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Clientélisme, tribalisme et… puissance du capital

Publié le 22/02/2017, par dans Non classé.

L’intrusion de l’argent sale dans le jeu électoral n’est plus un secret à Tébessa. Le phénomène s’ajoute au clientélisme et au tribalisme pour former désormais un triptyque gagnant, seules voies connues pour accéder au sésame.
Imposant par conséquent une médiocrité des puissants hommes d’affaires et d’importantes tribus qui fonctionnent, selon la logique archaïque illustrée par ce vieux dicton de chez nous : « Notre âne vaut mieux que le cheval des autres.» Cette logique n’a concerné dans un premier temps que les listes indépendantes avant que la contagion ne gagne les partis politiques traditionnels, laminant ainsi les formations à petits budgets et les candidats émergeant avec de nouveaux programmes.

Samedi dernier, le Rassemblement national démocratique (RND) a rendu publique sa liste électorale à Tébessa, avec à sa tête le coordinateur de la wilaya, Ahmed Menaï, un homme d’affaires. Ce choix, apprécié par certains, n’a pas fait l’unanimité au sein de la formation de Ouyahia au niveau local, notamment les militants qui avaient misé sur Hama Ali Saadi, l’ex-coordinateur et sénateur du parti à Tébessa. Menaï a voulu mettre devant le fait accompli les tribus du sud de la wilaya dont il est issu pour casser son rival de toujours, le FLN.

Avant cela, HMS avait confirmé la tendance en annonçant son cheval de bataille, un autre homme d’affaires méconnu à Tébessa, en l’occurrence Attia Mohamed-Laïd. Pour les autres bannières politiques, rien n’est encore annoncé et la plupart préfèrent attendre de connaître la liste du FLN, notamment dans l’espoir de récupérer les « recalés» de la liste du vieux parti et ceux du RND.

Djemaï sur une corde raide

Il va falloir attendre le 4 mars prochain pour connaître la liste électorale du FLN. On parlait déjà de Mounia Meslem, ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition féminine comme tête de liste à Tébessa, mais l’information n’est pas confirmée. La mouhafadha locale, quant à elle, a fait parvenir à la commission nationale des candidatures, au début du mois courant, une liste préliminaire comportant 86 dossiers de candidature, à leur tête Mohamed Djemaï, propriétaire d’Essalem Electronics, une usine de montage d’appareils électroménagers, dont une partie se trouve à Tébessa. Depuis, l’ex-président du groupe parlementaire du FLN fait feu de tout bois pour sauver son trône. Mohamed Djemaï, avec ses 15 ans de présence ininterrompue au sein de l’APN, détient le record de la plus longue carrière de député à Tébessa.

Cela dit, cet homme d’affaires, qui veut briguer un 4e mandat parlementaire, se trouve, selon un professeur en sciences politiques ayant requis l’anonymat, sur une corde raide. Notre interlocuteur explique qu’après la chute de Saadani et avant lui, Belkhadem, deux amis proches de Djemaï, ce dernier risque de perdre ses avantages, chose que Djemaï n’acceptera jamais, et du coup, il pourrait opter pour une liste indépendante ou migrer vers une autre formation politique.

La désignation en janvier dernier de Lagraa Rebaï, infirmier de son état, au poste de mouhafedh du FLN à Tébessa, en remplacement du député Sebti El Ouafi, par le secrétaire national du Front de libération nationale, Djamal Ould Abbès, continue de provoquer de sérieuses secousses au sein du parti.

Les mécontents mettent en cause Mohamed Djemaï, soupçonné d’être derrière cette décision, qualifiée de « mascarade», dans un communiqué dont El watan détient une copie. Un fait qui déclenche la zizanie au sein de la base militante du vieux parti qui partira sans doute aux législatives prochaines en rangs dispersés.

Une divergence qui pourrait bénéficier à son rival de toujours, le RND. Ajouté à cela le mécontentement exprimé par la deuxième grande tribu de la wilaya, les Ouled Sidi Yahia, qui s’est dite marginalisée par les deux plus grands partis politiques, le RND et le FLN. La semaine dernière, plus de 300 personnes, parmi lesquelles des universitaires, des commerçants et des notables de la tribu, se sont réunies avant de prendre la décision d’aller aux législatives de mai 2017 avec une liste électorale indépendante. Une décision qui chamboulera tout pronostic, si l’on sait que cette tribu compte plus de 70 000 votants.
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