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«Des milliers d’Africains dans les rangs de Daech risquent de rentrer chez eux»

Publié le 16/12/2015, par dans Non classé.

Lors de son passage, hier sur les ondes de la Chaîne 3, à l’émission « L’invité de la rédaction», Smaïl Chergui est revenu sur la situation sécuritaire en Afrique où la menace terroriste est omniprésente.
Pour lui, « depuis les attentats de Paris, il y a une plus grande mobilisation, notamment au Moyen-Orient. C’est l’origine des ressources de Daech qui est visée, nous espérons que cette orientation de la lutte dans ces régions aura son impact. 3000 à 6000 Africains sont allés dans cette région pour combattre aux côtés des terroristes. Il faut accorder une attention particulière à ce flux».

L’intensification des bombardements va en pousser beaucoup à rentrer dans leur pays d’origine. « Aucun pays n’est à l’abri des attentats, y compris l’Algérie.» Le commissaire africain révèle que ces groupes terroristes cumulent une richesse évaluée à 7 milliards de dollars grâce aux banques dont ils se sont servis, mais aussi à la vente du pétrole et aux taxes qu’ils ont imposées. Ils ont même créé leur propre monnaie, dit-il. « Cela montre que les défis pointent dans cette direction.» M. Chergui évoque cet exercice de la force africaine en attente, en Afrique du Sud, qui a regroupé 6000 hommes des pays d’Afrique australe, en mettant l’accent sur la contribution exceptionnelle de l’Algérie, mais aussi du Nigeria et de l’Angola. Un partenaire s’est désisté 48 heures avant l’opération. Ces trois pays ont relevé le défi et réalisé l’exercice dans les temps.

Interrogé sur la menace terroriste en Afrique, M. Chergui répond : « Le fait que Boko Haram soit le premier groupe terroriste africain à avoir exprimé son allégeance à Daech témoigne d’un affaiblissement de ce groupe et, en même temps, sur les moyens financiers et de communication.» Ce mouvement, note-t-il, « est très dangereux en raison de sa présence en Libye, par où transitent les armes à destination des pays du Sahel et du lac Tchad». « Avec la faiblesse que connaît la Centrafrique, ce groupe va s’étendre pour faire jonction avec les shebab en Afrique de l’Est.

D’où l’importance de tout faire pour qu’il soit éradiqué.» Le commissaire met en exergue la vulnérabilité des pays de cette région, à l’exception du Nigeria, dit-il, « qui a dépassé la phase d’incertitude avec son nouveau Président qui a exprimé son engagement à lutter contre le terrorisme, a dégagé un budget de 100 millions de dollars et a apporté son aide au Niger et au Tchad». Le commissaire précise que les pays d’Afrique centrale ont annoncé une contribution de 50 millions de dollars pour la lutte contre Boko Haram, alors que l’Union africaine, avec ses partenaires, a collecté 70 millions de dollars pour cette lutte et afin d’empêcher toute jonction avec des groupes déjà actifs.

A propos de la présence de Daech en Libye, M. Chergui est formel : « Daech y est présent et s’y développe. Des mouvements en direction du Sahel sont possibles. Nous devons nous y préparer.» Il précise que les ministres de la Défense du processus de Nouakchott se sont rencontrés il y a deux semaines au nord du Mali et ont pris la décision de lancer une force africaine au Nord-Mali. « Nous sommes conscients que le mandat des Nations unies ne peut imposer la paix ou la lutte contre le terrorisme.

Il faut trouver un autre moyen de combattre ce fléau et l’économie criminelle. Tant que nous ne coupons pas ces liens, les terroristes peuvent nuire au processus de paix.» M. Chergui décrypte les dangers qui guettent l’Afrique, en commençant par présenter le groupe terroriste shebab comme « un des dangers potentiels» pour le continent. « D’après nos informations, il se prépare à agir. Nous avions engagé le processus de Djibouti pour lancer le même travail que celui de Nouakchott. C’est vous dire que l’effort est certain.» Un effort qu’il estime important si l’on considère les « maigres» moyens collectés.

Il explique : « L’ acquis est considérable, surtout quand on sait que l’ONu dépense près de 2 milliards de dollars pour assurer les mêmes missions, alors que l’Union africaine n’y consacre que 200 millions de dollars.» M. Chergui présente la force africaine en Somalie comme « la meilleure dans le monde». « Ces 22 000 hommes et femmes ont réussi à interdire aux shebab l’accès à des ports leur permettant de renforcer leur financement, et ce, avec peu de moyens (nous n’avons même pas d’hélicoptère) et le prix payé pour récupérer des territoires aux mains des shebab a été élevé.»

Autre exemple cité : celui de Boko Haram « qui a poussé les pays du lac Tchad à lancer une force au lieu d’attendre les autres pour aider le Nigeria et le Cameroun à récupérer les régions occupées par les terroristes. Cette force dispose de moyens de communication et de transport et bénéficiera bientôt de carburant et de nourriture. Nous faisons la même chose en Somalie, dont la force dispose déjà d’un système de communication sécurisé grâce à l’Algérie». Lire la suite

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