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Des points noirs pour l’Algérie

Publié le 30/05/2018, par dans Non classé.

Le rapport du département d’Etat américain sur les libertés religieuses, publié hier, relève les atteintes enregistrées en Algérie durant l’année 2017.
Certes, les violations des libertés religieuses recensées dans ce rapport « sont moins nombreuses que d’habitude», mais les cas relevés constituent des points noirs pour le pays. En effet, le document revient longuement sur le cas de la communauté des Ahmadis qui ne cesse de subir le harcèlement des autorités. La police et la justice sont mobilisées pour réprimer les adeptes de ce courant religieux.

La publication de ce rapport coïncide d’ailleurs avec le procès des 26 Ahmadis, ouvert hier à Béjaïa. « La police a enquêté sur des centaines de personnes et arrêté des douzaines de musulmans ahmadis dans plusieurs villes et villages. Ces arrestations sont faites en raison de leur religion, selon les dirigeants de la communauté ahmadie», lit-on dans ce rapport.

Le document du département d’Etat américain rappelle, dans ce sens, les déclarations des représentants du ministère des Affaires religieuses, y compris le ministre, qui mettent en garde contre la propagation d’influences religieuses « étrangères», telles que le salafisme, le wahhabisme, l’islam chiite et l’islam ahmadi. « Tout au long de l’année, le gouvernement a mené des enquêtes sur au moins 205 musulmans ahmadis, arrêtant des dizaines de personnes, selon les dirigeants de la communauté ahmadie. Les charges retenues contre eux comprenaient l’exploitation d’une association religieuse non enregistrée, la collecte de fonds sans autorisation et la tenue de prières dans des endroits non autorisés», précise également le rapport. Selon un diplomate de l’ambassade des Etats-Unis à Alger, la question des Ahmadis « a été largement abordée avec les autorités algériennes». « C’est une question qui suscite l’inquiétude», ajoute-t-il.

Fermeture des églises et condamnation du prosélytisme

Le rapport revient aussi sur la fermeture des églises protestantes à Oran et à Tizi Ouzou. « L’Eglise a contesté cette fermeture devant le tribunal. Certains citoyens chrétiens ont déclaré qu’ils continuaient à utiliser des maisons ou des entreprises comme ‘‘églises » en raison des retards du gouvernement dans la délivrance des autorisations légales nécessaires», ajoute-t-on dans le même document. Les chrétiens, soulignent encore les rédacteurs de ce rapport, « ont signalé des retards persistants dans l’obtention de visas pour les travailleurs religieux étrangers». « Certains dirigeants chrétiens et membres de la congrégation ont parlé de membres de la famille qui maltraitaient les musulmans qui se sont convertis au christianisme ou ont manifesté un intérêt pour celui-ci.

Les personnes engagées dans une pratique religieuse autre que l’islam sunnite ont déclaré avoir été victimes de menaces et d’intolérance, y compris dans les médias», soulignent encore les rédacteurs de ce rapport. Le département d’Etat américain note aussi le contenu de la loi « algérienne qui n’interdit pas la conversion vers l’islam et qui considère le prosélytisme comme une infraction pénale». Le rapport dénonce aussi l’antisémitisme qui existe dans le pays.

« Un progrès remarquable dans la région»

Malgré ces remarques, des diplomates américains estiment que l’Algérie a réalisé un important progrès. « Nous sommes impressionnés par les progrès réalisés par l’Algérie ces dernières années en matière de la tolérance et du vivre-ensemble, par rapport au contexte régional. Il y a un climat de tolérance. L’Algérie a une bonne réputation avec ses traditions de vivre ensemble», déclarent-ils. Selon eux, « il y a un vrai dialogue entre l’Algérie et les USA sur toutes les questions, dont celles relatives aux libertés religieuses».

Le gouvernement algérien, relèvent-ils encore, « a toujours condamné la violence commise au nom de la religion». Précisant qu’il y a moins de 200 juifs en Algérie, les diplomates américains saluent aussi l’évolution du discours officiels à ce sujet, en rappelant les déclarations du ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aissa, sur l’ouverture des synagogues.
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