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«Dans le Sud, les rythmes scolaires pourraient être revus»

Publié le 10/12/2015, par dans Non classé.

Lors de la tournée marathonienne qu’elle a effectuée dans la wilaya de Ouargla et dans la wilaya déléguée de Touggourt, la ministre de l’Education nationale a affiché un optimisme contagieux par rapport à la qualité exemplaire des établissements scolaires qu’elle a visités. Dans cet entretien — coréalisé par la radio locale de Ouargla et El Watan — Mme Benghebrit met les points sur les I, même si elle refuse que les directeurs de l’éducation endossent l’entière responsabilité de la situation.
– Parlons d’abord de cet optimisme que vous avez affiché durant votre tournée de deux jours à Ouargla. Quels sont les indicateurs qui le motivent ?

La wilaya de Ouargla est dans une dynamique palpable qu’on a pu constater sur le terrain. J’ai la conviction que les taux de réussite aux examens nationaux doivent être interprétés autrement. Ils ne sont évocateurs que par rapport à la situation de départ, or Ouargla a démarré à 25% il y a quatre ans et a atteint 38% cette année. L’écart est donc positif. De plus, Ouargla a des atouts qui lui sont propres et dont elle est consciente, comme l’ouverture d’une école supérieure des enseignants qui a débuté son activité alors que l’infrastructure finale en est à 70% de réalisation. Cela, j’en suis sûre, va booster le niveau des enseignants grâce à la formation continue.

Ma visite m’a permis d’inspecter deux écoles-pilotes, à Aïn Beïda et Hassi Benabdallah. Elles se situent dans des zones rurales et sont caractéristiques d’un prise en charge participative du directeur, des enseignants mais aussi et surtout des parents d’élèves et des maires de ces localités. J’en suis agréablement surprise car cela conforte nos orientations qui vont dans le sens d’une gestion participative et concertée, plus efficace et à l’écoute des acteurs du secteur. Des solutions sont trouvées à des problèmes que l’on aurait pensés insolubles grâce à la concertation. Nous avons aussi visité les classes préparatoires et celles spéciales dédiées aux enfants attardés mentaux, cela augure d’un bon démarrage.

Je repars avec une vision plus réaliste d’acteurs qui œuvrent au changement et je peux dire que l’année 2016 sera meilleure et plus réussie. Mais je suis loin de généraliser car le les gens qui prennent à bras-le-corps le secteur de l’éducation ne sont malheureusement pas majoritaires. Cela n’a rien à voir avec les moyens matériels, nous l’avons bien vu, et nous comptons beaucoup sur cette volonté, ces individualités qui font toute la différence.

– Le problème de la surcharge des classes a été réitéré. Quelles sont les solutions ?

Nous considérons que la norme est de 41 élèves par classe. Au-delà, il y a surcharge. Il faut savoir que la carte scolaire montre des disparités régionales et entre les wilayas. Un déséquilibre qui touche la majorité des écoles, dont certaines connaissent une grande affluence tandis que d’autres tournent avec un effectif en deçà de leurs capacités.

Ces problématiques ont fait l’objet de conventions avec le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme pour la généralisation des ensembles urbains intégrés, où l’école primaire et le collège ont une place centrale, vu qu’il s’agit des paliers de l’enseignement obligatoire. La solution que nous mettons en place en cas de surcharge est la double vacation complète ou partielle. Elle a prouvé son efficience dans certaines écoles, mais c’est une solution ponctuelle, en attendant la généralisation de l’habitat intégré et la maîtrise de la carte scolaire.

– La climatisation et les moyens pédagogiques restent les maillons faibles du secteur. Qu’en pensez-vous ?

Nous avons débattu de ces problèmes avec les autorités locales. Le problème est le raccordement au réseau électrique et les postes transformateurs. Il faut régler ce problème durant l’hiver, en tout cas avant le mois de mars. Je suis prête à appuyer ce dossier en haut lieu. J’ai proposé de rentabiliser les infrastructures, notamment les auditoriums pour les activités scolaires, et l’ouverture sur la société pour que le lycée devienne une référence culturelle dans les communes. J’ai donné des instructions dans ce sens aux directeurs de lycée.

– Les wilayas du Sud croupissent au bas du classement national des résultats scolaires. Syndicats et parents d’élèves pointent du doigt les rythmes scolaires dans une région saharienne où il fait chaud la moitié de l’année et où les moyens de climatisation sont insuffisants. Partagez-vous cette lecture ?

Il n’y a pas une réponse unique à cette question. Elle est complexe et multiple, mais je vous concède que la donne climatique pose problème pour les élèves. La réunion organisée dimanche avec les directeurs d’établissement de la wilaya a permis de ressortir avec une mesure très importante, à savoir que chaque direction de l’éducation a toute la latitude d’adapter son rythme scolaire quotidien à la réalité locale. Les horaires actuellement appliqués, à savoir 8h-11h15 et 13h-14h30, peuvent être changés.

Ce que j’ai dit à ces gestionnaires, et je le répète aujourd’hui, est qu’il ne s’agit nullement d’une décision administrative car il est facile de décréter des horaires et d’envoyer un arrêté.
Je saisis cette occasion pour appeler au lancement d’un débat sur la question à travers toutes les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux avec une campagne de sensibilisation qui sera menée par les associations de parents d’élèves et les syndicats de l’éducation nationale afin d’obtenir un consensus général sur ces horaires et permettre la mise en place d’un rythme scolaire adapté au Sahara.

S’il ya consensus pour adapter ce rythme au calendrier scolaire, il n’y aura aucun problème de ce point de vue. Je tiens à rappeler que lors de la rencontre d’août dernier à Laghouat, en présence de 11 wilayas du Sud et 10 des Hauts-Plateaux, nous avions ouvert le débat et aucun représentant de ces wilayas n’avait proposé la modification du rythme scolaire quotidien pour l’adapter à la réalité climatique, alors que le ministère s’est dit prêt à étudier toutes les propositions.

Cela je vous l’assure. Reste à préciser que trois fondamentaux doivent être retenus : le programme et les examens sont nationaux ; veiller au respect des 32 semaines de cours et de 4 semaines d’examens. Autrement, y compris au sein de la même la Lire la suite

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