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Comprendre l’innovation

Publié le 24/11/2016, par dans Non classé.

Il est important de comprendre que l’innovation est intrinsèquement mondialisée, car pour être innovante, une idée ou un produit doit faire référence à la base mondiale des brevets ou éventuellement l’état de l’art.
De ce fait, le processus d’innovation en Algérie pour être efficace ne peut pas être endogène, les idées qui émanent des Algériens doivent impérativement s’articuler sur l’état de l’art au niveau mondial. Il est à noter que la compétitivité mondiale d’un pays se quantifie entre autres par le nombre de brevets déposés par habitant. Sur le classement mondial de 2015, l’Algérie se trouve à la « 113e place mondiale sur 128 pays étudiés.

Mais notre pays est distancé par ses voisins marocain et tunisien. En effet, le Maroc, qui a progressé de six places par rapport à 2015, arrive en tête des pays d’Afrique du Nord, suivi de la Tunisie (77e) et de l’Egypte (107e). Les Emirats arabes unis (41e) arrivent en tête des pays arabes, suivi de l’Arabie Saoudite (49e), le Qatar (50e) et Bahreïn (57e). L’Afrique du Sud (54e) arrive en tête des pays africains». (source TSA)

Je trouve ce classement de l’Algérie faussé par la réalité, car si on intègre la double nationalité des Algériens, le score de l’Algérie s’en trouverait meilleur. En effet, en ce qui me concerne personnellement, j’ai, depuis 1990, déposé et obtenu plus de 37 brevets dans les TIC, le dernier en date m’a été délivré aux Etats-Unis, Europe et Chine sous le numéro WO2010034957 A3 « Flexible strap having embedded RFID reader antenna modules».

Ce dernier brevet a été comptabilisé pour le score de la France, alors que juridiquement rien ne s’oppose à ce qu’il soit comptabilisé sur le compte de l’Algérie du fait de ma nationalité algérienne. De nombreux Algériens de par le monde déposent des brevets et l’Algérie gagnerait en compétitivité en offrant un environnement favorable au dépôt de brevets en Algérie pour tous les Algériens, quel que soit leur lieu de résidence.

Ainsi, l’Afrique du Sud avec 114 brevets déposés en 2012 se situe à la première place africaine, le bon score de la Tunisie résulte du fait que 80% des brevets qu’elle comptabilise sont déposés par des non-résidents. Le nombre de brevets est un facteur majeur de la compétitivité d’un pays et témoigne de son ouverture économique au monde. Il serait judicieux de créer un environnement propice au dépôt de brevet en Algérie. S’agissant d’un acte juridique international, l’Algérie devrait consacrer ses ressources financières pour accroître sa compétitivité. Pour information, le dépôt d’un brevet mondial dans sa phase de dépôt coûte environ 50 000 dollars pour les cinq premières années.

En ne tablant que sur 200 dépôts de brevet annuellement, il faudrait consacrer une enveloppe de 10 millions de dollars pour se retrouver à la première place africaine. Qu’il s’agisse de chercheurs ou de simple inventeurs résidents en Algérie ou à l’étranger, cet objectif de 200 brevets par an est réalisable. Pour ce faire, l’Algérie doit créer des mesures incitatives pour réintégrer au niveau national les brevets de tous les Algériens et ouvrir à tous les inventeurs des conditions très favorables de dépôt de brevets mondiaux depuis l’Algérie.

Le deuxième atout de l’Algérie est la richesse de sa jeunesse, il existe, uniquement au niveau des TIC, plus de 30 000 jeunes de niveau ingénieur par an qui ont de réelles connaissances et surtout une volonté farouche d’exercer leur métier dans les projets innovants. L’Europe a un déficit en ressources humaines dans la recherche et le développement de plus de 200 000 ingénieurs par an dans toutes les filières de l’industrie. Les pays maghrébins et particulièrement l’Algérie doivent tirer profit de ce constat et créer toutes les conditions d’un partenariat gagnant-gagnant en coopérant dans des projets d’innovation européens (…)

Ainsi, le capital humain en Algérie existe et la jeunesse algérienne est volontaire et décidée à s’impliquer dans cette mondialisation qu’il faut admettre et intégrer sans aucun complexe (…). Au lieu de diviser, l’innovation en Algérie doit fédérer toutes les ressources algériennes, quel que soit son lieu de résidence, que l’on vive à Marseille ou à Adrar, nous devons tous contribuer à créer ces richesse qui garantiront à la jeunesse un développement durable hors hydrocarbures.

L’internet des objets, l’agriculture intelligente, la logistique, les smart cities, le stress hydrique, le désert intelligent et d’autres sujets sont à imaginer et développer en Algérie en fédérant la jeunesse, l’état, et le privé pour créer un environnement de créativité et de confiance indispensable au XXIe siècle. Extrait d’une contribution de Bahou Azzedine, ingénieur électronicien établi à Marseille

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