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Des partis dénoncent l’immixtion de l’administration

Publié le 08/10/2017, par dans Non classé.

Abus d’autorité», « atteinte aux libertés individuelles et collectives» et « fichage des citoyens»…
Plusieurs partis et candidats indépendants aux élections locales du 23 novembre affichent leur indignation face à la décision de l’administration, au niveau local, de rejeter des dossiers de candidatures pour des motifs « fallacieux».

C’est notamment en Kabylie que l’administration a sévi le plus contre des citoyens ayant pourtant présenté des casiers judiciaires vierges. En effet, la barrière administrative était infranchissable pour des dizaines, voire des centaines de candidats qui ont été visiblement fichés par les services de sécurité. Le comble dans un Etat dit « civil».

Parmi les arguments avancés par l’administration qui a procédé à cette cascade d’invalidations de candidatures, il y a « atteinte à l’unité nationale». S’arrogeant le rôle de la justice, l’administration a agi, selon plusieurs sources, sur la base des soupçons d’appartenance au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK). « Même ceux qui n’ont fait que ‘liker’ (aimer) un commentaire sur Facebook ont été éliminés», dira le responsable d’une formation politique, qui précise que l’administration a outrepassé ses prérogatives.

Mais les candidats et les partis concernés ne comptent pas se taire. Outre l’introduction des recours auprès de la justice, des partis et des citoyens au niveau local dénoncent. Hier, dans la daïra de Tazmalt à Béjaïa, une marche a été organisée pour exprimer leur rejet de la candidature de Fatah Redjdal, tête la liste indépendante « Espoir». « Fatah Redjdal est un citoyen algérien issu d’une famille qui a donné 25
chouhada lors de la guerre de Libération.

Il est de son droit de se présenter aux élections et la réaction de l’administration est un précédent grave», dénonce Khaled Tazaghart, député du Front El Moustaqbel pour la circonscription de Béjaïa qui a participé à la marche d’hier.

« Il faut arrêter les intimidations des citoyens»

Affirmant qu’une forte délégation de son parti a pris part à cette marche de soutien à ce citoyen qui a le droit de se porter candidat, Khaled Tazaghart condamne « les atteintes aux libertés individuelles et collectives qui sont aussi des acquis de la guerre de Libération nationale». Le Front des forces socialistes (FFS), lui aussi se dit victime de « coups bas du pouvoir».

« Encore une fois, le pouvoir, pour ne pas déroger à ses pratiques de coups bas, d’abus et d’arbitraire a procédé à des rejets de candidatures sur certaines listes du FFS, bien que celles-ci remplissaient toutes les conditions légales», lit-on dans communiqué du parti ajoutant que « ces rejets ont été confirmés par les juridictions de recours qui ont eu à les traiter».

Et de préciser : « Le FFS condamne énergiquement ces procédés d’instrumentalisation de la justice et considère ces rejets comme une entrave purement politique qui au fond obéit à d’autres considérations et des desseins inavoués.» Le parti de feu Hocine Aït Ahmed considère, selon le même communiqué, « comme une grave violation des droits de l’homme le fait de déposséder des citoyens de leur droit de se porter candidat». « Le FFS ne peut accepter les arguments fallacieux qui n’ont aucun fondement juridique qui ont été présentés par les autorités», ajoute-t-on dans le communiqué.

Le RCD avait, lui aussi, qualifié « cette situation de chasse aux sorcières». « Les rejets de candidatures, en particulier dans les régions du Sud, en Kabylie et dans des localités où des associations combattent pour le respect des libertés publiques est une dérive dangereuse», condamne le parti.

« Le fait du prince»

Interrogé sur cette situation, le président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), Noureddine Benissad, affirme que « l’administration devait se contenter de vérifier si les candidats remplissaient les conditions exigées par la loi électorale». « Mais, il paraît qu’elle a dépassé ses prérogatives.

Cela s’appelle le fait du prince», déplore-t-il, en soulignant que ces abus sont légion dans les systèmes autoritaires comme celui de l’Algérie « où l’administration n’est pas neutre». « J’espère que la justice se prononcera sur ces cas et rétablira les victimes dans leurs droits», conclut-il.
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