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Des commissions pour le recensement des disparus

Publié le 06/12/2017, par dans Non classé.

Les disparus algériens durant la Guerre de Libération se comptent par milliers.
Dans le discours prononcé à l’occasion du 60e anniversaire de l’exécution d’Ahmed Zabana, guillotiné le 19 juin 1956, le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a indiqué que le travail des commissions chargées du recensement des disparus a abouti au dénombrement de 2000 cas. Le chiffre est autrement plus important. « Il n’y a pas une famille algérienne qui n’a pas un ou deux disparus. Des sources parlent de milliers de disparus, y compris en France où 200 cas ont été enregistrés durant la journée du 17 Octobre 1961. Dans les camps de concentration ouverts par la France, il y avait deux millions de personnes, soit 20% de la population.

Des détenus essayaient parfois de s’enfuir et mouraient dans leurs tentatives d’évasion», indique le chercheur et journaliste Mountasser Oubetroune. Lors de la Bataille d’Alger, 3024 personnes disparues ont été recensées. Le chiffre s’appuie sur les assignations à résidence imposées aux Algériens par le secrétaire général de la préfecture d’Alger, Paul Teitgen, qui a fini par démissionner pour dénoncer les atrocités commises par les militaires. « Les disparus recensés par Teitgen, c’était pour une seule ville, Alger, et pour une courte période, entre février et mars», constate le chercheur, qui fait remarquer qu’un autre document donne un chiffre plus important : 60 000 disparus pour la même période. L’un des disparus les plus connus de la Révolution est Maurice Audin, assassiné en juin 1957 et dont le corps n’a jamais été retrouvé. La femme du mathématicien disparu, Josette, s’est adressée aux présidents français successifs.

Sarkozy n’a pas donné de suite à sa lettre. Hollande reconnaît que le défunt est mort en détention. Mais sans autre engagement. Avec l’élection de Macron, un groupe de personnalités avait adressé une lettre au président élu pour permettre de mettre à disposition de la famille les documents mentionnés dans le message de son prédécesseur. « Ils n’ont pas tenu parole», regrette Oubetroune, qui affirme que les amis du défunt réclament les coordonnées exactes du lieu de l’enterrement d’Audin pour permettre de le réinhumer dans la dignité et à sa famille de faire son deuil. Le chercheur dénonce l’attitude des autorités algériennes qui « n’ont pas demandé des comptes aux Français sur ce chapitre de la guerre». La coopération de la partie française devrait permettre de retrouver les corps de milliers de martyrs disparus, parmi lesquels les Lotfi, Bougara, Tébessi…
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