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Ce que l’on sait des motivations du tueur

Publié le 17/07/2016, par dans Non classé.

L’attentat de Nice a été revendiqué hier par Daech, mais les motivations du tueur, qui semble s’être radicalisé « très rapidement», restent mystérieuses : a-t-il agi sur commande ou de sa propre initiative ?
Le groupe autoproclamé Etat islamique (EI) a affirmé que le Tunisien Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, qui a foncé jeudi soir sur la foule à la promenade des Anglais, tuant 84 personnes, était « un soldat» de cette organisation terroriste. Il a agi « en réponse aux appels lancés» par l’EI, a précisé l’agence de presse Amaq, liée à l’organisation, dans son communiqué de revendication.

Ce chauffeur-livreur de 31 ans, domicilié à Nice, « semble s’être radicalisé très rapidement», selon le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Il s’agit d' »un attentat (…) commis par des individus sensibles au message de Daech (qui) s’engagent dans des actions extrêmement violentes sans nécessairement avoir participé aux combats, sans nécessairement avoir été entraînés», a souligné le ministre.

Reste à savoir si Lahouaiej-Bouhlel a agi ou non sur ordre. « Il a pu décider de passer à l’acte tout seul, de se suicider en faisant le plus de mal possible. Un coup de folie inspiré par la propagande de l’EI», qui a appelé à plusieurs reprises « les soldats du califat» à commettre des attaques, notamment en France, avec tous les moyens disponibles, par exemple des voitures, relève une source proche de l’enquête. Avait-il un lien direct avec la mouvance radicale ?

Nice, foyer de radicalisation

La région de Nice est connue pour abriter un foyer de radicalisation islamiste sur lequel a plané l’ombre d’un des principaux recruteurs français pour le djihad, le Niçois Omar Omsen. De son vrai nom Oumar Diaby, cet ancien délinquant franco-sénégalais avait rejoint la Syrie en 2013, où il a un temps été donné pour mort, avant de réapparaître en juin, au moment du tournage d’une émission de télévision. Inconnu des services de renseignement, jamais signalé pour radicalisation, Lahouaiej-Bouhlel « était en relation avec des personnes elles-mêmes en contact avec des islamistes radicaux», a affirmé une source proche du dossier, sans préciser s’il pouvait s’agir de Oumar Diaby.

« Mais à ce stade des investigations, cela ne prouve rien» quant à d’éventuelles complicités, a-t-elle ajouté. Pour l’instant, l’épouse du tueur et quatre hommes gravitant dans son entourage, interpellés vendredi et hier à Nice, ont été placés en garde à vue. Aucun document de propagande djihadiste n’a été retrouvé à l’intérieur du camion, mais l’exploitation du matériel informatique et téléphonique retrouvé dans le véhicule et les perquisitions faites aux deux adresses connues du chauffeur devraient permettre d’en savoir davantage sur les raisons de son passage à l’acte et sur ses liens éventuels.

Un homme violent et dépressif ?

Le profil de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, principalement connu pour des faits de « violence», intrigue les enquêteurs. Son acte a été prémédité et soigneusement préparé : il a loué, trois jours avant les faits, le camion qu’il a projeté sur la foule et « a sans doute effectué des repérages pour savoir comment il allait aborder la promenade des Anglais» ultrasécurisée et en partie fermée à la circulation pour les célébrations de la fête nationale du 14 Juillet, relève la source proche du dossier.

Sa détermination à tuer un maximum de gens ce soir-là ne fait également guère de doute. Mais la présence d’armes factices dans le véhicule intrigue. A la différence de Mehdi Nemmouche, le tueur du Musée juif de Bruxelles en 2014 arrêté à Marseille avec un arsenal dans son sac, d’Amédy Coulibaly, le tueur de l’HyperCacher de la porte de Vincennes (près de Paris), ou des assaillants du 13 novembre, Lahouaiej-Bouhlel n’avait ce soir-là en sa possession qu’un pistolet de calibre 7.65 mm avec lequel il a tiré sur des policiers. L’homme, en instance de divorce et père de famille, a été décrit comme « violent» et « solitaire» par d’anciens voisins. Selon son père, il avait fait une dépression au début des années 2000 et n’avait pas de pratique religieuse affichée.
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