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Diffamation (Canada) : L’auteure Djemila Benhabib gagne son procès

Publié le 15/12/2016, par dans Non classé.

L’auteure Djemila Benhabib ne pouvait espérer meilleur cadeau pour les fêtes de fin d’année. Elle vient d’être blanchie par la cour supérieure du Québec des accusations de diffamation portées contre elle par Les Ecoles musulmanes de Montréal, un établissement d’enseignement privé agréé.

L’essayiste était poursuivie au civil pour une interview qu’elle avait donnée à une radio québécoise en 2012 où elle y avait comparé l’enseignement offert dans cette école à « de l’endoctrinement digne d’un camp militaire en Afghanistan ou au Pakistan». La direction de l’école lui réclamait 95 000 dollars en dommages moraux et punitifs.

Lors du procès tenu en septembre dernier, Ahmed Khebir, président du conseil d’administration de l’école a expliqué que son « école était dans un état de panique. Les élèves étaient furieux, il y en avait même qui pleuraient. On leur disait qu’ils étaient des futurs terroristes ou intégristes».

La juge en charge du procès a souligné qu’à aucun moment le mot  » terroriste n’a été utilisé par Djemila Benhabib. Cette dernière n’a fait qu’exprimer son opinion.  » Une personne raisonnable ne conclurait pas que les propos tenus en ondes par Djemila Benhabib sont diffamatoires. Cette personne comprendrait qu’elle y exprimait de bonne foi son opinion honnête et sa croyance sincère, qu’elle est libre de partager ou non», peut-on lire dans les extraits du jugement repris par les médias locaux.

De son côté Djemila Benhabib avait expliqué, lors de son témoignage en cour, que si elle avait à refaire l’entretien, elle maintiendrait ses propos.

 » Sans nier que l’Ecole musulmane de Montréal ait pu être choquée par les propos de Djemila Benhabib, ceux-ci, pris dans leur ensemble, n’ont pas entaché sa réputation, de sorte qu’elle est mal fondée de réclamer quelque somme que ce soit à ce chapitre, estime la juge.

« Le port du voile et la mémorisation coranique au niveau de l’enseignement du primaire sont assurément des sujets d’intérêt public qui justifient une liberté d’expression. Il s’agit de sujets qui soulèvent un débat dans notre société et il faut permettre à chacun de s’exprimer le plus librement possible sur ces questions.», peut-on lire dans un autre extrait publié sur La Presse.

Djemila Benhabib a quitté l’Algérie pendant la décennie noire pour se réfugier au Québec, fuyant la menace islamiste contre sa famille. Née en Ukraine de mère chypriote-grecque et de père algérien, elle est l’auteure de Ma vie à contre-Coran et Les soldats d’Allah à la conquête de l’occident, deux essais sur la menace islamiste.

Elle est proche de la branche identitaire du Parti Québécois (PQ), dans l’opposition, un parti nationaliste qui milite pour l’indépendance de la province du Québec. Elle été candidate du PQ à deux élections provinciales. Djemila Benhabib a été aussi correspondante pour le journal El Watan au Canada.

On peut écouter l’entretien en cause sur ce lien : http://www.985fm.ca/lecteur/audio/les-ecoles-musulmanes-de-mtl-recrutent-djemila-ben-123671.mp3 Lire la suite

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