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Chérif Belkacem, le «deuxième homme»

Publié le 10/10/2016, par dans Non classé.

Ce livre aurait pu s’intituler Chérif Belkacem, Le Politique. Il en est le principal acteur. Nous devions d’ailleurs rédiger un ouvrage en commun, mais les événements qu’a connus l’Algérie nous ont souvent éloignés du sujet principal (…) ensuite la maladie, puis la mort subite ont mis fin au projet. Il en est resté tout de même des questionnements enregistrés et des notes, deux documents qu’il m’a remis et autorisé à publier, permettant de comprendre la « philosophie politique» du personnage que beaucoup ne connaissent que par les rumeurs distillées par ses ennemis politiques, une fois consommée la rupture avec le système Boumediène.

Il était alors facile pour un groupuscule auquel il faisait de l’ombre – même hors du système – de déployer tout son « génie» de la politique. Acteur politique de premier plan depuis le conflit ayant opposé l’EMG et le GPRA, puis l’été 1962, et enfin dans la préparation et l’exécution du coup d’Etat du 19 juin 1965, Chérif Belkacem a été ministre de l’Orientation nationale sous la présidence Ben Bella incluant l’Education nationale, l’Information et la Culture. Après le coup d’Etat, il est responsable du parti, puis ministre des Finances et du Plan, et enfin ministre d’Etat président du CNES. La force de Si Djamal est sa liberté de dire.

Depuis qu’il a quitté le pouvoir en 1974, il ne s’est inscrit dans aucun parti, aucune bande, aucun groupe d’opposition. Il ne doutait pas de son identité, que ce soit autant au plan symbolique que politique, n’était prisonnier d’aucune « affaire», bien qu’après son retrait en 1974, des rumeurs malveillantes aient été savamment propagées par ses ennemis politiques résidus du groupe d’Oujda. Il assumait sereinement ses origines chaouies du côté paternel, d’Oum El Bouaghi précisément, dans l’Est de l’Algérie, la tribu des Chérif, et de sa mère marocaine, bédouine –, précisait-il toujours.

Orphelin de père dès l’âge de six ans, il s’est fait tout seul. Militant d’abord dans le mouvement national marocain d’indépendance lorsqu’il était étudiant, il rejoignit le FLN par la suite, et dès 1957 il fut affecté en zone une (1) de la wilaya V. Sa rupture politique avec le président Boumediène en 1974 était définitive et il s’était interdit de revenir aux « affaires» malgré les pressions. Commencèrent alors à sourdre les rumeurs, plus infâmes les unes que les autres, évidemment invérifiables, suivies des trahisons des « amis». Il s’était réfugié dans sa maison « d’Alger Plage» où, me disait-il, « on m’a tué tout en étant vivant», faisant référence à la mort de son ami Ahmed Medeghri. Lire la suite

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