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Des pratiques qui trahissent le discours du pouvoir

Publié le 04/02/2016, par dans Non classé.

Quelques mois après le 4e mandat du président Bouteflika, le pouvoir renie ses promesses et revient à ses pratiques d’intimidation
et de répression de toutes les voix opposantes.
Y a-t-il une volonté politique de permettre l’émergence d’une opposition forte en Algérie ? L’interrogation est toujours d’actualité. Lors de la campagne pour la présidentielle d’avril 2014, les promoteurs du quatrième mandat du président Bouteflika n’ont pas cessé d’affirmer la volonté du pouvoir de procéder à une réelle ouverture politique. Les slogans les plus pompeux ont été lancés pour appuyer cette affirmation : « Etat civil», « respect des droits de l’homme», « renforcement du rôle de l’opposition»… Mais la pratique trahit le discours.

Quelques mois après la validation du quatrième mandat du président Bouteflika, le pouvoir renie ses promesses et revient à ses pratiques d’intimidation et de répression de toutes les voix opposantes. Les mêmes procédés, utilisés depuis notamment le début des années 2000, contre l’opposition sont reconduits. Et parmi eux, il y a ces mouvements de redressement téléguidés qui visent à émietter les partis de l’opposition et à réduire au silence leurs responsables. Le cas de Louisa Hanoune et de sa formation, le Parti des travailleurs (PT), est édifiant.

Très offensive contre « l’oligarchie» et « le pouvoir parallèle» qui ont confisqué, selon elle, les prérogatives du chef de l’Etat et la décision politique, la première dame du PT « paie» les frais de ses dernières positions. Elle est, depuis quelques semaines, victime de pressions, d’une entreprise de déstabilisation et même de « menaces de mort». Pour avoir mené la rébellion contre la loi de finances 2016 et intégré le Groupe des 19 ayant demandé audience au président Bouteflika, Louisa Hanoune est dans le collimateur.

Les instigateurs de cette cabale n’ont pas hésité à affirmer à leur entourage, même dans la presse, que Louisa Hanoune « est finie politiquement» et que « sa destitution n’est qu’une question de temps». Ils ne se sont pas contentés de fomenter un mouvement de redressement du parti ; ils ont aussi intensifié la campagne de dénigrement médiatique contre elle. Même le très officiel journal El Moudjahid s’est mis de la partie en consacrant son édito aux affaires internes du parti. Cela peut être interprété comme une décision officielle et assumée visant à « casser» la secrétaire générale du PT.

Cette pratique a déjà été expérimentée contre d’autres responsables des formations d’opposition, mais sans grand succès, à l’exception de Abdallah Djaballah qui a été dépossédé, à deux reprises, des partis qu’il a fondés. Tout récemment, des responsables de partis ont également fait l’objet de tentatives de déstabilisation à, l’image de Jil Jadid de Soufiane Djilali, du MSP et de Talie El Houriat de Ali Benflis.

Outre la création de problèmes internes aux partis via l’infiltration, le pouvoir, qui fait aujourd’hui la promotion de ses réformes, n’hésite pas à violer ses propres lois en fermant à nouveau le champ politique et en empêchant la création de nouveaux partis et d’associations indépendantes. De plus, les voix discordantes, comme c’est le cas depuis une quinzaine d’années, n’ont aucun accès aux médias lourds publics. Ces faits confirment, on ne peut plus clairement, que le pouvoir n’a aucune volonté de respecter ses propres engagements. Le naturel revient toujours au galop…

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