de la République élu au suffrage universel et Secrétaire général du parti élu par un congrès. Comment peut-on enlever un tel personnage ? La réalité, c’est-à-dire ce qui est vrai est que l’armée est entre les mains de Boumediène, l’Intérieur avec ses structures administratives, les walis et la police, à Medeghri ; le vrai parti, c’était moi et non le Secrétaire général, car je détenais l’Information ; les Affaires étrangères à Bouteflika. Ce qui revient à dire que, malgré ses titres, Ben Bella n’avait aucun pouvoir.

Bouteflika et la mort trouble de Medeghri

Ben Boulaïd vaut mille Boumediène, de même que Didouche Mourad, Larbi Ben M’hidi… et les autres. Boumediène a eu ce destin de couvrir toute la période jusqu’en 1978. Nous avons vécu une aventure commune (…) Petit à petit, la confiance va se muer en méfiance et de celle-ci va découler la rupture du contrat moral. Il y a eu Chaâbani, Zbiri, Saïd Abid avant nous. Ma démission et la mort d’Ahmed Medeghri constituent la fin de l’aventure.

Après notre départ, ont émergé des petits barons, et malgré leur petit statut, il était apparu que Boumediène se méfiait, non parce qu’il se prémunissait d’un coup d’Etat ou qu’il le craignait, mais parce qu’il ne voulait plus qu’ils occupent des postes de souveraineté : Ahmed Draïa a été nommé au ministère des Transports alors qu’il dirigeait la DGSN ; Bencherif, l’Eau, les forêts, l’Environnement en lieu et place de la gendarmerie nationale ; Yahiaoui par ailleurs quitte l’Académie interarmes de Cherchell où se recyclent tous les officiers, pour le parti FLN…

Boumediène n’a rien créé en termes de relève politique. Avec le temps, un chef devient mégalomane. J’ai fait des concessions dans mes rapports politiques avec lui, car j’ai mis dans la balance l’élément essentiel qui nous liait, le contrat qui, pour nous, a tenu lieu d’institution. Dans les faits, il y avait crise. Elle reposait sur des raisons objectives, notamment l’utilisation d’Ahmed Medeghri, à un moment où il traversait une période de fragilité, par Bouteflika concernant ses problèmes liés à sa relation avec Boumediène.

(…) Nous étions dans le confort total, entourés de considération, disposions d’un pouvoir ; moi- même, sur le plan protocolaire, j’étais le second personnage de l’Etat après Boumediène. Chacun de nous a remis en cause, comme du temps de la colonisation, sa vie, et se mettait en danger, c’est-à-dire remettait en cause sa liberté et sa vie. Moi, je suis vivant, mais ils m’avaient « tué» avec leur désinformation et leurs insinuations. Je n’ai pas quitté Alger et on me signalait dans tous les casinos et les lieux de débauche du monde.

On m’a même crédité d’un livre traitant des orgies d’Alger ! Tout cela était intentionnel et destiné à me nuire, baliser la voie et déstabiliser. Les complices de cette campagne sont connus et occupent aujourd’hui des postes politiques importants. En parlant d’Ahmed Medeghri, je ne suis pas un tribunal pour engager une enquête, mais qu’il se soit suicidé ou qu’il ait été assassiné, c’est un crime.

« Bouteflika au pouvoir, c’est l’échec de tout le monde»

« (…) Chez nous, celui qui détient le pouvoir personnel érige son propre tempérament en vertu politique, en mode de gouvernement». (…) Mais ce n’est pas l’échec de Bouteflika seul. Il est aussi celui de ceux qui l’ont désigné, de ceux qui l’ont sponsorisé, de ceux qui l’ont soutenu, de même que celui d’une grande partie de l’opposition. C’est également l’échec des institutions. En fait, l’échec de Bouteflika a consacré l’échec de tout le monde (…).»

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