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Chers députés, on ne vous connaît pas !

Publié le 07/04/2017, par dans Non classé.

Souvent médiatisés mais peu connus, les parlementaires qui arrivent à la fin de l’actuel mandat n’étaient finalement pas proches de ceux qu’ils étaient censés représenter. El Watan Week-end a donné la parole à ceux qui les ont élus.
« Je ne connais aucun député hormis Tahar Missoum. Et si je le connais, ce n’est pas forcement pour les bonnes raisons. C’est juste quelqu’un qui a fait le buzz à un moment donné. Son intervention face à Amara Benyounes avait fait le tour des réseaux sociaux. Etant issue de la génération 2.0, je ne pouvais pas passer à côté de ça».

Yasmine, une Algéroise de 24 ans, avoue ne connaître aucun élu de sa ville. « Pour ne rien vous cacher, même le maire de ma commune je ne le connais pas. Comment voulez-vous que je connaisse les députés ?», s’interroge-t-elle. « Ils sont nos élus, mais on ne les voit jamais, sauf en période de campagne», conclut-elle. Yasmine n’est pas un cas à part. Nombreux sont ceux qui ne connaissent pas leurs députés.

Sana, une autre Algéroise de 28 ans abonde dans le même sens. Elle explique : « Dans les pays développés, les députés font du porte-à-porte afin de se faire connaître auprès de leurs électeurs. Ils s’intéressent à leurs problèmes et préoccupations et promettent d’apporter un changement une fois élus. Malheureusement cela n’est pas le cas chez nous. La majorité des Algériens ne connaissent pas leurs députés. Ces derniers sont difficilement approchés, voire pas du tout. Ils sont élus grâce au peuple.

Une fois cette étape franchie, ils oublient d’où ils viennent et ne cherchent à défendre que leurs propres intérêts.» Cette dernière assure n’avoir jamais voté : « Je n’ai même pas la carte d’électeur. Je ne vois pas l’utilité de voter. Qu’est-ce-que je gagne hormis un pouce recouvert d’encre ? Rien, donc, je préfère m’abstenir», conclut-elle. A deux jours avant le début de la campagne électorale afin d’élire les nouveaux députés, les citoyens ne connaissent même pas ceux qui les ont « représentés» ces cinq dernières années.

Homme d’affaires

Cette situation ne surprend pas la politologue Louisa Dris Aït Hammadouche, qui affirme : « Si vous suggérez qu’ils connaissent leur profil professionnel, leur programme politique et leur discours idéologique avec suffisamment de détails pour créer la proximité nécessaire entre un élu et les habitants de sa circonscription, la réponse est rarement oui. En fait, les citoyens d’une circonscription peuvent connaître un député en raison de son statut antérieur : ministre, notable, homme d’affaires, personnage public,… Hormis l’existence de ce statut préalable, les critères que j’ai cités plus haut sont rarement remplis».

L’experte va plus loin et soutient : « En revanche, si par votre question vous faites allusion à l’existence d’une perception générale et claire des députés, la réponse est oui et cette perception est très mauvaise. Tous les sondages effectués sur le sujet, tels que Arab Baromètre ou Afric-Baromètre montrent clairement que la majorité des Algériens ont une mauvaise opinion de leur parlement et de leurs députés.

C’est une constante qui se confirme années après année avec en filigrane une crise de confiance qui s’aggrave.» Cette situation n’est pas propre au Centre. A Bouira, les neuf (09) élus, siégeant dans l’hémicycle de l’Assemblée populaire nationale, (APN) sont méconnus. « Je ne les connais pas tous», dit Rabah, la soixantaine passée, propriétaire d’une cafète dans le centre- ville, motivant ses propos par le fait que ces élus « ne fréquentent plus les lieux publics». Notre interlocuteur nous donne un exemple d’un député, élu sur la liste FLN.

Chaîne TV

Il témoigne : « Avant son élection, il prenait toujours son petit-déjeuner chez nous, mais depuis l’annonce des résultats du scrutin de 2012, nous n’avons aucun signe de lui. Il avait d’abord procédé au changement de son numéro de téléphone et même son lieu de résidence. Pourtant ils sont censés nous représenter à l’APN» a-t-il ajouté. Plusieurs citoyens partagent le même avis. Pour eux, les élus doivent prendre à bras-le-corps les doléances des citoyens. « La seule fois que j’ai vu un député c’est sur plateau d’une chaîne TV», dit un autre. D’autres personnes interrogées, ont avoué ne pas connaître, ni le nombre exact des élus de la wilaya, ni leurs noms.

Certes, à l’instar de la majorité des wilayas du pays, des parlementaires se déplacent rarement, pour rencontrer leurs « électeurs». En revanche, le mode opératoire de « nos parlementaires» n’a pas changé. Ces derniers préfèrent côtoyer les commis de l’Etat, et ils ne ratent aucune occasion de marquer leur présence à l’annonce de la venue d’un membre du gouvernement, note un confrère.

Le même avis est partagé par d’autres citoyens. « Nous avons sollicité leur intervention afin de régler un problème de logement, notre demande n’a jamais connu de suite», regrettent des souscripteurs d’un programme de logement. Les personnes élues sur des listes de partis au pouvoir comme le FLN (4 sièges), et le RND (3), tout comme le FFS (2), ayant échoué dans leur mission, ont « sans scrupule» tenté d’y revenir pour briguer un autre mandat.

Pêche

« On ne va pas voter pour une personne qui depuis son élection, n’a jamais mis les pieds dans notre quartier», dit sur un ton coléreux un jeune de la cité Ecotec. Préoccupés par d’autres affaires, rares sont ceux qui se présentent même à l’APN. Néanmoins, et pour donner un semblant de légitimité à leurs ambitions politiques, des élus « instrumentalisés», ont sauté sur l’occasion, en déversant leur haine « gratuitement», sur la personne de l’homme d’affaires, l’industriel Issad Rebrab.

Cela s’est passé sur un plateau d’une chaîne TV privée. Côtoyer durant tout le mandat les « jeeps» d’un wali de la République était la voix choisie par ces « pseudos élus». En guise de récompense pour « service rendu à l’administration», les pouvoirs publics ont désigné une ex-parlementaire récompensé pour services rendus, pour qu’il soit à la tête de commission permanente de la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE) de la wilaya de Bouira. Même constat pour l’Oranie.

D’emblée, Abdeslem A., la soixantaine, tient à déclarer : « Je ne les connais pas et je ne les aime pas, et je me fiche royalement de Lire la suite

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