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Des journalistes déterminés à sauvegarder leur indépendance

Publié le 20/09/2016, par dans Non classé.

Les participants au débat du journal Le Monde ont d’emblée fait le constat qu’il était difficile de travailler dans des pays qui ne sont ni des dictatures ni des démocraties.
En Pologne, par exemple, la séparation des pouvoirs, qui garantit un fonctionnement démocratique des institutions, est presque inexistante, selon le journaliste polonais, qui a estimé que le régime de droite a transformé les médias publics en moyens de propagande en faveur du pouvoir en place. « Certes la Pologne n’est pas encore la Russie ou l’Algérie, mais l’avenir de la presse libre et indépendante» dans ce pays européen est « très sombre» à en croire ce journaliste.

« On annonce la ‘‘repolonisation » des médias qui sont entre les mains de groupes étrangers. C’est une manière de mieux contrôler ces médias qui, de par la nature même de leur financement, échappent quelque peu au contrôle du pouvoir.» Et d’ajouter : « En Pologne, tout journaliste qui dit quelque chose de mal sur le gouvernement est considéré comme un traître.» « Ce n’est pas encore le cas en Russie de Poutine, mais la situation ressemble fortement à celle de la Pologne», admet Evguenia Albats, rédactrice en chef de l’hebdomadaire indépendant Novoye Vremya.

« Les lignes rouges, connais pas»

Bien qu’elle s’estime « chanceuse» en comparant l’état de la presse dans son pays à celui de la Turquie ou de l’Algérie, Evguenia Albats sait que l’épée de Poutine peut tomber à tout moment sur son magazine. « Chaque vendredi, lorsque le magazine sort dans les kiosques sans problème, je me dis c’est génial, nous allons donc en faire un autre la semaine prochaine», a expliqué cette femme qui représente les personnes qui luttent pour une presse libre et indépendante en Russie.

Les lignes rouges, elle ne connaît pas. « Je ne me censure jamais. Je préfère fermer le magazine que de me censurer ou censurer un journaliste. Je ne crois pas qu’un journal décent puisse s’accorder avec les lignes rouges.» En Algérie, la situation n’est guère reluisante. Après une décennie noire durant laquelle plus de 100 journalistes ont été tués par les islamistes, le pouvoir en place semble ne plus vouloir s’accommoder d’une presse libre et indépendante.

Après avoir compris que les suspensions de journaux, les emprisonnements de journalistes et les convocations en justice n’affectent pas la détermination des journalistes, le régime cherche désormais à étouffer financièrement les titres indépendants en les privant de publicité publique.

Mais pas uniquement, puisque des pressions sont exercées aussi sur des annonceurs privés. Pour Omar Belhouchet, c’est ce que vit exactement El Watan qui a vu son espace publicitaire se réduire de 60% en quelques mois. « Il y a une guerre contre la liberté de la presse en Algérie. Le régime en place ne supporte aucune contradiction, mais les journalistes sont décidés à aller jusqu’au bout car ils ont payé cher le prix de la liberté et de la dignité.» Lire la suite

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