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Comment Chakib Khelil s’est retrouvé à la zaouia El Merzouguia

Publié le 08/04/2016, par dans Non classé.

La visite de Chakib Khelil à la zaouia de Benhar à Djelfa, le 1er avril dernier, après son retour au pays, a créé une onde de choc. La zaouia El Merzouguia qui l’a invité veut se défendre des accusations de « blanchiment» de celui dont le nom reste lié au scandale Sonatrach. Reportage.
« Ce n’est pas la première fois que Chakib Khelil vient dans notre région. En avril 2004, en tant que ministre de l’Energie, il s’était rendu à Benhar (commune Djelfa). Alors, dès que nous avons appris son retour en Algérie, nous lui avons adressé une invitation à laquelle il a favorablement répondu. Donc, c’est nous qui avons pris l’initiative dans l’objectif de l’honorer et de lui rendre la place qu’il mérite dans son propre pays. C’est une personnalité algérienne d’excellence, aux compétences mondialement avérées.

De ce fait, nous avons jugé nécessaire de le décorer.» Abdelkader Bessine, 33 ans, diplômé de la faculté des sciences politiques et de la communication (ITFC) en 2004, préside depuis 2012 l’organisation nationale des zaouias. Il est aussi le fils du cheikh Rabah, responsable de la zaouia El Merzouguia à Benhar, au nord de la wilaya Djelfa.

El Watan Week-end l’a rencontré chez lui, dans le salon d’honneur qui a accueilli Chakib Khelil le 1er avril dernier. « A ma connaissance, il n’existe aucun dossier impliquant Chakib Khelil dans toutes les affaires de corruption auxquelles son nom est associé, se justifie-t-il. Je reste convaincu qu’il est innocent et victime d’un acharnement médiatique démesuré. Je ne comprends pas pourquoi ils s’attaquent à lui sans pour autant présenter de preuves tangibles.» Mais à Djelfa, la nouvelle de la visite la semaine dernière de Chakib Khelil à la zaouia de Sidi Mohamed Ben Merzoug, d’où il avait fait son come-back médiatique, a choqué les habitants. Ceux que nous avons rencontrés dans les rues de cette ville des Hauts-Plateaux disent vouloir « se démarquer» de cette initiative. « Il existe des opportunistes dans toutes les wilayas.

Ces gens-là ne cherchent qu’à se positionner, faisant tout pour s’approcher des sphères du pouvoir, accuse Rachid Bettache, 33 ans, avocat et responsable du bureau du parti d’Ennahda à Djelfa. Mais si Chakib Khelil a voulu se refaire une réputation à partir de Djelfa, l’erreur ne revient qu’à celui qui l’a invité et reçu.» « L’ex-ministre de l’Energie a tout à fait le droit de retourner chez lui. Néanmoins, il devait être présenté, dès son arrivée, devant la justice. Donc, son retour de cette façon est une atteinte claire aux lois de la République. Nous sommes contre l’impunité, et de ce fait nous ne pouvons que nous opposer à sa visite dans notre région», ajoute M. Bettache.

Pots-de-vin

Après avoir quitté le pays dans la précipitation et refusé de répondre, en tant que témoin, aux convocations de la justice, l’ex-ministre de l’Energie a donc été accueilli par le wali comme si de rien n’était à l’aéroport d’Oran, le 17 mars dernier. L’ex-procureur général de la cour d’Alger, Belkacem Zeghmati, avait expliqué dans sa conférence de presse tenue en août 2013 que « Chakib Khelil était impliqué dans des affaires de corruption et de blanchiment de fonds, dans des transactions douteuses. Des révélations contenues dans des commissions rogatoires émises par plusieurs pays dont l’Italie».

Ce sont ces mêmes faits commis, selon Zeghmati, entre 2011 et 2013, qui ont motivé le mandat d’arrêt lancé contre « lui, sa femme, ses deux enfants, Farid Bedjaoui et quatre autres Algériens». Des noms qui ont également été cités dans l’affaire Sonatrach 2 dont l’enquête a été réalisée en 2007 par le nouveau service de la police judiciaire du DRS. Quant à la justice italienne, elle avait indiqué que « des pots-de-vin d’un montant de 198 millions d’euros ont été versés par l’entreprise italienne Saipem à Farid Bedjaoui, présenté comme l’homme de confiance de Chakib Khelil.

En contrepartie, Saipem avait obtenu de Sonatrach, entre 2007 et 2009, des contrats d’un montant de 11 milliards de dollars». Des faits qui ont été confirmés par l’avocat de Farid Bedjaoui, Me Emmanuel Marsigny, qui a qualifié la transaction de « rémunération naturelle» qui se fait normalement, selon lui, dans le monde de l’intermédiation. Ces scandales ont même suscité la réaction du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui, dans une déclaration lue en son nom, avait appelé la justice algérienne « à appliquer avec rigueur et fermeté les sanctions prévues par la législation», une justice à laquelle le Président faisait « totale confiance».

DRS

Sauf que Chakib Khelil avait réussi à quitter le pays via l’aéroport d’Oran alors qu’un mandat d’arrêt était toujours lancé contre lui. Ce dernier n’a pas tardé à être annulé par la chambre d’accusation, en décembre 2013, pour vice de forme, jugeant « qu’un ministre ne peut être poursuivi ou entendu que par un juge de la Cour suprême». Puis est arrivé le temps de la liquidation du staff qui a formulé l’accusation. Cette phase a été marquée premièrement par le remplacement de l’ex-ministre de la Justice, Mohamed Charfi, puis la dissolution du service de la police judiciaire du DRS, et enfin le limogeage du procureur général, Belkacem Zeghmanti, qui était derrière le mandat d’arrêt lancé contre l’ex-ministre de l’Energie.

Aujourd’hui, la justice à laquelle faisait confiance le président de la République est remise en cause par son chef de cabinet, Ahmed Ouyahia, qui assure qu’elle avait été finalement « forcée à accuser Chakib Khelil». Amar Saadani avait affirmé, quant à lui, que le dossier avait été préfabriqué par le DRS. Il a même appelé au retour de Chakib Khelil qui demeure, selon lui, « un homme intègre, un innocent qui doit être rétabli». Sauf qu’entre-temps, un nouveau scandale avait éclaté quelques jours plus tard avant celui de « Panama Papers». L’affaire a été révélée par deux médias étrangers, le Huffington Post américain et The Age australien.

Selon ces derniers, les deux géants Samsung et Hyundai auraient versé des pots-de-vin d’un montant de 750 000 dollars à de hauts cadres et dirigeants de la Sonatrach pour l’obtention, entre 2007 et 2010, de contrats de rénovation des deux raffineries, celle d’Arzew accordée à Hyundai en 2008, et celle de Skikda Lire la suite

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