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Crises à répetition

Publié le 17/05/2017, par dans Non classé.

Malgré la succession de plusieurs PDG, la compagnie nationale Air Algérie n’arrive pas à sortir de la zone de turbulences.
Des grèves cycliques la secouent, mettant en difficulté les comptes de l’entreprise qui évolue dans un secteur ultra concurrentiel : quelque 22 compagnies étrangères desservent l’Algérie et proposent leurs services vers diverses destinations. Certaines compagnies (Qatar Airways, Royal Jordanian) qui ont un marché naturel moyen de ou vers l’Algérie opèrent en gros porteurs.

La première victime est Air Algérie, car celles-ci ont comme premiers marchés Djeddah ou Dubaï, des destinations où notre compagnie nationale a perdu des parts de marché au profit de certaines compagnies étrangères.Tous les réseaux des grandes compagnies sont structurés autour d’aéroports qui leur servent de bases, les « hubs». Quand vous achetez un vol avec correspondance, vous faites alors obligatoirement escale dans ces « hubs».

Les grandes compagnies mondiales jouent sur la qualité de service au niveau de la première classe qui a vu son niveau de prestations s’élever en permanence, visant spécifiquement la clientèle affaires à haute contribution, c’est à ce niveau qu’il y a de la rentabilité. Le marché Algérie a toujours été très intéressant, d’abord pour les compagnies européennes et maintenant, on le constate, celles du Golfe.

Les européennes, pour la plupart, du moins au début, utilisaient le trafic point à point, c’est-à-dire le trafic d’un pays à un autre. Maintenant, il s’est développé pour devenir ce qu’on appelle le trafic de transit ou la sixième liberté. Les compagnies du Golfe ont constitué leurs propres hubs avec toutes les commodités et se spécialisent également dans la omra et le hadj. Air Algérie transporte aujourd’hui plus de 5 millions de passagers annuellement avec une flotte de 59 appareils (moyenne d’âge de 4 ans).

La compagnie lancera entre 2018 et 2025 un nouveau programme d’acquisition d’une quarantaine d’avions pour renforcer essentiellement ses destinations long courrier. Ces acquisitions seront effectuées sous différentes formes de financement, tel que le leasing. La première partie de ce programme sera réalisée entre 2018 et 2020 durant laquelle 4 appareils seront réceptionnés rien qu’en 2018, tandis que la seconde phase sera effectuée entre 2020 et 2025.

Sureffectifs et absence de transparence dans les recrutements

Mais ce qui gêne réellement l’essor de la compagnie, ce sont ses effectifs qu’elle traîne comme un boulet dans ses ailes : 9000 employés, dont 1600 personnels navigants parmi lesquels 430 pilotes. Bekhouche Allache, DG par intérim d’Air Algérie, qui a succédé à Mohamed Abdou Bouderbala, le dit clairement dans un entretien à un site d’information électronique (27 février 2017) : « Effectivement, il y a des sureffectifs. Nous avons une moyenne de salariés par avion qui est élevée. Il faudra redéployer un certain nombre des employés, pour plus d’efficacité…». Mais il ne semble pas avoir les coudées franches pour attaquer frontalement ce problème.

La compagnie ne peut supporter autant de charges, salariales notamment, si elle veut se classer parmi les entreprises compétitives. Or, il s’agit d’une entreprise économique (EPE/SPA) qui doit fonctionner selon des normes universelles de management. Il y a aussi une pléthore d’agences commerciales, alors que les compagnies mondiales ont opté de plus en plus pour la digitalisation.

Il y a également une absence totale de transparence des ressources humaines et notamment en termes de recrutements. Il y a des problèmes liés à la ponctualité, ainsi que les pannes techniques. Et celles-ci ont un effet boule de neige ; lorsqu’une desserte arrive en retard, elle se répercute sur la suivante qui doit être assurée par le même avion.

De plus, elle opère en flux tendu ; à Alger, elle fait 120 vols/jour avec des pics de 19 000 passagers à l’aéroport d’Alger pendant la période estivale et de fêtes. Ce qui signifie que les avions passent de moins en moins de temps dans les aéroports. Le moindre problème est donc susceptible d’entraîner une réaction en chaîne et d’aboutir à l’annulation de certains vols. Il faut revoir son organisation et investir dans le capital humain.

Avec 11 syndicats à Air Algérie en plus d’un comité de participation (CP), la compagnie a besoin, selon certains observateurs, d’un pacte de stabilité. Il faut passer d’une gestion quasi administrative à une gestion dynamique. La compagnie pèche aussi par un manque de communication. C’est l’une des rares compagnies qui n’organise aucun événement avec la presse algérienne et se contente de dépêches de l’APS pour faire des déclarations. Lire la suite

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