formats

«Chakib Khelil a tout fait endosser au PDG de Sonatrach»

Publié le 06/01/2016, par dans Non classé.

Acculés, les accusés sont tantôt perdus, tantôt confondus par des réponses parfois contradictoires.Belkacem Boumedienne affirme que Chakib Khelil lui a déclaré à propos de Mohamed Meziane qu’il doit « assumer ses responsabilités».
Les questions des avocats et du parquet général se sont poursuivies hier au tribunal criminel d’Alger où se tient le procès de l’affaire Sonatrach 1. Me Zouakou, agent judiciaire du Trésor, demande pourquoi avoir procédé au lotissement des marchés de télésurveillance. « C’est la commission des marchés qui a fait la proposition. Cela entre dans le cadre de la stratégie de Sonatrach», répond Boumedienne. Selon lui, le plus important lot a été accordé à Siemens et non pas à Contel-Funkwerk.

Le juge : « Contel était-elle la plus chère par rapport aux autres ?» L’accusé confirme et précise que la hausse était de 40% par rapport aux autres offres. Me Zouakou : « Pourquoi avoir décidé de négocier une baisse de 15% des prix et non pas plus ?» L’accusé : « Le taux de 15% de baisse a été décidé par moi en tant que vice-président et par le PDG. La perception de Sonatrach est d’analyser les offres. Nous maîtrisons la construction, mais pas le procurment et l’ingeneering. Nous nous fions à notre instinct.

Le partenaire dit que c’est la technologie qui dicte le prix…» A propos du choix du gré à gré, Belkacem Boumedienne est formel : « C’est une procédure légale. Si nous avions opté pour une large consultation nous aurions perdu beaucoup de temps alors qu’il y avait urgence pour sécuriser les installations.» Et de préciser : « Sonatrach a lancé quelques 5000 avis d’appel d’offres qui se sont avérés infructueux. Il fallait revoir les procédures.» Boumedienne revient sur l’organisation de l’Amont, révélant que Mustapha Hassani, qui avait déclaré n’avoir fait que signer, « a sous ses ordres dix régions. Il est le maître de l’ouvrage. Il a le pouvoir de refuser».

Me Abdelmadjid Sellini veut savoir si le gré à gré est exceptionnel ou une pratique généralisée, et l’accusé révèle qu' »il y a eu au moins un millier de gré à gré. Pour le carburant par exemple, nous sommes passés par un avis d’appel d’offres alors que c’est un produit de monopole. Nous étions presque en infraction. Je veux dire qu’à la base ce sont des consultations qui peuvent devenir un gré à gré. Lorsqu’il y a eu l’acccident de Skikda, les responsables savaient qu’il s’agissait d’un incident très grave.

Lorsqu’il y a eu l’attaque de Rhourd Ennous, les autorités savaient que derrière il y avait quelque chose d’extrêmement grave. Lorsqu’il y a eu Tiguentourine, nous étions loin de la période des années du terrorisme». Sur la classification de Contel, il déclare que « le rapport de la commission des marchés l’a placé à la première position. Je sais que Funkwerk est fabriquant». L’avocat : « Mais ce n’est pas Funkwerk qui a soumissioné…» L’accusé : « C’est groupement algéro-allemand Contel faisait de la prestation de service.»

Les graves remontrances de Siemens à Sonatrach

Interrogé sur la délégation de signature donnée à Mustapha Hassani, l’accusé affirme que ce dernier avait le « pouvoir» de refuser d’apposer sa signature. L’avocat rebondit : « Vous êtes nommé par décret présidentiel, donc vous aussi vous pouviez refuser d’exécuter les ordres du PDG ou du ministre, puisque vous vous référez uniquement au président…» L’accusé : « Je ne peux pas refuser les deux ordres du ministre et du PDG. Lorsque je vois que quelque chose ne va pas, je peux en discuter.» Des propos qui ne cadrent pas ce qu’il avait affirmé lors de l’audition, où il a dit ne pas pouvoir s’opposer au ministre.

Le juge : « Voulez-vous dire que ces ordres étaient légaux ?» L’accusé acquiesce. Les retards enregistrés par Contel, Boumedienne les impute à Sonatrach. L’avocat : « Et les pénalités que vous aviez appliqué sur elles, comment les interpréter ?» L’accusé se perd. « Si elles existent, la responsabilité de Sonatrach est dégagée», dit-il. A une question du procureur général sur le recours à un comité de cadres chargés d’étudier le marché, Boumedienne reconnaît que l’idée est bonne, « mais elle ne pouvait être appliquée en raison de l’urgence liée à l’impératif sécuritaire».

A propos des graves remontrances de Siemens contre la commission des marchés de Sonatrach, contenues dans une lettre où la société allemande conteste le lotissement des marchés en disant qu’il lui revenait de droit, que le procureur général qualifie de « honteuses», Boumedienne déclare : « Nous étions dans une naissance de consultation pour 984 sites à sécuriser. Sonatrach a décidé de partager le marché entre les partenaires et par région, sur la base de critères commerciaux, techniques et politiques.» Le procureur général : « Siemens ne s’est pas retiré. Elle vous a dit que lorsque vous travaillerez dans les normes, elle reviendrait.» L’accusé persiste à affirmer qu’il ignorait l’existence de cette lettre. « On m’a dit qu’elle s’est retirée parce qu’elle voulait prendre tous les marchés», indique t-il.

Me Miloud Brahimi demande à l’accusé ce qu’il fait en prison. Boumedienne répond : « Je voudrais que Al Smaïl et Meziane Mohamed Réda, avec lesquels j’ai été confronté, racontent ce qui s’est passé devant le juge.» Le président appelle les concernés. Mohamed Réda : « Le juge m’a demandé si j’ai été voir Boumedienne dans son bureau. J’ai dit non, mais il faut voir avec Al Smaïl. Il m’a demandé de partir.» Al Smaïl : « Le juge m’a dit ‘connaissez-vous cette personne ?’ J’ai dit oui, c’est Belkacem Boumedienne. Il m’a demandé de sortir.» Belkacem Boumedienne : « Après la réponse de Al Smaïl, le juge m’a dit ‘je vous place sous mandat de dépôt’. Je ne sais même pas pourquoi.»

Me Attef demande des explications sur la rencontre de l’accusé avec les agents du DRS. Il répond : »Ils m’ont donné huit informations, mais je me limite à deux qui sont liées au dossier. Ils m’ont dit que j’avais un gros problème. Les enfants Meziane sont liés au marché de telésurveillance. J’ai répondu que je dois voir avec le conseil d’administration et le service juridique. Ils m’ont dit d’aller vérifier. Le service juridique m’a confirmé l’existence de Meziane, mais sans pour autant Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé «Chakib Khelil a tout fait endosser au PDG de Sonatrach»
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair