formats

«Chakib Khelil a assumé sa responsabilité dans les contrats de télésurveillance»

Publié le 02/01/2016, par dans Non classé.

Le tribunal criminel d’Alger a entendu, jeudi dernier, l’ex-vice président Belkacem Boumedienne et l’ex-directeur de la division production qui se sont échangés les accusations. Boumedienne affirme que le PDG, Mohamed Meziane, se référait dans toutes ses décisions à l’avis du ministre. Il avoue avoir été chargé par les agents du DRS d’informer Chakib Khelil des contrats avec Contel auxquels sont liés les enfants du PDG. Le ministre lui a répondu qu’il assumait toute sa responsabilité dans la stratégie de Sonatrach et dans les contrats de télésurveillance…
Le procès Sonatrach 1 a repris jeudi dernier au tribunal criminel d’Alger avec la poursuite des auditions. Mais avant, le président a annoncé la suspension de l’audience durant l’après-midi pour « permettre à l’assistance de rendre hommage» au défunt Hocine Aït Ahmed, leader du FFS. Il appelle à la barre Mustapha Hassani, directeur de la division production de l’activité Amont à Sonatrach. Il avait signé quatre des cinq contrats de télésurveillance octroyés de gré à gré à la société Contel Funkwerk pour équiper « en urgence» les installations de Hassi Messaoud. Il doit répondre de deux chefs d’accusation : « passation de marché en violation avec la réglementation, et participation à dilapidation de deniers publics». Il nie en bloc et ne cesse de répéter depuis la veille qu’il n’avait fait qu’apposer sa signature sur les contrats qu’il avait reçus fin prêts.

Le juge : « Vous dites qu’il y avait urgence, alors que l’étude du projet a pris plus d’une année». L’accusé : « La décision était déjà prise». Acculé par le président, l’accusé finit par affirmer qu’il avait saisi le vice-président de l’Amont, Belkacem Boumedienne, lui demandant l’accord préalable pour les projets de gré à gré. « Moi-même je n’aime pas le gré à gré.

La décision nous a été imposée», se défend-il. Le juge : « Vous aviez déclaré avoir signé sous la pression. Que voulez-vous dire ?». L’accusé : « C’était l’empressement du PDG à faire signer les contrats». Le juge : « Vous a-t-il contacté ?» L’accusé : « Avant que le premier contrat ne soit signé, il m’a demandé de prendre part à la délégation qui s’est déplacée à Hassi Messaoud pour la présentation des installations par Contel Funkwerk et à laquelle lui était présent avec le vice-président. Après la visite, il m’a demandé ce que j’attendais pour signer le contrat. C’est de cette pression que je voulais parler.»

Le juge : « Est-il vrai que lors de l’ouverture des offres commerciales, vous aviez remarqué une exagération dans les prix ?» L’accusé : « Je n’ai pas assisté à l’ouverture des offres. Je n’étais même pas au courant. C’était bien après, lors d’une réunion de négociation, le 2 janvier 2007. J’ai eu un tableau comparatif et j’ai constaté les écarts.» Le juge lui demande : « Vous aviez déclaré que c’est le vice-président Amont, Belkacem Boumedienne, qui a donné des instructions pour que les marchés ne soient pas publiés dans le Baosem…». L’accusé confirme. Il ne cesse d’évoquer les « pressions» du PDG, mais nie avoir eu connaissance de la présence des enfants de Mohamed Meziane dans le statut des sociétés de Mohamed Reda Al Smaïl.

Il martèle à chaque fois qu’il n’a fait qu’apposer sa signature sur les contrats avant de céder sa place à Mustapha Cheikh, un autre cadre de la compagnie poursuivi pour les mêmes délits pour avoir signé un contrat. Selon lui, les marchés accordés à Contel Funkwerk ne représentent que « 2% de l’ensemble» des contrats accordés à la société algéro-allemande. Il dit avoir reçu une lettre transmise par le vice-président de l’activité Amont, dans laquelle il l’informait que « le marché avait été validé par le service juridique et financier, et qu’il était fin prêt pour signature».

Il s’arrête pour essuyer ses larmes. Il reprend son souffle : « J’ai reçu le dossier fin prêt…». Le juge lui demande si d’autres sociétés avaient soumissionné, et l’accusé de répondre : « J’ai su bien après qu’il y avait Vsat Siemens qui s’est retiré et Martec.» Le président : « Vous saviez que pour des montants pareils le gré à gré est illégal ?» L’accusé explique : « Au-delà de 400 millions de dinars, je dois avoir une dérogation pour signer.

Le contrat en question était de 410 millions de dinars. Je l’ai signé avec une dérogation de Belkacem Boumedienne.» Le juge : « Pourquoi ce marché n’est-il pas passé par le Baosem ? » L’accusé : « Je ne sais pas. Le projet était important. Des instructions ont été données pour le concrétiser en urgence…». L’accusé revient sur les différentes formes de procédures et qu’un règlement qui définit les conditions du gré de gré existe. Le juge : « C’est la A 48, signée par le PDG et qui a été violée». L’accusé : « Je n’ai fait que signer…».

« Le PDG ne faisait rien sans l’aval du ministre»

Le juge appelle Belkacem Boumedienne, vice-président de l’activité Amont, poursuivi les délits de « participation à association de malfaiteurs, passation de marché public en violation de la réglementation, tentative de dilapidation de deniers publics et blanchiment d’argent». Il commence par une brève présentation de sa carrière au sein de Sonatrach avant d’être nommé, en janvier 2005, vice-président, en passant par le poste de directeur de la division production.

Il se défend bien en remettant la signature des contrats dans le contexte de l’époque, marquée par la nécessité de sécuriser les installations de Sonatrach, avant le 31 décembre 2006, soit en une année seulement, ce qui pour lui était « un miracle». Il commence par lancer cette phrase : « Les 6 ans de détention m’ont permis de former des dizaines de détenus aux facultés Serkadji et Koléa (Ndlr, prisons) qui ont obtenu leurs bac et brevet d’enseignement moyen.» Puis, il revient à l’affaire. Visiblement très touché par les propos de son prédécesseur, il apporte les précisions suivantes : « Depuis 2004, chaque information liée à la sécurité est envoyée à une dizaine de destinataires. L’information sécuritaire était très fluide. Personne ne peut dire aujourd’hui qu’il n’était pas au courant.

C’est honteux qu’un cadre affirme ici qu’il ne savait rien. Moi-même j’étais au courant de tout et de toutes les instructions Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé «Chakib Khelil a assumé sa responsabilité dans les contrats de télésurveillance»
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair