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Dar El Ihssane, un second foyer pour les cancéreux

Publié le 11/02/2017, par dans Non classé.

On se croirait dans un hôtel quatre étoiles. Le bâtiment est flambant neuf, offrant toutes les commodités pour un séjour agréable.
Tout est clean, le hall d’entrée est décoré avec goût, baignant dans une douce lumière. Non, il ne s’agit pas d’un établissement touristique ou un lieu de villégiature, mais d’une maison d’accueil au profit des cancéreux baptisée Dar El Ihssane. Erigé dans une impasse de la rue Javal, à quelques encablures de la gare ferroviaire de Blida, ce centre d’hébergement de quatre étages est d’une capacité de 45 lits.

On doit cette louable initiative à l’association Badr d’aide aux malades atteints de cancer. En 2016, Dar El Ihssane a hébergé 462 personnes issues de 36 wilayas, nous dit son directeur, Réda Baghdadi. Les malades sont logés, nourris, blanchis, sans contrepartie financière.

Le transport leur est également assuré gracieusement vers le Centre anticancer (CAC) situé dans l’enceinte de l’hôpital Frantz-Fanon où ils suivent leurs traitements oncologiques. « Près de 80% des malades pris en charge par le CAC de Blida résident en dehors de la wilaya de Blida. Les malades, notamment les plus démunis, renoncent complètement ou partiellement aux soins à cause de l’éloignement. Dar El Ihsane permet de faciliter l’accès aux soins de ces patients et de leur assurer un meilleur soutien psychologique», peut-on lire sur le site de l’association (http://badrblida.net/).

Visite guidée

Cette maison d’accueil des cancéreux a été inaugurée officiellement le 4 février 2015, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le cancer. Deux ans après, l’infrastructure est d’une tenue et d’une fraîcheur impeccables, à croire qu’elle a été ouverte seulement la veille. Le centre emploie une quinzaine de personnes et peut compter sur le soutien d’un contingent de bénévoles dont nombre d’étudiants en médecine.

Réda Baghdadi nous a gratifié d’une visite guidée qui nous a permis de prendre toute la mesure du caractère exceptionnel de ce projet. L’immeuble compte cinq chambres par étage, chaque chambre comprenant deux lits. Les pièces sont aérées. Dans le hall de chaque étage est aménagé un salon avec fauteuils, frigo et écran de télévision.

Le bâtiment est entièrement connecté moyennant une connexion wifi gratuite. En outre, la bâtisse est bien chauffée et bénéficie de l’air conditionné. Une buanderie dotée de plusieurs machines à laver se charge du blanchissage des effets personnels des malades. Le dernier étage donne sur une terrasse qui offre une vue imprenable sur les cimes enneigées de Chréa et les paysages de l’Atlas blidéen.

Au premier étage, un salon d’esthétique dispense des soins corporels aux patientes. Une grande salle de restauration offre un chaleureux espace de convivialité où tous les pensionnaires du centre se retrouvent à l’heure des repas. La cuisine exhale des senteurs capiteuses qui ouvrent l’appétit et confortent l’impression que l’on est chez soi et guère dans un lieu impersonnel. Un magasin mitoyen de la cantine permet de stocker tous types de denrées alimentaires destinées à améliorer l’ordinaire des malades.

On y aperçoit également des services de table, des piles de couvertures, des produits cosmétiques et autres lots de dons en nature reçus par l’association. Le magasin est équipé d’une chambre froide pour la conservation des produits périssables. Le bâtiment dispose, par ailleurs, d’une bâche d’eau et d’un groupe électrogène dernier cri.

Des séjours d’au moins six semaines

Dans le hall d’accueil, des sofas multicolores sont disposés avec soin, formant un décorum des plus captivants. « Dans ce salon, les visiteurs peuvent recevoir tranquillement leurs proches», dit M. Baghdadi. Radia, jeune cadre de l’association, sourire à tout épreuve et visage rayonnant, reçoit patiemment les visiteurs qui défilent et veille à les orienter.

Comme on peut l’imaginer, le centre ne désemplit pas.
Lors de notre passage, Dar El Ihssane hébergeait une quarantaine de patients. Ils viennent d’un peu partout. Mustapha Moussaoui, médecin spécialiste (ORL) et président de l’association, précise : « Notre capacité est de 45 lits, mais cela peut aller jusqu’à 58 places.

On ne peut pas dire non à un malade. Au besoin, on rajoute un lit. Le premier malade qui vient est admis, on ne fait aucune distinction entre nécessiteux, pas nécessiteux… Un cancéreux est forcément nécessiteux. Il y a toujours des examens complémentaires à faire, des radios, des déplacements.» Le Dr Moussaoui indique que « la durée de séjour des malades est de six semaines à deux mois. C’est surtout la radiothérapie qui requiert un hébergement à plein temps, la cure dure généralement six semaines.»

« Il y en a qui dorment dans le jardin de l’hôpital»

Mustapha Moussaoui souligne que dès la création de l’association en septembre 2006, elle s’était fixé comme objectif de mettre sur pied une structure pour l’accueil des cancéreux. « Trois mois après la création de l’association, raconte-t-il, nous avons tenu une conférence de presse et nous avons dit qu’il était urgent de construire une maison d’accueil pour les malades atteints de cancer. On a constaté que beaucoup d’entre eux passaient la nuit dehors, dormaient dans des hammams, certains dans des taxis ; il y en a même qui
dorment dans les jardins du centre anticancer. Tous les jours, pendant deux mois, ils ont des séances de radiothérapie. Où est-ce qu’ils vont partir ? Quelqu’un qui vient de Djelfa ou d’une autre wilaya, comment il va faire ?»

En juin 2011, l’association a ouvert une maison d’accueil dans une villa mise à sa disposition par un bienfaiteur, à Blida. La bâtisse accueillait une vingtaine de malades. Mais c’était une solution temporaire. L’association a lancé ensuite une campagne de collecte de fonds pour construire un centre d’hébergement dédié aux cancéreux.

« Le 27 mars 2012, nous avons organisé un Radiothon sur les ondes de radio Blida et radio Coran. On a collecté des fonds, mais ce n’était pas suffisant pour acquérir un terrain. Une semaine plus tard, le wali (l’ancien wali de Blida, Mohamed Ouchène, ndlr) nous a attribué un ancien bâtiment de la Sempac et on l’en remercie vivement. On l’a démoli et on a construit ce centre.

On a entamé les travaux en février 2013, le chantier a duré deux ans. En février 2015, la maison était prête.» Le processus de construction de cet établissement est un modèle de citoyenneté Lire la suite

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