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Baisse de la croissance et chômage en perspective

Publié le 02/12/2015, par dans Non classé.

Le gouvernement table sur un gel des recrutements dans la Fonction publique.
La loi de finances 2016 a été adoptée, lundi, à l’Assemblée populaire nationale (APN), au grand dam de l’opposition. Une loi qui consacre l’austérité, qu’en dise le ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa. Si celui-ci préfère l’usage du concept d’orthodoxie budgétaire, l’impact des restrictions à venir risque de toucher aussi bien les ménages que les entreprises.

Le budget 2016 se caractérise par une forte baisse des dépenses, pas moins de 9%. Et pour une fois, le compartiment budget de fonction sera touché et reculera de 3,32%. Il est vrai que cela ne touchera en rien les transferts sociaux et les subventions toujours plus importantes pour les produits alimentaires de base, l’habitat, l’eau et l’énergie, et ce, malgré les augmentations des prix de certains produits énergétiques. Cependant, la baisse des dépenses de fonctionnement risque de compromettre les ambitions de nouveaux entrants sur le marché du travail et, par ricochet, le taux de chômage.

Aussi et si le gouvernement fait des professions de foi et promet de réduire le train de vie des institutions de l’Etat, l’effet attendu en termes de réduction des dépenses de fonctionnement est intimement lié à l’abaissement des dépenses du personnel dans la Fonction publique. Le gouvernement table ainsi sur un gel des recrutements dans la Fonction publique. Il est aussi légitime de s’interroger sur l’avenir, à terme, des fonctionnaires déjà en poste, en cas de dégradation des équilibres budgétaires.

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a récemment indiqué que la Fonction publique souffrait d’un surplus d’effectifs d’un million de fonctionnaires… La réduction des dépenses d’équipement ne sera pas non plus sans impact. Il faut d’ailleurs prendre conscience que c’est la commande publique financée sur le budget de l’Etat qui a permis, au cours des 15 dernières années, d’assurer un plan de charge aux entreprises qu’elles soient publiques ou privées, et qui a contribué par ricochet à maintenir la croissance et à créer de l’emploi.

D’ailleurs, l’activité BTPH est l’une des activités ayant le plus contribué à la croissance hors hydrocarbures ces dernières années. Le ministre des Finances le reconnaît lui-même. Il a indiqué, il y a quelques mois, que sur « les 10 ou 15 entreprises qui comptent dans le secteur du BTP, 70% vivent grâce à la commande publique».

Il est vrai que depuis cette déclaration tonitruante, le premier argentier du pays se montre moins alarmiste et insiste sur le maintien d’une partie de la commande publique du moins dans les secteurs de l’habitat, de l’éducation et de la santé. Il ne faut cependant pas se leurrer. La loi de finances 2016 prévoit une baisse de 19% des dépenses d’équipement. Ce qui aura, à coup sûr, un impact sur la croissance et l’emploi. Les dernières prévisions du FMI misent d’ailleurs sur une hausse du chômage à 11,7% en 2016.

Rappelons aussi que les économistes de Toulouse School of Economic, Nour Meddahi et Raouf Boucekkine, ont estimé, lors de l’une de leurs récentes études, que si l’on prend en compte un taux d’inflation de 5% en 2016, la baisse réelle des dépenses sera plus importante et atteindra 14% en terme réel.

Ce qui augure d’un budget d’austérité aux implications plus profondes. Les deux économistes estiment, à titre de comparaison, que ces restrictions budgétaires sont plus importantes que celles de 1986, année du premier contre-choc pétrolier, lorsque les dépenses budgétaires ont été réduites de 10,3%. Ils ont également rappelé que l’austérité s’est traduite par une récession économique qui a duré deux ans et une hausse du chômage à « 11,4% en 1986 avant d’exploser à 21% en 1987». Lire la suite

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«Il y a un risque de perte de confiance en le dinar»

Publié le 02/12/2015, par dans Non classé.

L’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie met en garde contre une dépréciation continue de la valeur du dinar algérien. Selon lui, l’économie nationale a besoin d’investissements qui ne peuvent se faire, cependant, dans un contexte de renchérissement des prix des équipements et des matières premières importées, conséquence inévitable de la valeur dépréciée du dinar.
La valeur du dinar a connu une baisse de plus de 25%. Quel est, selon vous, l’impact de cette baisse sur les ménages et les entreprises ?

D’une manière générale, la dépréciation de la valeur du dinar algérien est préjudiciable à l’économie. Elle va, certainement, accentuer la baisse du pouvoir d’achat des ménages, accroître le coût de revient de production des entreprises et décourager beaucoup d’entre elles à investir. Il y a aussi un risque que la population perde confiance en leur monnaie nationale, si cette dépréciation continue dans le temps.

Nous pouvons constater cela, d’ailleurs, sur le marché parallèle de la devise où il y a vraiment une flambée qui incite à la fuite des capitaux. Si cela continue, il y aura un appauvrissement grave des ressources du pays et de la masse monétaire considérable que les pouvoirs publics veulent mobiliser pour relancer l’activité économique.

Selon vous, cette baisse va-t-elle s’accentuer ? Et que peut faire la Banque d’Algérie pour y mettre un terme ?

J’ai l’impression que la Banque d’Algérie est consciente des risques que provoque une dépréciation continue du dinar. Elle dit qu’elle a été obligée de recourir à la dépréciation en raison de la crise que subit l’économie et de la perturbation des fondamentaux de l’économie (déficit de la balance des paiements, déficit budgétaire, baisse de la croissance, augmentation de l’inflation, etc.). La Banque d’Algérie affirme qu’il n’est pas très réaliste de continuer à avoir une monnaie forte, alors que l’économie s’est affaiblie, en ce sens qu’il y a un décalage trop important entre la valeur du dinar et la situation de l’économie nationale.

Il y a des indices qui laissent entrevoir une forte inflation en 2016. Quelles sont vos prévisions ?

Il est clair qu’aujourd’hui nous dépendons fortement de l’étranger, aussi bien pour les produits de consommation que pour ceux nécessaires à la production, les intrants, les équipements et autres. Une dépréciation du dinar entraînera inévitablement une inflation due au renchérissement des prix de tout ce que nous importons. Et l’expérience a montré qu’à chaque fois qu’il y a une dépréciation de la monnaie, l’augmentation des prix dépasse le taux de dépréciation.

L’économie nationale a besoin d’investissements et augmenter le taux d’intégration dans ces investissements. Cela ne peut se faire qu’avec l’importation des intrants et des équipements. Mais si nous déprécions notre monnaie, nous provoquerons un renchérissement des prix qui va décourager les investisseurs aussi bien nationaux qu’étrangers, d’autant que nos importateurs ne s’approvisionnent pas auprès des producteurs directement, ce qui rend les produits importés beaucoup plus chers comparativement à ceux importés par d’autres pays.

Que faut-il également craindre en 2016, à la lumière de certaines dispositions contenues dans la nouvelle loi de finances ?

Il y a surtout ce problème de l’inflation qui va affaiblir encore le pouvoir d’achat des citoyens, d’autant plus que pour procéder aux ajustements nécessaires, l’Etat va être obligé de réduire les subventions et le soutien des prix de certaines marchandises. Mais ce qui est le plus à craindre, outre la perte de confiance en la monnaie nationale, c’est l’impact sur la production et la croissance, en ce sens que les investissements vont diminuer à cause de l’augmentation des prix. C’est pourquoi la Banque d’Algérie, me semble-t-il, cherche maintenant à stabiliser le dinar pour éviter une autre dépréciation. Lire la suite

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Dépistages gratuits en pleine rue à Alger-Centre

Publié le 02/12/2015, par dans Non classé.

1er décembre oblige, la lutte contre le sida revient sur le tapis.
Parmi les activités organisées dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le sida, hier, l’Association de protection contre le sida (APS-Algérie) a lancé un « Mois de dépistage de l’infection par le VIH». Sensibilisation, diversification et élargissement de l’offre de dépistage sont les maîtres-mots de l’opération pour l’Association, qui voit en l’accès au dépistage du VIH « un enjeu majeur» en Algérie autant que toute la région MENA, dont la moyenne des personnes vivant avec le VIH sans le savoir dépasse les 50%.

Ainsi, plusieurs actions ont été initiées pour faciliter le dépistage. Des équipes mobiles ont été installées, dès hier matin, devant la Grande-Poste d’Alger pour offrir la possibilité aux Algérois de passage par le centre-ville d’effectuer un test de dépistage du VIH gratuitement. Des dizaines de passants ont été convaincus par les membres de l’Association de passer le test en leur garantissant le respect de l’anonymat. L’opération entamée hier se poursuivra jusqu’au 5 décembre.

A Oran, plusieurs places et quartiers seront également concernés par une campagne de dépistage et de sensibilisation du 6 au 15 décembre. La troisième étape concernera le sud du pays, à travers plusieurs villes (Saïda, Tiaret, Ghardaïa, Ouargla), et ce, durant les deux dernières semaines du mois de décembre. « L’organisation de ce Mois du dépistage est l’un des principaux axes du plan stratégique national», note l’Association.

Et d’ajouter : « Toutes les recommandations convergent vers un plaidoyer pour la mise en place de politiques de dépistage du VIH permettant une offre de services diversifiée, accessible et adaptée, impliquant à la fois les structures sanitaires et les associations de lutte contre le sida, en vue de dépister et de traiter le maximum de personnes vivant avec le VIH.» L’Algérie compte, actuellement, plus de 9000 cas confirmés et une moyenne de 700 nouveaux cas par an.

Le nombre d’adolescents morts du sida a triplé depuis 15 ans, selon un rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) publié vendredi dernier. Bien que l’Algérie soit classée parmi les pays à faible prévalence avec un taux de personnes vivant avec le VIH inférieur à 1%, le dépistage est loin d’être un réflexe. Et pour cause, les tabous empêchent une sensibilisation efficace. Lire la suite

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«Le pouvoir fait dans l’improvisation»

Publié le 02/12/2015, par dans Non classé.

« Ceux qui ont élaboré ce projet de loi de finances visent le pétrole des Algériens. Le pouvoir n’a plus honte. Ce qui se passe actuellement ce n’est pas un hold-up masqué, mais un vol au vu et au su de tout le monde», note le président de Jil Jadid.
La loi de finances 2016 n’est pas uniquement contestée et critiquée par l’opposition parlementaire, mais aussi par d’autres formations politiques qui ne siègent pas à l’Assemblée et qui qualifient certaines de ses dispositions de « très graves» car elles sont « antinationales».
Le RCD, par la voix de son chargé de communication, estime que la loi de finances adoptée à l’APN est une sérieuse menace pour le quotidien des citoyens et la stabilité du pays.

Elle signe l’échec incontestable du pouvoir. « Après avoir vidé les caisses de l’Etat, le gouvernement veut subtiliser le portefeuille du citoyen», dénonce Mazouz. Pour lui, ce texte de loi tel qu’adopté vise à faire payer les conséquences de la mauvaise gestion, de la corruption et de la faillite de ceux qui nous gouvernent par les couches sociales moyennes et les citoyens les plus défavorisés.

« Au moment où les Algériens subissent de plein fouet les affres du chômage, du sous-développement et des choix incohérents du gouvernement, il aurait été plus conséquent de réduire le train de vie de l’Etat et de s’attaquer aux effets ravageurs de la corruption et de l’inaction du gouvernement», suggère Mazouz qui pense que dans ce texte, tout le contraire de ce que le bon sens dicte est envisagé pour aboutir, assurément, à l’accentuation des tensions sociales. Revisitant certaines dispositions de la LF 2016, Mazouz relève que dans les mesures annoncées par le gouvernement, il apparaît une introduction massive et incohérente de taxes qui assécheront considérablement le porte-monnaie du citoyen.

Le citoyen sanctionné

« Devant l’aggravation de la situation économique et sociale, le gouvernement continue de faire dans l’improvisation ; l’incohérence des mesures introduites dans la loi de finances 2016, le creusement des déficits et le recours inconsidéré au Fonds de régulation sont des signes qui ne trompent pas», note le RCD. Qui invite les citoyens, en l’absence d’un Parlement légitime, à se mobiliser pour faire échec à ces décisions. « L’absence de vision économique et l’improvisation dans l’élaboration des lois de finances chez les tenants du pouvoir ne doivent pas être supportées par le citoyen que, après avoir été dépossédé de sa voix, on cherche à rançonner», conclut Mazouz.

Ali Fawzi Rebaïne, président de Ahd 54, estime, pour sa part, que cette loi, qui est la résultante de toutes les politiques menées par le système en place, a été conçue pour les riches et pour sanctionner les pauvres. « Comment peut-on sanctionner le citoyen alors que le pouvoir a gaspillé 1000 milliards de dollars ?» s’est interrogé Rebaïne, qui est persuadé que l’argent que l’on extirpera au citoyen servira à renflouer les caisses des riches. « La LF 2016 n’est que la résultante des compromissions du système avec le pouvoir de l’argent. Il ne fallait pas s’étonner d’avoir des assemblées de milliardaires», affirme le président de Ahd 54.

Tous les chiffres que renferment les lois de finances élaborées jusqu’à ce jour ne reflètent pas, selon Rebaïne, la réalité de notre économie. « Les chiffres ont été maquillés et nous n’avons jamais eu de saut ni qualitatif ni quantitatif en matière économique. Nous n’avons rien produit», déplore-t-il. Soufiane Djilali, leader de Jil Jadid, s’est dit optimiste de voir enfin les députés assumaient leur position et dénonce le contenu de la loi de finances notamment l’article 66 qui permet aux prédateurs d’avoir la main mise sur Sonatrach. « Ceux qui ont élaboré ce projet de loi de finances vise le pétrole des Algériens.

Le pouvoir n’a plus honte. Ce qui se passe actuellement ce n’est pas un hold-up masqué, mais un vol au vu et au su de tout le monde», note S. Djilali. Il explique qu’il n’est pas contre la privatisation, mais qu’il s’oppose aux privatisations telles que réfléchies et conçues par le pouvoir. « Le pouvoir ne privatise rien. Toutes les privatisations qui ont été faites l’ont été de manière occulte. Nous assistons à la déperdition du patrimoine algérien pour alimenter la corruption et les prédateurs», accuse Djilali. Notons que l’opposition parlementaire (FFS, PT, AAV) décidera aujourd’hui de la suite à donner à son action. Lire la suite

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Détresse à la SNVI

Publié le 02/12/2015, par dans Non classé.

La zone industrielle de Rouiba a vécu hier une journée très mouvementée. Un climat insurrectionnel a régné durant toute la journée devant et à l’intérieur de la Société nationale des véhicules industriels (SNVI). Jadis, considérée comme l’un des fleurons de l’industrie algérienne, cette entreprise, qui s’étend sur 80 ha, traverse une période très difficile caractérisée par l’arrêt de la production et du plan d’investissement.
Une situation qui suscite moult interrogations quant au sort de l’argent dégagé par les pouvoirs publics ces cinq dernières années pour moderniser le groupe. Hier, il était presque 9h quand des centaines de travailleurs de ce fleuron de l’économie nationale – la SNVI emploie près de 7000 personnes – sont sortis dans la rue pour réclamer la paie du mois de novembre. « Habituellement, on nous paie une semaine avant la fin du mois, ce qui n’a pas été le cas cette fois. En octobre dernier, on nous a dit que le retard était dû à une panne du système informatique, mais le problème est loin d’être résolu et démontre que rien ne va plus à la SNVI», tempêtent certains ouvriers en tenue bleue tachée de graisse et de lubrifiant.

Des gendarmes dans les ateliers

Très inquiets pour l’avenir de l’entreprise, les manifestants ont procédé au blocage de l’axe reliant Réghaïa à Alger à l’aide de pneus enflammés durant plus d’une heure. La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre à travers le pays. Cette action, qui intervient au lendemain de l’approbation de la « controversée et impopulaire» loi des finances 2016, a été perçue par certains comme le début d’une révolte populaire. Peu après, des escadrons de la Gendarmerie nationale, armés de boucliers et de matraques, sont arrivés sur les lieux pour mater les manifestants.

L’intervention des hommes en vert était d’une violence inouïe. Les travailleurs ont été pourchassés jusque dans leurs ateliers. « J’ai vu des scènes de violence qui m’ont fait oublier que je suis en Algérie. Les gendarmes s’en sont même pris aux femmes qui travaillent au bloc administratif. On se croirait à Tel-Aviv. Ils tiraient des bombes lacrymogènes, y compris à l’intérieur des ateliers où se trouvaient des produits toxiques et inflammables», témoigne Tahar, un syndicaliste de la filiale véhicule industriel. Celui-ci fait état de 37 blessés parmi les travailleurs. « Deux d’entre eux sont à l’hôpital Zmirli pour fractures, alors que d’autres ont été soignés au niveau de l’unité médicale de l’usine», détaille-t-il.

Notre interlocuteur fait également état d’une vingtaine d’arrestations, dont des syndicalistes qui tentaient de s’interposer pour calmer les esprits suite au déchaînement des gendarmes. Les journalistes venus couvrir « ces hostilités» n’ont été autorisés à accéder à l’usine et prendre des photos qu’après la sortie de forces antiémeute. Les restes des bombes lacrymogènes sont visibles devant l’atelier des autobus, où se trouvaient une dizaine de véhicules en cours de fabrication. Des ateliers lugubres qui n’ont pas été repeints depuis des décennies. Certaines ruissellent d’eau à la moindre averse, nous dit-on.

Même les machines sont gagnées par l’usure. « La moitié de nos équipements fonctionnent au ralenti. La SNVI est restée telle qu’elle a été laissée par Boumediène, Allah yarhamou. L’Etat a dégagé des milliards pour sa modernisation, mais tout est parti», se désole Djilali, qui a plus de 29 ans de service à la filiale carrosserie. « Même en octobre 1988, l’armée n’a pas osé entrer à l’intérieur de l’entreprise.» « A l’époque, on produisait jusqu’à 7000 véhicules par an, aujourd’hui on ne fait que des petites bricoles et on n’a même pas de quoi acheter une pièce», ajoute-t-il.

La semaine dernière, le PDG, Salem Malek, a avoué, lors d’une assemblée générale avec les travailleurs, que l’entreprise n’avait pas de budget d’exploitation. Il a souligné que le groupe accusait un retard de deux ans pour satisfaire les commandes de ses clients. S’agissant des investissements, M. Salem a indiqué que seuls 70% du crédit de 2012, d’un montant de 12 milliards de dinars, ont été consommés. Il a rappelé également que 51% du capital des cinq partenaires de la SNVI — ZF Allemagne, Mercedes Benz, Alstom, Renault Algérie, Daimler et Ferrovial — sont détenus par l’Etat algérien.

Des dirigeants défaillants

Cela ne rassure plus les travailleurs qui demandent l’intervention des hautes autorités du pays pour sauver l’entreprise. « Nos problèmes se sont accentués depuis la venue des Allemands. Récemment, on leur a accordé une commande de 1900 bus. Nos pièces ont été bloquées au du port durant 18 mois exprès pour saboter la SNVI et préparer le terrain pour sa privatisation», soupçonne Djamel, un technicien exerçant à la fonderie, assis près de dizaines de bus non finis.

De l’autre côté de l’usine, des autobus flambant neuf du constructeur allemand attirent le regard. « Nos bus et nos camions sont très demandés sur le marché, mais si on n’a pas de pneus ou de pièces, on ne peut rien fabriquer», explique Djamel. Son collègue, en tenue verte, rappelle ce qui s’est passé en mars dernier avec l’entreprise Tahkout, qui s’est accaparée de grandes surfaces de terrain de la SNVI « avec la complicité de certains responsables». « Les cadres de l’entreprise ont failli sur toute la ligne. Malgré cela, à la fin de l’année, ils perçoivent une prime 120 millions de centimes alors que nous, nous n’avons pas touché la prime de rendement collectif depuis plus d’un an», dénonce-t-il.

En dépit des retards enregistrés pour la consommation des anciens crédits, la SNVI a bénéficié en février dernier de 91,784 milliards de dinars pour la mise en place de son plan de développement. Néanmoins, les travailleurs se disent très pessimistes et craignent que ces aides profitent à ceux qui manœuvrent pour liquider l’entreprise. Après une journée des plus agitées, les ouvriers et les professionnels de la mécanique se sont dispersés dans le calme, laissant les gendarmes, leurs adversaires du jour, sur le qui-vive devant les entrées principales de la SNVI. Lire la suite

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«Les augmentations ne rapporteront que 900 millions de dollars à l’Etat»

Publié le 02/12/2015, par dans Non classé.

– Le projet de loi de finances 2016 a été finalement adopté, bien qu’au forceps. Le volet fiscal a eu sa part de contestation, tant il touche directement au pouvoir d’achat des ménages. Ne pensez-vous pas qu’il est déjà mis à rude épreuve par un dinar qui ne fait que perdre de sa valeur ?

Le débat sur la loi de finances 2016 a pris une tournure idéologique et parfois démagogique chez les opposants, et mitigé et sans argumentation cohérente chez les promoteurs du texte. Pour ce qui est des mesures considérées antisociales, d’augmentations de certaines taxes ayant une incidence sur les prix de produits nécessaires à la vie quotidienne, comme les produits énergétiques ou de produits curieusement considérés comme de luxe comme les ordinateurs dans un pays qui veut entrer dans la gouvernance numérique, on peut considérer que ces augmentations ne rapporteront en fin de parcours à l’Etat qu’un maximum de 900 millions de dollars, si l’on se réfère à l’évolution des recettes fiscales correspondantes dans les annexes de cette loi.

En guise de coup d’essai, le gouvernement a eu exactement l’effet redouté d’une augmentation sérieuse sans aucun des avantages à en attendre. Une austérité de dépenses aurait eu un meilleur effet politique. Contrairement à ce qu’avancent les détracteurs de cette loi, le pouvoir d’achat des Algériens sera quand même laminé en 2016, non pas par ces augmentations timides, mais par l’effet de la dévaluation du dinar qui aura des répercussions sur les achats à venir et sur tous les secteurs de production et de commercialisation, avec un impact final sur les couches les plus faibles.

– La crise ne fait que commencer et le pire est à venir, à en croire les projections les plus fiables. Les recettes et les avoirs dont dispose le pays subiront davantage le contrecoup du choc qui fait souffler le marché pétrolier…

Le maintien du FRR à des niveaux qui lui permettent de subsister jusqu’à 2017 ne se fera que par une orientation d’une partie des déficits de 2015 et 2016 vers la dette publique et la ponction des banques pour cette couverture, générant d’autres frais pour l’Etat en intérêts de la dette, et aspirant une partie des crédits utiles à l’économie vers le financement des dépenses publiques, de fonctionnement surtout.

Si les recettes pressenties pour 2016 au plan pétrolier s’avèrent exactes, il ne faudra pas compter sur plus de 22 milliards de dollars de fiscalité correspondante. De ce fait, cette fiscalité ne permettra pas de générer en aval plus de fiscalité ordinaire, sans ponction des réserves de change pour maintenir un niveau d’importations apte à générer cette fiscalité essentiellement tirée du port directement ou par induction.

– Outre les dispositions fiscales du PLF, d’autres mesures liées à l’investissement ont fait l’objet de vives polémiques. N’était-il pas plus judicieux d’ajourner le débat sur certains articles jusqu’à la promulgation du code de l’investissement ?

Toutes les dispositions fiscales prises pour 2016 ne pourront être reprises en 2017, sans avoir à élaguer le budget de fonctionnement et de facto les couches qui en vivent, ou celui d’équipement et les secteurs qui en ont besoin. Et le niveau des réserves de change, à cette date, ne pourra supporter la masse monétaire créée sans contrepartie auparavant, sans qu’une nouvelle dévaluation ou des emprunts extérieurs massifs ne viennent combler le vide à l’actif des situations de la Banque d’Algérie.

Pour ce qui est des dispositions contestées en matière d’investissements, il aurait été plus judicieux pour le ministre de maintenir les articles visés en l’état jusqu’à la promulgation du code de l’investissement à venir dans le calme. Mais la réaction des parties opposées est aussi irrationnelle que frappée de démagogie, car l’article 66 tant décrié n’ouvre pas le capital des entreprises publiques au privé, mais restreint cette ouverture à 66%, alors que le texte qu’il amende est l’article 13 bis de l’ordonnance 04-01 qui l’ouvrait à 100% et n’a jamais été changé à ce jour.

Idem pour l’article 54 qui oblige les collectivités locales à attendre l’approbation de leurs délibérations par l’autorité de tutelle pour la cession des biens immobiliers, alors que l’article 41 de la LF 2001 les en dispensait implicitement. De ce fait, présenter des dispositions, même mal présentées ou mal comprises, comme étant exactement le contraire de ce qu’elles sont, relève soit de la mauvaise foi, soit de la mauvaise compréhension des textes et de ceux amendés par eux, et les deux sont graves. Dans tous les cas de figure, on se retrouve avec un Exécutif sans stratégie et une classe politique sans vision claire. Lire la suite

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