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Conférence sur l’histoire au SILA : 1956, l’année charnière

Publié le 05/11/2016, par dans Non classé.

An III de la Révolution. Victoire de la SFIO en France, attentats à Alger, grève de l’UGMEA, Congrès de la Soummam, le rappel des réservistes, etc. L’historienne Malika Rahal est revenue, mardi lors d’une conférence organisée au SILA sous le titre « 1956, année charnière de la Révolution algérienne», sur le contexte de cette année, qui a débuté par la victoire du Front républicain (SFIO, radicaux).
Le secrétaire général de la SFIO, Guy Mollet, qui sera vite confronté aux ultras de l’Algérie française lors de la « journée des tomates» à Alger, a favorisé, rappelle Malika Rahal, « l’aggravation de la guerre». Cet épisode « rendra visibles les contradictions de la gauche française» qui a voté les pouvoirs spéciaux et renforcé l’effectif militaire déployé avec l’appel du contingent. Selon l’auteure de l’excellente biographie de Ali Boumendjel (Barzakh), l’année 1956 permettra l’intensification de la guerre.

« En 1954, la guerre n’a pas lieu partout, tout le temps et avec la même intensité. En 1956, elle s’intensifiera très nettement, notamment dans les villes, avec l’utilisation des attentats à la fois subis par les Algériens, et la stratégie du FLN de porter les attentats dans les villes. 1956 pour les Algériens, c’est le passage à la guerre totale. Le FLN gagne à lui la majorité des forces politiques. Il devient hégémonique», explique Malika Rahal. L’historien Amar Mohamd Amer, qui parle d’une « année par excellence», s’est intéressé au processus de maturation et de consolidation des structures du FLN, notamment par l’organisation du Congrès de la Soummam (20 août), « seul et unique rassemblement organisé à l’intérieur auquel ont participé la quasi-totalité des chefs militaires et politiques».

« Cette année est importante parce qu’elle continue l’année 1955 où le FLN s’ouvre à ce qu’on appelle aujourd’hui les compétences puisées dans le vivier et la matrice du Mouvement national. A partir de 1956, le FLN va s’émanciper en ayant pour objectif l’internationalisation du combat qui se fera à travers une diplomatie démonstrative, de guerre», poursuit le chercheur et responsable au Crasc.

Amar Mohamd Amer estime que cette effervescence est à mettre à l’actif d’un acteur important de cette séquence historique : Abane Ramdane qui va réussir « à faire muer le FLN, à le transformer, à l’ouvrir et à le consolider». Même conclusion de Mohamed El Corso, qui fera remarquer que l’année 1956 verra la révélation de ce personnage qui « va théoriser la Révolution». Rabah Lounici, chercheur en histoire, rappelle lui aussi l’apport de ce personnage, sorti de prison en 1955.

« A ce moment-là, une nouvelle direction composée du triumvirat Abane, Krim et Ouamrane a émergé. Cela a précédé l’organisation du Congrès de la Soummam qui a mis en place le premier noyau d’un Etat national. Le groupe Ben Bella-Mahsas s’est opposé à la direction qui a été mise en place par Congrès, dont il conteste la légitimité», signale Lounici. Il rappelle les critiques adressées par Ben Bella aux congressistes (absences des Aurès et de la direction de l’extérieur, etc.). Selon Lounici, l’ancien dirigeant de l’Organisation spéciale du PPA, qui sera enlevé avec quatre de ses compagnons lors de l’arraisonnement de leur avion (24 octobre 1956), est « marqué par l’expérience de Gamal Abdel Nasser en conflit face aux Frères musulmans» en refusant, lui-même, l’intégration au FLN des anciens dirigeants nationaux à l’instar des oulémas, dont il a approché au Caire le premier responsable Bachir El Ibrahimi, « mais sans succès».

« Ben Bella a accusé Abane d’être un ‘‘houdhaibiste », en référence à un dirigeant des Frères musulmans», s’étonne le conférencier qui évoquera l’apport important de l’alter-ego de l’ancien membre de l’OS, Larbi Ben M’hidi, « El Hakim» (le sage). Apportant la contradiction à ses collègues, M. Abbas estime que Abane a fait asseoir sa force sur deux « postulats» (référence aux deux principes du congrès d’août 1956 ; primauté du politique sur le militaire et de l’intérieur sur l’extérieur), « son pouvoir (Abane, ndlr) sera nul après son départ de l’Algérie puisqu’il n’a pas tenu compte des forces en présence et n’avait pas de marge de manœuvres.

Il perdra ses soutiens, Krim et Ouamrane, et n’aura à ses côtés que le colonel Sadek (Slimane Dehiles) lors du congrès d’août 1957 au Caire», tranche le chercheur. La conférence modérée par l’excellent Noureddine Azzouz, directeur de Reporters, a vu la participation de l’avocate du FLN, Marie-Claude Radzievsky, qui a rappelé avec émotion ses plaidoyers en faveur de plus de 300 jeunes militants du FLN, dont une partie condamnée à mort. Lire la suite

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