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Elle importe une usine de 40 ans d’âge pour… 17 millions de dollars

Publié le 10/04/2017, par dans Non classé.

L’administration douanière se trouve depuis quelques jours face à une grande affaire de majoration de valeur et de transfert illicite de devise vers Dubaï et Singapour, pays considérés comme des paradis fiscaux.
Une société de droit privé algérien, appartenant à un Singapourien, avait importé de Tanzanie une usine complète de fabrication de tubes, en plusieurs kits, déclarés comme neufs, pour la somme de 17 millions de dollars, mais qui, en réalité, était destinée à la casse.

Les premières opérations de contrôle des services des douanes effectuées au port sec de Boumerdès à la suite d’une dénonciation, ont eu des résultats révélateurs. Ce qui était censé être des kits destinés au montage d’une usine neuve, s’est avérés n’être qu’un tas de ferraille acquis au prix de 17 millions de dollars. Le matériel a été saisi et la société fait l’objet d’un procès-verbal d’infraction. Malheureusement, une partie du matériel défectueux appartenant à cette société singapourienne est arrivé par le port d’Alger, où il a fait l’objet d’une procédure de dédouanement sans aucun problème. Des sources bien informées affirment que « sur recommandation d’un haut responsable, la société a bénéficié de facilitation de procédure pour dédouaner sa marchandise et la faire sortir de l’enceinte portuaire sans tracasserie et surtout sans contrôle. Cette affaire a fait l’effet d’un séisme et suscité la réaction du Premier ministre, Abdelmalek Sellal.

Ce dernier a ordonné l’envoi d’une mission de l’Inspection générale des finances afin de passer au peigne fin toutes les opérations de domiciliation et de dédouanement effectuées par la société privée de droit algérien appartenant à un ressortissant singapourien qui, faut-il le préciser, n’est plus en Algérie, laissant le gérant algérien dans la tourmente». Pour nos interlocuteurs, l’administration douanière « se trouve depuis quelque temps dans l’œil du cyclone» en raison de la déliquescence de certains de ses services de contrôle du commerce extérieur, ainsi que la prolifération de la corruption. Il y a quelques mois seulement, une société privée de ciment s’est retrouvée au centre d’un scandale similaire à la suite d’un simple contrôle, a posteriori déclenché sur la base d’une lettre de dénonciation. Durant quatre années, ladite société importait de vieilles machines qu’elle déclarait neuves.

En tout, pas moins de 3 millions de dollars ont été transférés grâce à la majoration de valeur, ayant engendré un contentieux portant sur plus de 20 milliards de dinars. Les plus avertis ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur les pratiques de surfacturation qui, en plus du fait qu’elles engendrent une fuite de capitaux à grande échelle, transforment le pays en une poubelle où se déversent les déchets de tous genres. Ils s’inquiètent de la vulnérabilité des services de contrôle du commerce extérieur, notamment ceux des douanes, réfractaires au vent de la modernisation, un des principaux piliers de la lutte contre la corruption. Lire la suite

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