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Course aux satellites entre l’Algérie et le Maroc

Publié le 13/12/2017, par dans Non classé.

Après le lancement par le Maroc de son satellite militaire baptisé Mohammed VI-A, l’Algérie vient de mettre sur orbite Alcomsat-1.
Les vocations des deux engins spatiaux sont complètement différentes mais une question se pose : s’agit-il de conquête spatiale ou de simple accès à l’espace ? La question a son importance, surtout que de plus en plus de nations africaines optent pour le lancement de leurs propres satellites et entrent dans ce club très fermé. Les spécialistes parlent d’une course d’un nouveau genre que Marocains et Algériens semblent avoir enclenchée.

Contrairement à celui mis sur orbite par le Maroc, l’engin spatial algérien servira, entre autres, à la diffusion télévisuelle, les télécommunications d’urgence, l’éducation à distance, la communication entre les entreprises ou encore la navigation par satellite. Le satellite marocain, construit par Airbus Defence & Space et Thales Alenia Space, est destiné à la photographie de la Terre dont il peut fournir des images à très haute résolution destinées à la surveillance et au recueil d’informations stratégiques. « Entre les deux voisins, dont on connaissait déjà la course à l’armement, il faut désormais suivre de très près cette course à la conquête de l’espace», souligne le site web La tribune d’Afrique.

Le Maroc prévoit le lancement, en 2018, d’un deuxième exemplaire de même type de son satellite. Et le chiffre que l’Algérie a accolé au nom d’Alcomsat laisse présager la mise sur orbite d’autres engins.

« Ce projet vient conforter le choix stratégique de promouvoir l’activité spatiale nationale à des fins pacifiques et d’en faire un instrument fiable et efficace de développement économique durable et de renforcement de la souveraineté nationale», précise-t-on du côté de l’Agence spatiale algérienne. Adopté par le gouvernement le 28 novembre 2006 et s’étalant sur 15 ans (2006-2020) avec une révision tous les 5 ans, le programme spatial national (PSN) est l’instrument de référence en matière de politique spatiale : il constitue ainsi pour le gouvernement un instrument d’appui au développement durable et de renforcement de la souveraineté nationale.

Par ce lancement, il s’agit pour l’Algérie de mettre en exergue le niveau élevé d’appropriation des technologies spatiales et du savoir-faire par des chercheurs, ingénieurs et techniciens algériens, notamment en matière d’acquisition et de traitement de l’image spatiale, de développement de système d’information géographique et de maîtrise des techniques de positionnement et de navigation par satellite.

Satellite qualifié « d’espion» par l’Espagne et l’Algérie

Ce savoir-faire fut jadis l’apanage des grandes puissances spatiales. Seulement, depuis quelques années, le mythe de l’inaccessibilité aux technologies spatiales disparaissait progressivement pour offrir une place à des pays qui ont eu le mérite et l’audace d’engager un programme spatial à court, moyen et long termes.

Alors que les pays ont pour habitude de vanter l’achat d’un satellite pour affirmer leur puissance, les officiels marocains ont gardé le secret jusqu’au dernier moment. Dans la nuit du 7 au 8 novembre, le royaume a lancé son premier satellite d’observation, le Mohammed VI-A, doté d’une très haute définition et capable de fournir en moins de 24 heures des clichés d’une résolution allant jusqu’à 70 cm depuis n’importe quel point du globe. « On sait que le Maroc a des différends avec l’Espagne et l’Algérie et que la situation est tendue à la frontière mauritanienne.

Ces deux satellites lui donnent une capacité de renseignement et une autonomie que personne d’autre n’a dans la région», analyse dans Le monde.fr édition Afrique Mme Sborowsky, spécialiste des questions spatiales civiles et militaires dans les pays arabes. « Même si elle en est encore loin, l’Algérie a la volonté de développer une vraie politique spatiale. Pour Rabat, c’est surtout un outil stratégique pour asseoir sa puissance dans la région», ajoute la même source. Le contrat passé entre le Maroc et la France pour la construction de ces satellites avait été signé en toute discrétion en avril 2013, lors de la visite de l’ancien président français, François Hollande, à Rabat. Le montant du contrat des deux satellites avait cependant été révélé en 2014 par le quotidien français La Tribune : il s’élève à 500 millions d’euros.

L’Espagne s’inquiète, car elle se rend compte que son avantage technologique se rétrécit. On connaît les tensions qui existent entre les deux pays au sujet des eaux territoriales au large des îles Canaries et des enclaves de Ceuta et Melilla. Selon la même spécialiste, « le peu de communication entourant le lancement de ce satellite renforce les soupçons d’utilisation militaire. D’ordinaire, un pays qui accède à l’espace communique beaucoup pour le faire savoir. On se souvient notamment des débuts spatiaux de l’Algérie ou des Emirats arabes unis. Chaque étape de la conquête spatiale est normalement toujours médiatiquement utilisée à destination de l’opinion publique intérieure et de l’étranger. Or, dans le cas marocain, il y a eu beaucoup de discrétion». Lire la suite

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