formats

Secteur des TIC : La 3G plonge les Algériens dans le tout-numérique

Publié le 30/12/2015, par dans Non classé.

Selon nombre d’observateurs, l’Algérie n’exploite pas le potentiel économique de l’industrie et des technologies numériques.
Que faut-il retenir de 2015 sur le plan des TIC ? Il y a eu d’abord le lancement de la 3G en Algérie après des années d’hésitation et un énième changement au niveau du secteur avec la nomination de Houda-Imane Feraoun en tant que ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, qui a eu comme priorité de susciter un dynamisme dans un secteur à la traîne.

L’économie numérique n’est malheureusement pas reconnue comme facteur de croissance, elle se heurte à un cadre réglementaire et fiscal complexe et inadapté aux besoins d’aujourd’hui de transversalité et de rapidité que demandent les technologies actuelles, notamment les télécommunications et l’internet. La 3G a-t-elle changé quelque chose ? Les avis sont partagés. « Oui, bien sûr, les besoins en services en ligne sont maintenant criants, car l’appropriation des technologies est réelle. Le citoyen veut autre chose, facebook, YouTube…

C’est bien, mais ce n’est valable qu’un temps ; il veut de l’information algérienne», commente Ali Kahlane, vice-président de CARE et ancien professeur à l’Ecole militaire polytechnique (EMP). Ainsi, selon lui, « l’Etat doit saisir cette opportunité de vaches très maigres pour lancer sa révolution numérique. Il existe trois leviers qu’il peut très facilement et rapidement mettre en place pour amorcer des changements structurels : aider toute startup en finançant l’innovation, moderniser les services publics et tout mettreen œuvre pour numériser les deux secteurs de l’enseignement et la santé».

Rappelons dans ce contexte que la numérisation des services publics peut faire économiser beaucoup d’argent à l’Etat. Une étude du gouvernement anglais sur l’efficience de la numérisation (Cabinet Office, Digital efficiency report, novembre 2012) a montré que le Royaume Uni a fait une économie de 1,7 à 1,8 million de livres par an. Le même service effectué via une technologie numérique coûte 50 fois moins cher que le service en face-à-face, 30 fois moins cher que par échange postal et 20 fois moins cher que par échange téléphonique.

Ainsi, selon nombre d’observateurs, l’Algérie n’exploite pas le potentiel économique de l’industrie et des technologies numérique. Le pays exporte moins de 1 dollar par habitant de produits et services hightech, alors que la Tunisie et le Maroc en exportent respectivement 57 dollar/habitant et 29 dollars/habitant grâce à des politiques volontaristes des développements des TIC. Ces chiffres traduisent l’écart de la contribution des TIC au PIB national. En 2012, cette contribution a été́de 4% en Algérie alors qu’elle a été respectivement de 7% et 7,6% au Maroc et en Tunisie.

On regarde aujourd’hui son téléphone/smartphone 200 à 400 fois par jour pour savoir ce qui se passe dans le monde ou autour de nous. Le sens et l’influence d’Internet est entrain de tout changer et va grandissants et rien ne pourra jamais l’arrêter. Il faut plus que jamais exploiter cette ressource extraordinaire comme une véritable locomotive pour amorcer notre révolution numérique et de la développer et moderniser tout en le sortant de la crise actuelle.

Le numérique permettra une bancarisation plus rapide. L’accès aux services financiers est décisif pour l’intégration sociale et l’inclusion économique de l’Algérien. Le nombre d’abonnés au réseau fixe reste relativement stagnant depuis l’ouverture du marché de la téléphonie mobile. Cette dernière en effet répond mieux aux exigences du marché grâce à ses nombreux avantages (mobilité, SMS, services à valeur ajoutée, Internet mobile).Malgré les efforts déployés ces dernières années, le retard de l’Algérie en matière de TIC est communément admis et reconnu.

Pendant les années 2003 à 2007 l’effort financier de l’Etat a eu un effet visible sur les infrastructures et équipements installés au niveau des administrations et entreprises. Cependant, l’impact sur l’usage des TIC dans la société ne fut pas trop important. Au regard du nombre limité des services en ligne développés et exploités, on constate une appropriation réduite des TIC aussi bien par l’administration que par les entreprises et les citoyens. Parmi les projets concrets figurent celui de la Caisse nationale de la sécurité sociale des travailleurs salariés qui a conduit avec succès la dématérialisation de la carte de sécurité sociale (carte Chifa).

En plus de l’opération de numérisation des documents d’état civil lancée au cours des dernières années : 93 millions de documents ont été numérisés. Ainsi la délivrance, depuis quelque temps, par les communes des cartes grises, des cartes d’identité nationale et des passeports biométriques a permis un gain de temps important et un allégement considérable des procédures pour le citoyen. Lire la suite

formats

Suite à une coupure de câble : L’Algérie a frôlé le black-out

Publié le 30/12/2015, par dans Non classé.

L’année 2015 a été marquée par la coupure d’un câble sous-marin de fibre optique entre Annaba et Marseille, survenue le 22 octobre dernier. Ce qui a engendré une forte perturbation du réseau internet.
Les citoyens de plusieurs régions du pays n’ont pas pu avoir accès à leurs réseaux sociaux à partir de leur domicile ni des cybercafés où les jeunes veillent habituellement jusqu’au milieu de la nuit et plusieurs entreprises n’ont pas pu recevoir ni envoyer leurs mails professionnels. Une question s’est posée : notre pays risque-il le black-out qui va l’isoler du monde ? Selon les observateurs de l’évolution des TIC en Algérie, cet incident a démontré la grande dépendance de l’Algérie aux câbles en fibre optique qui constituent l’infrastructure d’internet.

Certains spécialistes ont remis au goût du jour un ancien projet qui date de 13 ans et qui pouvait amortir le choc : le point d’échange internet ou GIX (Global Internet Exchange) qui permet une interconnexion directe entre les fournisseurs algériens d’accès au web sans passer par des réseaux étrangers. Prise au dépourvu, Algérie Télécom réagit à travers un communiqué de presse pour tenter au moins de rassurer ses clients.

Cette rupture a porté un coup dur pour l’opérateur public qui était en pleine opération d’amélioration de ses prestations, voulant faire oublier le volume des réclamations des clients, la mauvaise qualité de service et le nombre sans cesse croissant de dérangements et de demandes insatisfaites. En effet, un vaste projet de reprise en main a été initié par la direction générale pour se réconcilier avec ses clients et redorer son image de marque.

Aux yeux d’Azouaou Mehmel, PDG d’Algérie Télécom, « il faudrait sécuriser davantage notre trafic parce qu’aujourd’hui, avec son volume, il n’y a que la fibre optique qui puisse le véhiculer». Pour le moment, la majorité du trafic est pour Facebook et Youtube. L’opérateur a dédommagé ses clients en prolongeant gratuitement leur abonnement d’une durée de six jours. Si l’impact de cette panne a été limité en raison de la faible numérisation de l’économie nationale, l’Algérie a perdu tout de même 80% de sa capacité de connexion à la Toile.

Lire la suite

formats

«Détends-toi, ce n’est pas l’histoire que tu as devant toi…»

Publié le 30/12/2015, par dans Non classé.

Le militant de la démocratie Djamel Zenati, qui a bien connu Hocine Aït Ahmed et a même été son directeur de campagne lors de la présidentielle de 1999, a accepté d’évoquer pour les lecteurs d’El Watan ses souvenirs de l’homme que fut ce leader politique et révolutionnaire hors normes.
Ma première rencontre avec Si L’Hocine date de 1990. Un jour, mon ami Matoub Lounès me fait part de son vœu de rencontrer Hocine Aït Ahmed qui était rentré d’un très long exil, presque une année auparavant. A l’époque, le FFS était dirigé par Hachemi Naït Djoudi qui était un ami. Je le contacte et celui-ci nous prend rendez-vous avec Si L’Hocine.

Le 30 mai 1990, la veille de la marche du MCB, nous le rencontrons au siège du FFS qui était situé boulevard Bougara», se rappelle Djamel Zenati. Evidemment, Hocine Aït Ahmed connaissait bien Matoub, mais Djamel Zenati, animateur du MCB, que de réputation. Lorsque les deux hommes rentrent dans le bureau du leader révolutionnaire et après les salutations d’usage, Si L’Hocine s’adresse à Matoub, en désignant le jeune homme à l’allure très juvénile qui l’accompagne : « C’est ton fils ?»

« Non Si L’Hocine, répond Matoub avec le sourire, c’est Djamel Zenati.» Aujourd’hui encore, le souvenir de cette anecdote fait sourire ce dernier. « Nous avons longuement discuté et pris quelques photos ensemble à la fin de l’entrevue. Toutes d’ailleurs étaient ratées et une seule a pu être développée. Matoub était visiblement très content.» A la sortie des deux amis, impressionnés par la stature politique et la taille de Si L’Hocine, Matoub Lounès lâchera cette boutade : « Aït Ahmed est un grand homme grand !»

Matoub : « Aït Ahmed est un grand homme grand !»

La rencontre entre le vieux leader du FFS et Djamel Zenati, animateur très en vue du MCB dans les années 1990, est l’histoire d’une convergence d’idées et de principes. « Je n’ai jamais été un militant encarté. Entre le FFS et moi, c’est l’histoire d’une rencontre. Moi, je venais de l’extrême-gauche marxiste-léniniste et je me retrouvais dans les positions d’Aït Ahmed sur la Constituante, la souveraineté populaire et la séparation du politique et du religieux, trois grands principes auxquels j’adhérais sans réserve. L’autre passerelle entre nous était la question berbère», explique Djamel Zenati. Sachant que beaucoup d’animateurs du MCB étaient également des cadres du FFS, les trajectoires de deux hommes ne pouvaient fatalement que se croiser un jour ou l’autre.

« Quand on le rencontre pour la première fois, on est forcément intimidé et un peu tendu face à ce monument vivant. J’ai même vu des gens trembler, avoir le trac devant lui. Mais Si L’Hocine vous mettait tout de suite à l’aise», confie encore Djamel Zenati. Le vieux leader observe quelques règles de bienséance toutes simples. « Je préfère qu’on se tutoie. C’est déjà plus facile sur le plan grammatical», dit-il au jeune militant. Ensuite, Si L’Hocine n’entame jamais une discussion par la politique.

Il commence par demander des nouvelles de la santé de son interlocuteur, il parle de la pluie, du beau temps, de « thamourth», de la vie quotidienne avant d’aborder la chose politique. C’est sa manière à lui de briser la glace. « Notre seconde rencontre a lieu au premier congrès du FFS en 1991. Je suis invité en tant qu’animateur du MCB et je fais une intervention», se remémore Djamel Zenati. Après l’assassinat de Mohamed Boudiaf et le climat d’insurrection qui s’installe, Hocine Aït Ahmed quitte le pays et les deux hommes n’auront plus que des contacts téléphoniques sporadiques.

« J’ai vu des gens trembler devant lui…»

En novembre 1995, Djamel Zenati fait une campagne active pour le boycott des élections présidentielles. Les gendarmes le convoquent à la brigade d’Akbou et l’interrogent longuement. Assez longtemps pour permettre à une équipe du DRS d’arriver et de le cueillir à sa sortie de la brigade. Il sera séquestré pendant 48 heures et ne pourra donner aucune nouvelle à ses proches. Cela se passe quelques jours seulement après l’assassinat du militant du FFS Mbarek Mahiou et son neveu.

Le climat politique est très anxiogène. « Si L’Hocine s’est mobilisé à fond pour ma libération», se rappelle Djamel Zenati. Il alerte l’opinion publique internationale en faisant un tapage politico-médiatique et saisit par écrit le président Liamine Zeroual. « Après ma libération, Si L’Hocine m’appelle pour me demander d’arrêter de faire campagne. ‘‘C’est trop dangereux », me dit-il. ‘‘Ces gens-là sont capables de tout. » Evidemment, je passe outre ses instructions», révèle Djamel. « Notre premier tête-à-tête a lieu en décembre 1995 à Paris.

Détends-toi, ce n’est pas l’histoire que tu as en face de toi», me dit-il d’emblée. Djamel lui demande s’il n’y voyait pas d’inconvénients à ce qu’il prenne des notes. Il était enchanté : « Rarement des cadres politiques m’ont sollicité dans ce sens.» Les deux hommes passent une semaine ensemble. Le vieux briscard a apparemment décidé de prendre sous son aile le jeune et fougueux militant et entreprend de lui présenter un maximum de personnalités politiques de premier plan. « Un vrai travail initiatique», s’enthousiasme Djamel Zenati.

Da L’Hocine, le vieux zaïm, est également très attentif et attentionné avec ses amis et hôtes sur lesquels il veille avec affection. « Je suis parti en France avec une jaquette légère et comme il faisait froid à Paris, Si L’Hocine m’avait acheté quelques vêtements», se rappelle Djamel. « Je suis parti un peu plus tard chez lui à Lausanne, à plusieurs reprises. Je me rappelle qu’il est venu en personne me chercher à l’aéroport avec son Audi. Il m’a présenté à sa famille, à ses amis, à son entourage. C’est quelqu’un de profondément affectueux et de très respectueux. Il a constamment le souci pour le côté humain. Nos relations et nos contacts sont alors devenus réguliers», se souvient-il encore.

Un travail initiatique

« En 1997, Si L’Hocine me demande d’être tête de liste du FFS aux élections législatives. Je ne pouvais pas lui dire non.» Djamel Zenati n’étant pas un militant encarté du parti, cette initiative a fait grincer des dents au sein des cadres du FFS. Elu député avec un score confortable, l’animateur du MCB s’implique Lire la suite

formats

AÏt Ahmed, confluent de légitimités

Publié le 30/12/2015, par dans Non classé.

Jamais un leader politique national n’a été aussi porté au panthéon de l’histoire comme c’est le cas de Hocine Aït Ahmed. Les valeurs de résistance, de liberté, de démocratie et de réconciliation fondant le socle de son engagement n’ont jamais été autant célébrées.
Le pays vit une semaine très émouvante remplie d’hommages et de gratitude populaire à l’égard d’un homme à part. Son parcours, son combat, sa figure sont sanctifiés dans un moment de communion nationale. La disparition de cet impénitent combattant est aussi un acte hautement politique et d’une immense portée historique.

Cela lui ressemble superbement. Transcendant tous les clivages politiques, idéologiques, historiques et générationnels, le peuple s’est réapproprié les combats et les causes du chef historique et de l’irréductible opposant à l’autoritarisme. Il aurait aimé vivre ce moment rare et voir son combat triompher dans l’esprit et les cœurs de ses compatriotes. L’enfant de Aïn El Hammam est définitivement entré dans la légende. Comment alors ce leader politique, qui durant sa vie militante a été farouchement combattu, emprisonné, condamné, exilé, persécuté, est redevenu soudainement une icône, une source de fierté nationale retrouvée ?

Il est indéniable que l’inspirateur du combat révolutionnaire contre l’occupation coloniale assumait des valeurs de liberté, de démocratie et du respect des droits de l’homme dans les pires moments de l’Algérie indépendante. Historique, révolutionnaire, combattant permanent en faveur de la démocratie, intellectuel, chef politique charismatique hors pair. Hocine Aït Ahmed est un militant aux multiples légitimités qui font de lui un homme d’exception. Un confluent de légitimités. Un liant national. Un des pères fondateurs, le dernier, le plus fougueux parmi eux. L’homme de l’Organisation Spéciale est resté jusqu’au bout un véritable OS.

D’évidence, sa disparition vient rappeler aux Algériennes et Algériens la fin d’une génération qui se confondait avec une époque glorieuse. La perte d’un père au moment même où le pays n’en finit pas de se chercher, où les Algériens sont en quête permanente d’une Algérie tant rêvée. « Au-delà de la compassion, du deuil qui sied à la circonstance de recueillement, avec la disparition de Hocine Aït Ahmed, il s’est exprimé une demande nationale et le besoin d’un leader qui transcende et qui incarne l’idée nationale.

Et qui mieux qu’un Aït Ahmed pour l’incarner», analyse le sociologue Nacer Djabi. Faute d’avoir produit des nouvelles figures après l’indépendance nationale, les Algériens « se tournent vers celles du Mouvement national qui ont engagé une lutte victorieuse. La mort d’Aït Ahmed est celle d’un père. C’est la fin d’une génération et ce moment nous interpelle en tant que société, mais surtout en tant que système politique à créer les conditions historiques pouvant permettre la production de nouveaux leaders», poursuit le sociologue qui scrute le mouvement de la société.

Cependant, dans cet élan unanime, Nacer Djabi y décèle « la manifestation d’un sentiment de culpabilité à l’égard d’un homme, le refus d’assumer la citoyenneté portée et donnée par les hommes comme Aït Ahmed, on veut la reprendre maintenant qu’il est parti». Dans cette expression populaire, point de culte de personnalité contre lequel Aït Ahmed s’est toujours dressé, mais une adhésion à un idéal, un rêve, une utopie pourtant réaliste et réalisable.

Dans ce mouvement spontané de réappropriation de l’idée du combat libérateur et sa continuité durement assumée par Aït Ahmed et bien d’autres parmi ses compagnons s’exprime aussi un fort désir d’émancipation. Le rapport à l’Etat et à la nation se désarticule à mesure d’usurpation, de détournement de souveraineté et d’injustices commises au nom même de cet Etat et au nom d’une légitimité historique. La désillusion a eu des conséquences fâcheuses sur le lien national. Le désespoir a été à la mesure de l’énorme rêve indépendantiste brisé.

« L’Etat représentant, incarnant et défendant les intérêts du peuple et les aspirations de la société dans sa diversité, a été confisqué par une caste prédatrice et ne répond plus aux aspirations du peuple et de la société», regrettait Aït Ahmed dans un de ses discours célébrant l’anniversaire de la création du Gouvernement provisoire de la Révolution algérienne (GPRA). La disparition du dernier des historiques a eu un effet d’électrochoc au sein de l’opinion qui montre et démontre son attachement viscéral à une certaine idée de l’Algérie, d’un Etat moderne, universel, dynamique qui exprime légitimement la souveraineté et les aspirations citoyennes, celui que Hocine Aït Ahmed n’a eu de cesse de revendiquer.

Mais au même moment, elle réveille un sentiment de peur et des inquiétudes de ne pas voir émerger des figures nouvelles en mesure d’incarner cet esprit d’un Etat-national au service des citoyens. Pourtant ces femmes et ces hommes existent, certes, écrasés par des attitudes arrogantes des détenteurs du pouvoir de l’Etat. Ils se saisissent de ce moment historique et envoient un fort message pour briser ce cercle de défaites permanentes dans lequel est enfermé le pays. Lire la suite

formats

Bouteflika évite le recours au référendum

Publié le 30/12/2015, par dans Non classé.

Selon le chef de l’Etat et les principaux promoteurs de ce projet, cette nouvelle « réforme constitutionnelle» marquera « des progrès dans plusieurs domaines», parmi lesquels « le champ politique et celui de la gouvernance».
Le président Abdelaziz Bouteflika met fin aux supputations sur la voie « choisie» pour approuver sa révision constitutionnelle. Dans le communiqué sanctionnant le dernier Conseil des ministres restreint consacré à l’examen et à la validation de l’avant-projet de loi, le chef de l’Etat affirme que le texte passera par le Parlement, donc comme en 2008.

Le président Bouteflika évite ainsi le recours au référendum, une possibilité prévue dans la Constitution en vigueur. L’article 174 de la Constitution stipule que « la révision constitutionnelle est décidée à l’initiative du président de la République. Elle est votée en termes identiques par l’Assemblée populaire nationale (APN) et le Conseil de la nation dans les mêmes conditions qu’un texte législatif».

Et le texte est soumis par référendum à l’approbation du peuple dans les cinquante jours qui suivent son adoption. Mais cette dernière étape est désormais écartée. L’avant-projet de loi sera remis, dans les tout prochains jours, aux partis politiques, aux associations et aux personnalités nationales ayant pris part au premier cycle de consultations menées en 2011 par Abdelkader Bensalah, et au second cycle dirigé par Ahmed Ouyahia en juin 2014.

Le contenu de cette réforme sera également porté à la connaissance de l’opinion publique par les médias, précise le communiqué de la présidence de la République. Selon le chef de l’Etat et les principaux promoteurs de ce projet, cette nouvelle « réforme constitutionnelle» marquera « des progrès dans plusieurs domaines», parmi lesquels « le champ politique et celui de la gouvernance».

Unité nationale et identité

Elle va, lit-on dans le communiqué, assurer « la consolidation de l’unité nationale autour de notre histoire, de notre identité et de nos valeurs spirituelles et civilisationnelles». Cette consolidation va-t-elle conduire à l’officialisation de tamazight, comme réclamé depuis de longues années par des partis et de nombreuses associations ? Le communiqué de la Présidence fait état également de la consécration de « la promotion des droits et libertés des citoyens et le renforcement de l’indépendance de la justice». Le président de la République ne sera-t-il donc plus le premier magistrat du pays ?

Autres points sur lesquels a porté cette révision : « L’approfondissement de la séparation et de la complémentarité des pouvoirs» et « l’accès de l’opposition parlementaire aux moyens d’assumer un rôle plus actif, y compris par la saisine du Conseil constitutionnel». A cela s’ajoute la mise en place d' »un mécanisme indépendant renforcé de surveillance des élections au service de la démocratie pluraliste».

L’opposition n’y croit pas

Les aspects visant à protéger les libertés ont été commentés par l’avocat Miloud Brahimi, ancien président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, qui dit, dans une déclaration à l’APS, « prendre acte de cette volonté affichée des droits et des libertés des citoyens». Si les promoteurs de cette réforme la présentent comme « révolutionnaire», les partis de l’opposition, qui ont boycotté les consultations, disent ne pas en attendre grand-chose, considérant que le but inavoué de cette révision est de « pérenniser le pouvoir actuel». C’est le cas des partis regroupés dans la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD), mais aussi des formations qui sont dans le Pôle des forces du changement, à leur tête le parti de Ali Benflis.

Ce dernier avait d’ailleurs affirmé que la révision constitutionnelle ne va pas régler la crise de gouvernance pour la simple raison que « le problème est dans l’application et le respect des textes de loi». Le chef de l’Etat, qui ne cesse de parler de cette réforme constitutionnelle depuis 2011, est ainsi attendu au tournant. Si son entourage évoque un texte « révolutionnaire» qui balisera le terrain pour la « démocratisation» de l’Algérie, les autres forces politiques n’y croient pas trop, rappelant le « coup» de 2008, où le chef de l’Etat avait trituré la Constitution pour pouvoir se représenter en 2009 pour un troisième mandat.

Des juristes et constitutionnalistes avaient longtemps parlé de la Constitution et de ce qui doit changer pour notamment sortir du « système présidentialiste» actuel. Et les spéculations vont bon train. Certains tablent sur un système à la française avec un Premier ministre aux larges prérogatives, responsable direct devant le Parlement. D’autres doutent que le chef de l’Etat renonce à ses pouvoirs et prérogatives très larges. Ce sera plus clair une fois l’avant-projet de loi rendu public. Lire la suite

formats

Discours et lois, en attendant l’application

Publié le 30/12/2015, par dans Non classé.

Razika. Un prénom qui cristallise les affres de tant d’autres victimes des abus et de la violence d’une société envers ses femmes. Cette jeune femme avait été, en novembre dernier, froidement assassinée par un homme qui la harcelait depuis de longs moments, en pleine journée, dans les rues de la ville de Magra, à M’sila.
Ce énième crime a relancé le débat autour du projet de loi sur la violence contre les femmes, bloqué depuis plusieurs mois au Sénat, qui avait préféré temporiser avant de programmer sa présentation. « Annulé sous pression des islamistes», accusait-on. Et pour cause : son adoption par le Parlement, le 5 mars, avait donné lieu à une levée de boucliers « conservatrice» d’un autre âge et une multiplication de violents discours misogynes, au sein de la société, mais aussi et surtout au sein de l’élite politique.

Il aura ainsi fallu attendre le début de ce mois de décembre pour, qu’enfin, les femmes jouissent du b.a.-ba de la protection qu’un citoyen peut attendre des lois de son pays. En sus de ses dispositions en matière de violences conjugales et sexuelles, cette loi sanctionne le harcèlement psychologique et le harcèlement de rue. Et, bien que rares au milieu de la cohorte de propos rétrogrades et misogynes qui ont entouré l’adoption de ces lois, les discours volontaristes se sont voulus fermes. Ainsi, le président de la République a annoncé une réforme du sacro-saint code de la famille.

Cette révision, rendue publique à l’occasion du 8 mars, journée internationale de la lutte pour les droits des femmes, visera à revoir le divorce dans ses deux formes et à l’introduction de « nouvelles mesures législatives et incitatives afin de renforcer et de préserver les droits de la femme algérienne et sa place au sein de la société».

Le gouvernement a ainsi été chargé de mettre en place « un comité ad hoc de la révision et du réaménagement des articles dudit code, relatifs au divorce, qui prêtent à interprétation, en vue d’y introduire les clarifications et précisions nécessaires afin de combler les insuffisances et garantir la protection des droits des deux conjoints et des enfants, ainsi que la préservation de la stabilité de la famille algérienne». Une commission dont on attend toujours les conclusions… Lire la suite

Home Archive for category "Non classé" (Page 2768)
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair