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Cri de colère des internes en médecine

Publié le 16/03/2016, par dans Non classé.

Un malheureux événement a fait réagir des centaines d’internes pour dénoncer les mauvaises conditions d’exercice et surtout la charge de travail supplémentaire qu’ils assurent.
Les internes des différents services des centres hospitaliers du pays ne décolèrent pas. Ils ont décidé de ne plus assurer des évacuations de malades. Les rassemblements et les sit-in se multiplient à l’intérieur des structures depuis le débrayage déclenché à Sétif, suite au décès de deux internes en médecine, d’un ambulancier et d’un bébé de deux mois dans le grave accident survenu la semaine dernière sur l’autoroute Est-Ouest.

Un malheureux événement qui a fait réagir des centaines d’internes pour dénoncer les mauvaises conditions d’exercice et surtout la charge de travail supplémentaire qu’ils assurent. « Nous n’avons jamais refusé d’assurer les évacuations, que ce soit au niveau local ou hors wilaya. Pourtant, ce n’est pas notre travail à nous.

Mais nous le faisons par manque d’effectifs, de médecins, surtout lors des gardes. Les résidents se retrouvent parfois seuls dans le service des urgences, ils ne peuvent pas assurer les consultations et aussi les évacuations. Nous sommes donc obligés d’aider, car dans certains cas, un seul résident assure la garde et ne peut pas laisser un malade instable», nous confie un médecin interne qui déplore le décès des deux internes ayant assuré une évacuation pour une simple échographie cardiaque pour un bébé de deux mois à partir de Sétif pour aller à l’hôpital de Bou Ismaïl.

Il rappelle que l’interne n’est pas obligé d’assurer les évacuations qui doivent être normalement assurées par un résident ou un maître-assistant titulaire. En plus des évacuations, l’interne est généralement prêt à tout faire dans tous les hôpitaux du pays. « Les résidents sont souvent débordés au vu du nombre de patients admis aux urgences. Avec le manque d’effectifs, les internes prennent le relais avec la griffe de résident.

Nous sommes livrés à nous-mêmes et parfois des accidents peuvent arriver, car certains malades sont pris en charge par un interne qui fait ce qu’il peut avec ses connaissances et nous sommes toujours en formation. En cas de complications, nous sommes carrément agressés par les familles des malades», regrette l’étudiante en médecine qui ne manque pas de signaler l’absence d’encadrement. « L’interne est exposé à tous les dangers», a-t-elle encore dit tout en regrettant le silence des deux tutelles, à savoir les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur.

L’interne fait également le travail du coursier dans les services, notamment pour la récupération des bilans des patients : « Il arrive que nous procédions à une évacuation juste pour aller chercher des bilans de patients d’un hôpital à un autre, alors que ce travail est normalement assuré par le coursier de l’hôpital.» Des tâches qu’ils ne veulent plus assurer et demandent une révision de statut avec un renforcement d’effectifs dans les services d’urgence.

Du côté du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière qui regrette ce drame et les décès dus aux accidents de la route qui endeuillent tous les jours les familles algériennes, on affirme qu’une commission d’enquête s’est rendue au CHU de Sétif pour s’informer de la situation. « Un travail est actuellement en cours en collaboration avec le ministère de l’Enseignement supérieur et la commission consultative médicale pour une réorganisation des conditions de travail.

Il sera question de revoir les missions des différents encadreurs au plan pédagogique sur un groupe d’internes, d’externes et de résidents», souligne un représentant du ministère de la Santé. Par ailleurs, le Syndicat national des médecins généralistes (SNMG) s’élève, à travers un communiqué rendu public, contre « les pratiques qui font de l’interne un agent à tout faire, alors qu’il est toujours étudiant en formation».

Et de rappeler que « la protection des médecins en fonction est la condition sine qua non pour répondre aux demandes de soins de notre population». Le SNMG réitère son attachement à cette condition et « demande aux autorités d’assurer la sécurité des médecins en fonction et surtout lors des évacuations de patients», conclut le communiqué. A noter que des manifestations et des rassemblements se sont déroulés, hier, dans les hôpitaux de Tizi Ouzou et de Annaba après Alger, Constantine et Oran.
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