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Coran en derdja : Des précisons sur le cas Rachid Faudil

Publié le 17/06/2016, par dans Non classé.

L’affaire de Rachid Faudil, 27 ans, accusé, selon l’APS qui a repris le communiqué de la Gendarmerie nationale, d' »appartenance à un réseau international auteur d’actes blasphématoires» et de « prosélytisme antimusulman via internet», a fait couler beaucoup d’encre et enflammé les réseaux sociaux.
Originaire de Bouti Sayah, de la daïra de Sidi Aïssa, à 88 km à l’ouest de M’sila, ce jeune propriétaire d’un kiosque implanté au centre de cette localité a été interpellé à son magasin, avec son ami H. S., âgé de 28 ans, le 9 juin et présenté devant le procureur général et le juge d’instruction 4 jours plus tard. « Pour les besoins de l’instruction, les deux accusés ont été placés sous mandat de dépôt, sur ordre du juge d’instruction, à Sidi Aïssa», précise, à El Watan Week-end, l’avocat de Rachid, Me Bakouri Amirouche, du bâtonnat de Béjaïa, joint par téléphone.

Selon la Gendarmerie nationale, « ce réseau diffuse des publications, des vidéos publicitaires, des articles et des caricatures blasphématoires contre Allah et offensants à l’égard des envoyés de Dieu et de l’islam en général», soulignant qu’il (le réseau) « activait dans plusieurs wilayas et dans d’autres pays du Proche-Orient, comme la Syrie et l’Egypte». Me Bakouri Amirouche dément la version rapportée par la presse et par certains sites électroniques et assure que son client est « victime d’une compagne de désinformation». « Contrairement à ce que raconte la presse, l’affaire n’a rien d’international. Elle est purement locale. Mon client n’est pas un athée convaincu.

Il se pose, comme beaucoup de jeunes de son âge, des questions existentielles et ne réagit que par rapport à son entourage et sa famille qui sont conservateurs et très religieux.» Et d’ajouter : « Rachid Faudil n’est pas poursuivi pour appartenance à un réseau international mais pour offense au Prophète et atteinte aux préceptes de l’islam selon l’article 144 bis 2 du code pénal.» L’avocat, qui a rendu visite à son client mercredi, affirme qu’il était « en bonne santé» mais « un peu perturbé» par la tournure qu’a pris cette histoire. « Mon client assure qu’il n’a pas été maltraité par la Gendarmerie nationale contrairement à ce qu’ont rapporté certains sites d’information», confie-t-il.

« C’est la première fois qu’on voit ce genre d’affaires où l’accusé est poursuivi pour des propos tenus sur facebook, pouvant être interprétés comme une atteinte aux préceptes de l’islam et le dénigrement aux prophètes. Ce qui est grave est que la presse a déjà condamné mon client alors que seul le juge d’instruction est habilité à qualifier ces accusations en référence à l’article 144 bis 2 pour lequel il est mis en cause, regrette-t-il.

De plus, même s’il était athée, l’athéisme n’est pas puni par la loi algérienne et ce n’est pas un crime.» Pour rappel, Rachid Faudil est un facebooker qui « intervient» sur une page facebook arabophone, baptisée : « L’islam en dialecte algérien». Selon ses amis facebookeurs, joints par El Watan Week-end, Rachid n’a fait que proposer la « traduction du Coran à la langue algérienne», comme il l’a été déjà fait pour les autres langues. « Est-ce un crime ?» s’interrogent-ils. « Rachid critique toutes les religions monothéistes et même les autres.

C’est absurde de l’accuser d’appartenance à un réseau international ou de prosélytisme au profit du christianisme. C’est un mensonge», précise, sous l’anonymat, une de ses amies sur facebook. Selon l’avocat, la page facebook en question a été bloquée pour les besoins de l’enquête. « L’affaire suit son cours et ne demande pas toute cette amplification, insiste-t-il.

J’ai fait appel à la décision de sa mise en détention provisoire même si je pense qu’elle est dans l’intérêt de mon client. Nous vivons dans une société violente. Et vu qu’il est déjà condamné par la presse, il risquerait des représailles dans sa région conservatiste.» Me Bakouri Amiroche souligne, que Rachid Faudil sera entendu par le juge d’instruction, dans une audition de fond, ce 22 juin à Sidi Aïssa. L’objectif étant, selon lui, d’approfondir l’instruction. L’audience n’est pas encore programmée. Lire la suite

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