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Déclassements, cafouillage et corvée des signatures à Béjaïa

Publié le 02/03/2017, par dans Non classé.

La préparation des listes électorales des différents partis pour les prochaines législatives se déroule dans un climat politique tendu à Béjaïa.
Le RCD tient, depuis hier, la liste définitive de ses candidats aux législatives du 4 mai prochain pour la wilaya de Béjaïa. La commission nationale a déclassé un candidat, a introduit un nouveau nom et a fait disparaître un autre. Atmane Maazouz, le secrétaire national à la communication, est maintenu en tête, suivi par Me Nora Ouali, élue à l’APW. Mouloud Deboub, élu également à l’APW et président du bureau régional, classé troisième dans la liste provisoire, est déclassé à la cinquième place au profit de Rachid Saou, élu à l’APW. Deboub remplace dans son nouveau classement Me Djamel Benyoub, qui n’a pas apprécié qu’on ne l’ait pas mis en meilleure place.

Secrétaire national aux affaires juridiques, son nom a finalement disparu de la liste définitive qui maintient en sixième place Aniza Sadouni, une autre élue à l’Apw, la deuxième candidature féminine de la liste, suivie de Ahcene Tansaout, secrétaire national aux élections. De la déception s’exprime dans certaines voix, mais pour le moment elles s’efforcent à la contenir à l’intérieur de la maison RCD, un peu comme au FFS où, d’ailleurs, rien n’exclut aussi des modifications dans la liste provisoire annoncée avant-hier. Hier, on était encore avec les recours reçus des candidats mécontents.

Sans surprise, le nom de Chafaâ Bouiche (chef du groupe parlementaire) est retenu pour driver la liste, suivi par Rachid Chabati (député et actuel fédéral), Abdenour Abdoun (maire d’Aït Smaïl), Maïbeche Tahar (maire de Chellata), Tahi Hayet (élue Apw), Daghi Belkacem… La surprise est par contre notée chez les absents. Le nom de Saïda Ichalamen, membre du présidium, n’y figure pas, ni même celui de Yahia Assam qu’on a pourtant avancé comme potentielle carte gagnante du Front des forces socialistes. Mlle Ichalamen a-t-elle fait les frais des rapports de force engagés au sein du parti, notamment depuis l’exclusion de Rachid Halet ?

On se souvient que celui-ci avait écrit que parmi ses collègues du présidium, « seule, Mademoiselle Ichalamen Saida (…) a refusé de tremper dans le complot». S’il est légitime de voir un éventuel règlement de comptes dans l’exclusion de Mlle Ichalamen, celle de Yahia Assam échappe à une telle lecture. Sa parenté avec feu Aït Ahmed n’a pesé d’aucun poids. En attendant de pouvoir tenter de contenir une contestation muette mais certaine, pour d’aucuns la liste du FFS ne s’assure pas le consensus espéré.

La situation empire au RND

Au RND, la situation empire. Les opposants au secrétaire de wilaya et ex-député, Kamel Bouchoucha, ont pris d’assaut le siège du parti mardi pour réclamer l’annulation de la liste que celui-ci conduit. Le parti traverse une sérieuse zone de turbulence qui n’augure rien de bon pour la suite. Au MDS, on est presque dans une situation similaire.

Alors que le conseil national a validé l’option de participation au scrutin prochain, la fédération de Béjaïa boycotte le rendez-vous. Elle s’inscrit résolument dans le rejet au moment où une liste du parti est apparue pour s’imposer dans la wilaya. C’est l’œuvre d’un jeune militant du parti de la région de Tazmalt qui s’affaire à récolter des signatures.

Dans une logique de bras de fer, la fédération fait bloc et dénonce dans une déclaration publique un coup de force. « L’appareil du mouvement démocratique et social innove en la matière, à une semaine de la date butoir du dépôt des dossiers. Il mandate une personne complètement étrangère à la structure de notre wilaya pour le retrait des formulaires», écrit la fédération qui qualifie les prochaines élections de « carnaval populaire».

Selon Rezgui Rabah, membre du bureau national, le MDS trouve des difficultés à avoir les signatures pour les listes qu’il a engagées dans cinq wilayas. L’exigence de la loi organique relative au régime électoral du 25 août 2016 pour réunir 250 signatures d’électeurs pour chaque siège à pourvoir n’est pas une sinécure. Avec 12 sièges pour la wilaya de Béjaïa, chaque liste concernée doit réunir 3000 signatures. Certains partis qui n’ont pas eu 4% des suffrages aux dernières législatives et les candidats indépendants peinent à le faire et risquent de se voir écartés de la course à la date butoir, lundi prochain.

Les indépendants en concurrents

24 candidats indépendants ont retiré les documents qu’il faut auprès des services de la DRAG. Le chiffre paraît énorme. Il est en effet gonflé par des retraits faits par de faux candidats pour le compte d’une seule liste afin de s’assurer la disponibilité des documents en nombre. Deux noms paraissent sortir de ce lot : Brahem Bennadji, actuel P/Apc de Tinebdar, et Hamid Ferhat, ex P/Apw de Béjaïa.

Les deux tablent sur « l’absence de la classe politique à la mesure de la crise que traverse notre pays», comme l’écrit l’ex-P/Apw au nom de la « liste des citoyens libres». Bennadji nous assure qu’il a obtenu « plus de 4 000 signatures». Si ces deux candidats à la candidature semblent sereins pour la suite de la course, ce n’est pas le cas pour le reste de leurs adversaires dont ceux qui saisissent l’opportunité des projecteurs de cette pré-campagne pour se faire une tribune.

C’est le cas, par exemple, de « La voie ouvrière», une liste de militants socialistes qui se proposent pour « pallier» la défection qu’ils voient dans le camp de gauche. Ils affichent leur ambition dans trois wilayas du Centre, mais il n’est aucunement évident d’atteindre le seuil des 3000 signatures. Cette nouvelle disposition de la loi arrache des sueurs à bien des candidats, y compris pour des partis.

Ce serait le cas du PT dont on annonce, officieusement, le nom d’un membre du conseil national et du Front de l’avenir, avec Khaled Tazaghart. L’opération s’avère difficile, même si au PST on assure que le nombre est atteint et que la liste sera arrêtée ce samedi. Ce sera entre Kamel Aïssat et Sadek Akrour. Les résultats des courses réservent des surprises à plus d’un, au moment où les « gros» partis, dispensés de la corvée des signatures, se doivent de gérer les mécontentements des mal-classés. Lire la suite

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