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Des féministes confrontent leurs expériences

Publié le 08/03/2017, par dans Non classé.

Une journée internationale de mobilisation en faveur des droits des femmes, autour du « Serment de Paris» se déroulera cet après-midi dans la capitale française.
Cette initiative, organisée par le ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, en partenariat avec le ministère des Affaires étrangères et du Développement international, a pour objet de mobiliser les féministes de différents continents autour des droits des femmes, de la lutte contre les violences faites aux femmes, et de la promotion des droits à la santé sexuelle et reproductive (DSSR). Parmi les huit personnalités féministes qui témoigneront de leur expérience figure l’Algéro-Québécoise Djemila Benhabib. Cet événement sera l’occasion de mener une action de plaidoyer en faveur des droits des femmes dans le monde.

A l’issue de cette rencontre, la « déclaration du Serment de Paris» sera dévoilée en présence du président français, François Hollande, de la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, ainsi que du ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Jean-Marc Ayrault.

Le Serment, qui reconnaît « les progrès majeurs» accomplis depuis la conférence de Pékin organisée par les Nations unies en 1995 sur l’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes, constate également « la fragilité des avancées réalisées dans un contexte où les droits à la planification familiale, à l’intégrité physique, et à l’autonomisation économique et politique, sont remis en question dans de nombreux pays, y compris des démocraties», apprend-on. Il appelle à « une mobilisation renouvelée s’appuyant sur l’inépuisable action des femmes et des hommes déterminés à mettre en œuvre des politiques d’égalité ambitieuses et à diffuser un esprit de défense de l’égalité et des droits humains».

Djemila Benhabib : « Ne jamais rien prendre pour acquis »

Djemila Benhabib, avec laquelle nous avons pris contact, nous a affirmé qu’elle rappellera, dans son intervention, « l’importance de la solidarité internationale en faveur des droits des femmes, convaincue que lorsque ces derniers avancent dans une région du monde, cela profite à l’ensemble». Aussi le 10 avril 2016, à l’invitation de femmes polonaises, elle a manifesté à leur côté pour faire reculer le gouvernement s’agissant de restreindre d’une façon drastique l’accès à l’avortement. « Ceci confirme la nécessité de se doter de lois civiques et de (ré)affirmer le caractère laïque des Etats», nous a-t-elle affirmé.

Et d’ajouter : « Dans de nombreuses régions du monde, cette exigence est cruciale.» « Trop souvent, les Etats invoquent la religion, la tradition ou la coutume pour enfermer les femmes dans un statut de mineur. C’est notamment le cas dans plusieurs pays musulmans, et en Algérie en particulier avec le code de la famille promulgué en 1984 que les Algériennes ont rebaptisé le code de l’infamie.» Mais, prévient-elle, il ne s’agit pas d’ « enfermer ces femmes dans un statut de victime».

« Certes, leur vie n’est pas un fleuve tranquille. Plusieurs ont choisi de résister de mille et une façons. Ces femmes sont des résistantes qui nous donnent des raisons d’espérer.» « Ne jamais rien prendre pour acquis, telle est la grande leçon que j’ai apprise au sujet des droits des femmes. Car les reculs peuvent aussi venir là où ne les attend pas.» Lire la suite

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