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Des décennies de combat pour un statut de tamazight

Publié le 06/01/2016, par dans Non classé.

Le mois d’avril 2002, l’APN vote un amendement à la Constitution. Tamazight est devenue langue nationale. Pendant des années, les voix officielles ont claironné que tamazight ne serait jamais officielle. Le 5 janvier 2016, la même Assemblée officialise la langue.
Le 20 avril prochain coïncidera avec le 36e anniversaire des événements d’Avril 1980, durant lesquels la population de Kabylie a organisé des actions populaires pour revendiquer la reconnaissance de l’identité amazighe. Les manifestants ont été violemment réprimés et les militants les plus en vue dans ce mouvement de protestation ont été arrêtés et condamnés « pour atteinte à la sécurité de l’Etat».

L’incarcération des « leaders» du mouvement, connus comme les « 24 détenus», et la répression du mouvement n’ont pas déteint sur la revendication berbère qui a enregistré des avancées dans les différentes couches sociales. Les universités de Béjaïa et de Tizi Ouzou ont été des viviers d’activistes et un bastion de contestation pendant les années 1980. La protestation portée par un élan populaire a été canalisée par le Mouvement culturel berbère (MCB) lancé en 1985, avec des structures au sein des commissions nationales du MCB pour, à la fois, promouvoir le produit culturel berbère et porter la revendication sur le plan politique et contestataire.

Le 20 Avril de chaque année est commémoré en Kabylie avec des marches imposantes pour revendiquer un statut à la langue amazighe et l’organisation d’activités culturelles diverses pour valoriser la culture berbère. Le début des années 1990 avec une activité politique multipartisane allait avoir un impact sur l’unité des rangs au sein du MCB ; la coordination nationale est créée et dirigée par Ferhat M’henni, cadre au Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), alors que les commissions nationales ont comme porte-parole Djamel Zenati du Front des forces socialistes (FFS).

Bien que l’approche et la doctrine politique des deux partis soient divergentes, la mobilisation pour la reconnaissance de tamazight, langue nationale et officielle, est portée par des milliers de manifestants à chaque « printemps berbère». La revendication de la constitutionnalisation de tamazight, langue nationale et officielle, connaît une autre dimension avec la « grève du cartable» durant l’année scolaire 1994-1995.

Les établissements scolaires et les universités de la Kabylie sont paralysés par une interminable grève. Le mois d’avril 1995, des accords controversés sont signés avec le gouvernement qui consacrent la création, tout aussi critiquée, du Haut Commissariat à l’amazighité, une institution rattachée à la Présidence, toujours sans prérogatives. Symbole et porteur de la revendication amazighe, le sigle MCB commence à disparaître du paysage politique et culturel.

Et c’était le 18 avril 2001. Alors que la traditionnelle commémoration des événements du « printemps berbère» se préparait, le jeune Massinissa Guermah tombe sous les balles des gendarmes dans la brigade de Beni Douala (Tizi Ouzou). La tragédie embrase la Kabylie qui enregistre quotidiennement des morts et un mouvement populaire est né pour canaliser les manifestations ; la Coordination des archs se réunit à El Kseur (Béjaïa), élabore une plateforme de revendications dans laquelle figure la nationalisation et l’officialisation de la langue amazighe. Le mois d’avril 2002, l’APN vote un amendement à la Constitution. Tamazight est devenue langue nationale. Pendant des années, les voix officielles ont claironné que tamazight ne serait jamais officielle. Le 5 janvier 2016, la même Assemblée officialise la langue. Lire la suite

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