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«Des solutions fiables et à forte valeur ajoutée existent déjà en Algérie»

Publié le 24/12/2017, par dans Non classé.

Le fondateur de la start-up Hasnaoui Telecom Algérie (HTA) revient, dans cet entretien, sur les enjeux du numérique en Algérie, les perspectives d’avenir du secteur et les solutions déjà existantes et opérationnelles sur le marché.
– HTA, créée en 2012, a plongé de plain-pied dans l’aventure du numérique, à la faveur de la loi 2000-03, en déployant des solutions IPTV à partir d’Oran. En quoi consistent ces solutions ?

Ce sont des offres Provider avec un statut de Fournisseur d’accès internet se basant sur une plateforme Triple Play. Notre expérience dans le secteur du bâtiment nous a amené à nous intéresser à la problématique de l’installation anarchique d’antennes paraboliques en intra-muros et à dégager des solutions pour câbler la télévision. Nous avons, à partir de là, engagé la réflexion sur l’utilité de mettre en place des solutions IPTV au niveau de la résidence El Ryad, ensemble immobilier de 2000 logements — à basse densité du bâti — sis à la zone est de la ville d’Oran.

Pour couvrir un quartier de la taille d’El Ryad, qui s’étend sur une superficie totale de 450 000 m², nous nous sommes tout naturellement adressés à Algérie Télécom. Nous avons, en parallèle, sollicité des fournisseurs proposant des solutions Hospitality, mais qui ne répondaient pas exactement à la demande de nos clients.

– En votre qualité de fournisseur d’accès, vous être parvenu à déployer votre réseau à l’ensemble des habitants de la résidence…

Tout d’abord, il a fallu lancer un sondage, par strates sociales et tranches horaires, pour évaluer le potentiel client. Nous nous sommes particulièrement attachés à réunir les données et statistiques à partir de serveurs « sharing», et ce, pour déterminer la line-up des chaînes à diffuser.

Résultat : les préférences des téléspectateurs algériens, sur un échantillon choisi en 2012 dans la région d’Oran, tournaient autour d’un éventail de 120 chaînes, dont une dizaine diffusant en Haute définition (HD). Avec le lancement de nouvelles chaînes algériennes et le basculement des contenus vers le système HD, la line-up a été réactualisée et fait ressortir 180 chaînes « préférentielles» dont plus de 50 chaînes en HD nécessitant des investissements supplémentaires.

Une fois la line-up figée pour la conception du HLD (High Level Design) de la structure et les pourparlers finalisés avec les différents fournisseurs d’équipements et de logiciels (OSS/BSS), nous avons entamé les démarches nécessaires pour négocier les droits de diffusion avec plusieurs éditeurs.

– Justement, l’enjeu du numérique en Algérie ne se situe-t-il pas plus particulièrement au niveau du contenu ?

Tout à fait. A notre niveau, des démarches ont été entreprises avec des éditeurs comme le Groupe Canal+ et BeIN, représentant le contenu-clé de la solution. Ils n’ont pas voulu adhérer au projet en l’état actuel des choses en raison notamment du nombre réduit d’abonnés. Il est clair qu’en l’absence d’une volonté forte de la part des responsables du secteur des télécoms et l’adhésion d’Algérie Télécom ne nous pouvions négocier en position de force avec les éditeurs étrangers dont les contenus inondent le marché algérien sans aucune contrepartie ni pour eux ni pour le Trésor public.

– Qu’en est-il de l’aspect informel du marché numérique en Algérie ?

Le poids de l’informel dans le secteur de la télévision prive le Trésor public de ressources financières importantes (TAP, IBS, TVA…) pour un marché dont le chiffre d’affaires est estimé, selon plusieurs sources, à plus de 10 milliards de dinars. Aussi, il y a lieu de préciser que les solutions piratées ne peuvent durablement satisfaire les attentes des téléspectateurs algériens (changer constamment de démodulateurs, absence de garantie, anarchie des prix de recharge, coupures fréquentes…).

– Vous avez saisi récemment Algérie Télécom pour une offre d’interconnexion prévue par la loi 2000-03. Quel en serait l’avantage pour les utilisateurs en Algérie ?

Une solution IPTV est disponible et opérationnelle en Algérie depuis trois années. L’interconnexion à partir d’une boucle locale offre l’avantage de généraliser la fibre optique, d’élargir le réseau d’Algérie Télécom et de déployer la solution IPTV via le Back Bône de l’opérateur historique, sans effet sur la bande passante internet.

Cette solution permet d’apporter une forte valeur ajoutée au Back Bône avec un contenu local à développer aux potentialités énormes. Elle offre également la possibilité de diffuser, de manière réglementée, des bouquets numériques sur le réseau d’Algérie Télécom.

– Quelle est la faisabilité de cette offre ?

Selon nos estimations, cette offre permet de stimuler le marché des TIC avec au moins deux millions d’abonnés dans les cinq prochaines années. Les différents intervenants (fournisseurs d’accès, Algérie Télécom, start-up…) auront en plus la possibilité de négocier, à moyen terme, en position de force avec les détenteurs des droits de diffusion.

Mieux encore, l’Etat pourra disposer d’instruments techniques fiables pour réglementer le marché et exiger les droits de diffusion aux éditeurs qui, présentement, ne s’acquittent d’aucun dinar pour la diffusion de contenus étrangers sur le territoire algérien.

Le manque à gagner pour le Trésor public se chiffre à des centaines de millions d’euros chaque année. La mise en place d’un cadre juridique dynamique et la promulgation de textes d’application aura un impact également sur l’industrie électronique et encouragera la production d’équipements de télécommunications en Algérie, tels que les terminaux de réception (Box), modems, routeurs et switchs…

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