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Décès de Blaoui El Houari: Artistes et hommes de culture s’inclinent devant la mémoire du chanteur

Publié le 19/07/2017, par dans Non classé.

ALGER – Des artistes et hommes de culture continuent de réagir au décès du chantre de la chanson oranaise Blaoui El Houari, disparu mercredi à l’âge de 91 ans, saluant la mémoire d’un monument de la culture algérienne.

Très affecté par cette disparition, Cheb Mami, salue, dans une déclaration par téléphone à l’APS, la mémoire de celui qui, dit-il, lui avait « ouvert toutes les portes » dès son arrivée à Oran », au tout début de sa carrière dans la chanson, et l’avait « pris sous son aile », tout comme un grand nombres d’autres chanteurs.

Le chanteur déplore cette « grande perte pour la culture algérienne » et pour la chanson oranaise moderne dont il était l’autre « pilier » avec le grand Ahmed Wahbi, disparu en 1993.

Le défunt avait écrit et composé pour Cheb Mami « El Ghalia » et « Mâandi Hadja Fennas », deux de plus grands succès: « c’est grâce à Blaoui El Houari » que lui et d’autres grands noms de la chanson raï ont pu accéder à une notoriété internationale », a-t-il tenu à témoigner.

Contacté par téléphone, le plus illustre élève du défunt, Cheb Khaled, très affecté par cette disparition, regrette la disparition d’ « un père, un confident et (son) mentor », toute à la fois. Tout récemment, il s’était rendu au chevet du défunt à son domicile oranais.

De son côté, le guitariste emblématique du groupe Ranïa Raï, Lotfi Attar, déplore la perte de celui qui a « fait redécouvrir au public la poésie bédouine et certains instruments (de musique) » et inspiré le groupe dans sa démarche de modernisation du raï.

Lotfi Attar s’est incliné devant la mémoire d’un artiste « modeste et discret » qui avait toujours encourager les jeunes à « transgresser les styles musicaux et apporter une touche personnelle ».

Le trompettiste le plus célèbre du genre raï, Messaoud Bellemou, s’est dit attristé par la disparition d’un « pan de la culture algérienne », saluant, pour sa part, la mémoire d’ « un pionnier » de la chanson oranaise moderne.

Ami de longue date du défunt, Abdelkader Bendameche, président du Conseil national des arts et des lettres (Cnal), a salué la mémoire de celui qui reste la « référence incontournable pour tous les grands chanteurs oranais ».

Blaoui El Haouari s’était fait connaître d’abords en tant que « virtuose » de l’accordéon dans les années 1950, a-t-il rappelé.

Le président du Cnal a également loué les grandes qualités humaines de l’artiste dont le respect d’autrui, une « vertu qu’il a cultivée » tout au long de sa vie et sa carrière.

Né le 23 janvier 1926 à Haï Médina J’dida, à Oran, Blaoui El Houari, s’est imprégné des musiques du terroir auprès de Cheikh Semmach avant d’être influencé par les musiques orientales et occidentales au début des années 1950.

Il a réarrangé plusieurs textes de la poésie bédouine de Cheikh Hamada et Cheikh Belmadani comme « Bya dak el mour », « Rani m’hayer » et avait également composé et interprété « Zabana », sur un texte écrit par Cherif Hammani, rencontré en prison durant la guerre de libération.

Outre un répertoire riche de plus de 500 canson, le défunt avait contribué à l’émergence de nombreuses stars de la chanson oranaise et du raï durant les années 80, à l’image de Khaled, qui a repris de nombreux titres de son répertoire, Mami ou encore Houari Benchennat.

En avril dernier, Blaoui Houari avait reçu la médaille de l’ordre du mérite national au rang de « Achir », décernée par le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika.

Dès l’annonce du décès de Blaoui Houari, le Président de la République a adressé un message de condoléances à la famille du défunt dans lequel il a mis en exergue la place de l’artiste dans le paysage culturel national et sa contribution à l’émergence d’une génération entière de chanteurs.

Le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah a, lui aussi, présenté ses condoléances dans un message dans lequel il salue la mémoire d’un « symbole » de l’art algérien.

De son côté le ministre de la Culture, Azzeddine Mihoubi, a rendu hommage au défunt, en insistant sur ses qualités d’homme et d’artiste.

Le défunt a été inhumé mercredi en fin de journée en présence d’une foule nombreuse d’anonymes et d’officiels.

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