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Des suspicions autour d’un contrat

Publié le 04/04/2017, par dans Non classé.

Le contrat entre Algérie Télécom et Huawei Algérie de près de 335 millions équivalents dollars pour le déploiement d’un million d’entrées très haut débit en fibre to the home (FTTH) suscite de nombreuses interrogations.»
C’est du moins ce que vient de révéler un article du site web Al Huffington Post Maghreb-Algérie. « Le contrat signé en janvier dernier entre Algérie Télécom et l’équipementier chinois Huawei pour le déploiement d’un million d’entrées très haut débit en fibre to the home ne passe nulle part.

Ni chez les concurrents de Huawei, qui se tenaient prêts pour le lancement d’un appel d’offres concurrentiel, ni chez le management historique d’Algérie Télécom mis au placard pour rendre possible cette transaction hors gabarit, ni au cabinet du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui ne peut pas apporter son appui au financement d’une opération aussi chère que sulfureuse», est-il mentionné.

Principal promoteur de ce contrat : Houda Imane Faraoun, ministre de la Poste et des TIC, qui en a d’ailleurs annoncé en primeur les grandes lignes le 12 février dernier lors de son passage dans l’émission « L’invité de la rédaction» sur la Chaîne 3. « Le budget mobilisé pour cette opération sera de 90 millions de dollars pour les équipements et de 27 milliards de dinars pour le déploiement sur fonds propres d’Algérie Télécom», avait-elle déclaré. Le FTTH peut assurer jusqu’à 100 mégabits/seconde de débit mais se déclinerait commercialement à partir de 2 mégabits.

Elle a également affirmé qu’il s’agissait d’un premier lot dans le FTTH et que d’autres allaient suivre en 2018. Le contrat avec Huawei a été effectué de gré à gré. Ce qui a suscité les grincements de dents des autres équipementiers, dont ZTE et Ericsson. Des voix se sont exprimées pour montrer que le contrat AT-Huawei pose au moins deux problèmes, l’un juridique et l’autre commercial : il ne respecte pas la procédure des marchés publics et ne peut pas justifier son montant.

En fait, cette affaire prend les allures d’un scandale qu’on veut étouffer dans l’œuf. Selon une source proche du secteur des TIC, il y a comme un malaise diffus à Algérie Télécom. La ministre a opéré une grande purge faisant tomber des têtes et mettant à l’écart plusieurs cadres. Elle en a même dégradé certains.

Au niveau de la direction générale, il n’y a plus aucun ancien ! Un des changements les plus intrigants a été le remplacement en janvier dernier de Akli Gerrib, président de la commission des marchés, directeur des finances et de la comptabilité depuis 2013, par Narjes Talhi, chef de cabinet du PDG recrutée en août 2016, ancienne d’Alliance Assurances et de la Trust assurances.
Le PDG d’AT est-il réellement aux commandes ?

Depuis sa nomination, le nouveau PDG d’Algérie Télécom, Tayeb Kebbal, se montre le plus discret possible. Aucune apparition publique, encore moins de déclarations à la presse. Quelle est sa marge de manœuvre ? Est-il réellement aux commandes ? Si la ministre a remis en cause la gestion de l’entreprise et la méthode de travail adoptée depuis des années, elle ne peut ignorer que c’est justement l’actuel PDG qui a validé tous les plans d’investissement de l’entreprise en étant, depuis 2003, membre du conseil d’administration, avant de devenir en 2016 le président.

Selon les experts, le fait de signer un contrat avec un seul fournisseur peut poser des problèmes de sécurité nationale. Généralement, les pays, qui ne produisent pas la technologie, optent plutôt pour le partage. Donner tout le réseau à un seul fournisseur, c’est mettre tout l’internet algérien entre les mains de Huawei.

Ce contrat « clé en main» a remis en cause aussi la sous-traitance dans le cadre de l’assainissement du réseau, selon nos sources, « aucune commande n’a été faite aux entreprises Ansej depuis octobre 2015». Pourtant, ce projet gouvernemental est éminemment politique. Il faut dire aussi que le projet d’acquisition des MSAN a été lancé en 2010 pour la modernisation de tout le réseau et changer ainsi tous les anciens centraux téléphoniques installés couplés à des DSLAM Adsl, par des MSAN rapprochés des abonnés et reliés par la fibre optique. Dans le plan d’action d’acquisition des 3 millions d’accès MSAN, les derniers devaient être installés au 31 décembre 2016.

A ce jour à Alger et Constantine, le basculement vers le fameux 023 se poursuit toujours, c’est dire que ces installations, qui viennent juste d’entrer en exploitation et qui permettent de donner jusqu’à 20 mégas de débit, ne sont pas encore amorties ni sur le plan comptable, à savoir les 5 années réglementaires sur un bilan de comptabilité, ni commercialement où le retour sur investissement prend au moins 3 années. Tous les clients basculés sur les MSAN depuis 2011 peuvent recevoir jusqu’à 8 mégas à 5000 DA/mois. Malgré l’existence de cette possibilité, 90% des clients préfèrent rester sur l’abonnement de base à 2 mégas à 2400 DA/mois.

Cela dénote du manque de communication sur la disponibilité de ce débit à l’abonnement mais surtout, et d’une façon plus grave, du peu d’intérêt qu’a l’abonné à souscrire à ce débit pour des raisons de coûts, d’instabilité du réseau mais surtout d’absence de services ou de contenus encourageant l’utilisation de ce type de débit. C’est dire, qu’avoir dans le futur des débits de 100 mégas n’intéressera pas grand monde tant que la qualité, les tarifs et surtout les contenus locaux n’auront pas été pris en compte.
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