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Sellal défend à nouveau la loi de finances 2016

Publié le 24/12/2015, par dans Non classé.

Le Premier ministre n’a pas cessé, tout au long de sa tournée dans les stands des différents exposants, de faire référence aux dispositions de cette loi qui « régleront tous les problèmes des producteurs nationaux».
Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, défend à nouveau la très controversée loi de finances 2016. Alors que la contestation de ce texte, adopté dans des conditions particulières par le Parlement, se poursuit toujours avec cet appel lancé par un groupe de 92 députés au président Bouteflika, l’exhortant à ne pas le signer, le premier responsable du gouvernement tente de balayer d’un revers de main tous les soupçons suscités. « La loi de finances 2016 ne présente que des avantages (ma fiha ghir el khir)», lance-t-il, à l’occasion de l’inauguration de la 24e Foire de la production nationale qui se tient jusqu’à mardi prochain au Palais des expositions, à Alger.

En effet, Abdelmalek Sellal n’a pas cessé, tout au long de sa tournée dans les stands des exposants, de faire référence aux dispositions de cette loi qui « régleront tous les problèmes des producteurs nationaux», selon lui. Dans ses réponses aux doléances des exposants qui sollicitent clairement davantage de soutien de l’Etat, il cite « les aides aux producteurs nationaux et la création de la ligne verte pour l’exportation des produits locaux».

Comme pour la précédente édition, Abdelmalek Sellal exhorte, cette fois aussi, les opérateurs locaux à conquérir les marchés extérieurs. « Il faut être concurrentiels pour conquérir ces marchés. Il faut aller aussi vers les marchés ouverts grâce à la Zone arabe de libre-échange et faire preuve de patriotisme économique», lance-t-il devant le stand Leather Industrie.

Dans la foulée, Abdelmalek Sellal incite les producteurs nationaux à améliorer la qualité de leurs produits afin de répondre aux attentes et aux exigences du consommateur algérien et d’accéder aux marchés extérieurs. « Il faut se montrer plus agressifs sur le plan extérieur afin de rééquilibrer la balance commerciale du pays, en réduisant les sorties de devises et de diversifier les exportations», souligne-t-il.

Dans le même contexte, il appelle aussi les industriels de l’agroalimentaire à contribuer au développement de cette filière et d’accompagner les producteurs pour contribuer à réduire la dépendance des importations, notamment en matière du lait et de céréales. « Nous allons vous aider pour vous faciliter l’accès au financement et au foncier», promet-il. Pour faciliter l’accès aux financements des projets, Abdelmalek Sellal invite aussi les banques à faire des efforts supplémentaires dans l’attribution des crédits qui doivent passer de 22,30% actuellement à 30% en 2016.
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Aït Ahmed, pionnier de l’opposition au pouvoir

Publié le 24/12/2015, par dans Non classé.

Les velléités autoritaires nées dès l’indépendance acquise ont poussé Hocine Aït Ahmed à choisir la voie de l’opposition politique
pour perpétuer l’idéal de Novembre.
C’est dans un contexte douloureux qu’est né le Front des forces socialistes, juste après l’indépendance du pays, le 5 Juillet 1962. Pour son leader, Hocine Aït Ahmed, et ses compagnons, ce ne fut certainement pas facile de basculer dans l’opposition, après l’usure de tant d’années de guerre contre le colonialisme.

Mais il y avait vraiment de quoi, après le putsch de l’armée des frontières contre le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et la crise de l’été 1962. Alors député de Sétif, Hocine Aït Ahmed décide de reprendre le combat. Le 10 juillet 1963, il annonce une décision historique de mener la guerre contre le pouvoir : « J’ai décidé de mener une lutte politique ouverte contre le régime socialo-mystificateur (…). C’est le seul moyen de désamorcer la situation rendue explosive (…) et par l’incapacité de l’Assemblée nationale constituante de bloquer le totalitarisme du régime.»

Hocine Aït Ahmed, qui n’était pas encore dans la logique de la lutte armée contre le pouvoir central, lance, deux mois plus tard, le 29 septembre, le FFS pour opérer, comme il est écrit dans le texte sa proclamation, « le redressement de la Révolution algérienne, d’en assurer la continuité en instaurant un socialisme fondé sur l’adhésion populaire, seule garante de justice sociale et de liberté». Celui qui a été parmi les fondateurs de l’Organisation secrète (OS) du Parti du peuple algérien (PPA) en 1947 dont il a été le chef, est accusé de « séparatiste» par Ahmed Ben Bella, qui plonge la Kabylie dans un cycle de violence inouïe. Il constituait un véritable obstacle au processus de fascisation enclenché avec l’arrivée de Ben Bella au pouvoir sur les chars de l’armée des frontières.

« L’adoption du projet de Constitution dans une salle de cinéma, Le Majestic (actuelle salle Atlas de Bab El Oued) était une volonté délibérée d’humilier l’Assemblée nationale constituante.» « Au sein de cette dernière, en plus de la violation du règlement intérieur, toute critique du gouvernement fut perçue comme une véritable défiance à l’autorité de l’Etat. Peu à peu, l’Assemblée perdit ses attributions et prérogatives pour devenir une chambre d’enregistrement», souligne-t-on dans l’aperçu historique du FFS dans une contribution de Si Larbi Hanafi. Le 14 août 1963, les événements se précipitent et donnent raison à Aït Ahmed avec l’accentuation de la crise.

Le président de l’Assemblée nationale, Ferhat Abbas démissionne de son poste pour protester contre la fascisation du pouvoir. Il n’en fallait pas plus pour que Aït Ahmed, qui avait déjà claqué la porte, convaincu que l’institution en question n’était pas capable de freiner « la totalitarisation du régime». Dans une interview accordée à la télévision française (sources Ina.fr) lors de son passage à Paris, Hocine Aït Ahmed annonce sa démission de tous les organismes directeurs de la Révolution.

« Décision irrévocable», disait-il, qui « répond au consensus populaire, au désir du peuple qui rend responsable tous les dirigeants, sans exception, et qui voudrait les voir tous s’en aller». « Ma démission n’est pas un abandon du combat, car je reste militant, c’est un acte politique, une option de confiance dans ses couches effervescentes qui ont conduit la guerre de Libération nationale», a soutenu Aït Ahmed qui, quelques semaines plus tard, a choisi la voie des armes.

De la résistance armée à l’exil

« Ou c’est la fascisation morale, la mort pour notre peuple, ou bien la résurrection de notre Révolution.» « S’il y avait la moindre chance de dialogue, nous ne l’aurions pas ratée. L’expérience a montré, dans le FLN, dans l’ANP et les institutions, que toutes les issues étaient bouchées», confiait-il au journaliste de la télévision française en reportage sur les maquis de Kabylie. Aït Ahmed parlait de « la détermination des militants à détruire le régime». C’est la phase de la résistance armée de Hocine Aït Ahmed et du FFS. Un lourd tribut sera payé par ses partisans, après la défection du colonel et responsable de la Wilaya III, Mohand Oulhadj. « La solidité de la résistance conduisit le pouvoir à pratiquer les méthodes les plus barbares : jugements expéditifs, exécutions sommaires, emploi massif de la torture.

Ainsi, plus de 3000 militants du FFS séjournèrent dans les locaux de la Sécurité militaire à Dar Nakhla, au quartier chinois, avant d’être emprisonnés à El Harrach, Berrouaghia, Constantine, Lambèse et Oran», rapporte-t-on dans les annales du parti. La résistance armée paya un lourd tribut. « Des centaines de combattants, dans leur quasi-totalité d’anciens maquisards, tombèrent héroïquement pour leur idéal démocratique.» Après la défection de ce qui est appelé « premier état-major», en novembre 1963, Hocine Aït Ahmed est arrêté en octobre 1964.

A la fin de son procès, le 9 avril 1965, devant la cour criminelle révolutionnaire d’Alger, il déclare : « Le recours au peuple doit transcender les petits calculs tactiques. Il doit exprimer un tournant décisif. Nous pensons qu’il peut s’effectuer en permettant au FFS, à l’opposition en général, d’avoir une activité légale et publique, d’avoir sa presse et ses publications et de tenir au grand jour son congrès constitutif.» Ce fut, en fait, son objectif à l’issue des négociations avec le pouvoir de Ben Bella avant, bien sûr, que le coup d’Etat du 19 juin 1965 ne remette tout en cause.

Le 26 mai 1966, Aït Ahmed s’évade de la prison d’El Harrach et quitte le pays pour l’exil. « A l’occasion du Printemps berbère (1980), il joue avec le FFS un rôle modérateur d’encadrement politique des militants afin d’empêcher l’irruption de la violence et d’inscrire la revendication linguistique et culturelle dans l’exigence du pluralisme politique, à l’intérieur de la nation algérienne», souligne Hanafi Si Larbi, ancien membre du conseil national du parti dans sa contribution reprise sur le site du FFS.

Le 16 décembre 1985, il lance avec Ahmed Ben Bella, depuis Londres, l' »Appel au peuple algérien pour l’instauration de la démocratie et le respect des droits de l’homme». Le rapprochement a été vu comme une menace par le pouvoir en place. Il coûtera la vie à son initiateur, Ali Mécili, ami et bras droit d’Aït Ahmed, avocat au Lire la suite

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Tizi Ouzou : Rassemblement des Patriotes devant le siège de la wilaya

Publié le 24/12/2015, par dans Non classé.

La Coordination de l’alliance nationale des Patriotes algériens (Canpa) a organisé, hier, un « regroupement national de protestation» devant le siège de la wilaya de Tizi Ouzou.
Les organisateurs de la protestation qui a regroupé des dizaines d’anciens Patriotes venus de plusieurs wilayas du pays appellent les autorités à « reconnaître officiellement les sacrifices de plus de 20 années de notre vie. Cela doit être consacré dans la future Constitution». M. Taâmallah, président de l’ONDDP, demandera au gouvernement de se « pencher sérieusement sur le cas des Patriotes et clarifier les choses rapidement». « Nous ne cesserons pas de militer et de manifester, pacifiquement comme de coutume, jusqu’à la concrétisation de cette reconnaissance.» Par ailleurs, saisissant l’occasion de la manifestation à Tizi Ouzou, le président de l’ONDDP dénoncera « la décision récente des services de sécurité de délester nos camarades patriotes à Batna de leurs armes, et ce, sans justification ni motif officiels».

Ce dernier tient à « interpeller nos gouvernants, à partir de Tizi Ouzou, que si aucune suite n’est réservée aux multiples appels, lancés moult fois lors de précédentes marches, par les Patriotes de la nation, nous allons renforcer notre mobilisation sur le terrain». A rappeler que cette action a été prévue à l’issue de la rencontre nationale des Patriotes le 27 novembre dernier, organisée par la Canpa au siège du Mouvement démocratique et social (MDS) à Alger.

A noter, en outre, que les manifestants n’ont pu être reçus par les autorités de la wilaya de Tizi Ouzou, étant donné que ces dernières se sont rendues, hier matin, à l’inhumation, au village Tizit (commune d’Illilten, daïra Iferhounene), à 70 km au sud-est de Tizi Ouzou, du regretté chanteur Taleb Rabah, décédé mardi dernier. Rappelons aussi qu’un sit-in similaire a été tenu, avant-hier, devant le siège de la wilaya de Tizi Ouzou par des dizaines de gardes communaux, demandant notamment à bénéficier des droits à la retraite après 15 ans d’exercice, ainsi que des affectations dans leur commune de résidence. Lire la suite

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La première résistance à la dictature

Publié le 24/12/2015, par dans Non classé.

15 mois après la proclamation de l’indépendance, Hocine Aït Ahmed crée le FFS et organise la résistance pour dire non à la dictature imposée par l’armée des frontières.
La lutte pour la prise du pouvoir qui a commencé vers la fin des années 1950 allait connaître des épisodes dramatiques au lendemain de l’indépendance de l’Algérie. L’entrée en lice de l’armée des frontières dépossède le pays de ses perspectives démocratiques et le plonge dans des combats fratricides, quinze mois après la proclamation de l’indépendance.

La Kabylie qui a offert à la Révolution neuf colonels et des dirigeants politiques, tels que Hocine Aït Ahmed et Belkacem Krim, s’oppose à la démarche de la prise du pouvoir. Aït Ahmed démissionne du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et part s’installer dans sa région natale, Aïn El Hammam, où il naquit le 20 août 1926.

En septembre 1963, il fonde le Front des forces socialistes (FFS) qui réclame le pluralisme face au verrouillage de la vie politique imposé par le système du parti unique. Il entraîne par la suite la Kabylie dans un mouvement insurrectionnel armé. En 1962, il était déjà aguerri aux insurrections. A l’âge de 22 ans, il était le plus jeune membre du comité central auquel il présente, en 1948, un rapport sur les formes et la stratégie de la lutte armée pour l’indépendance et dirigea l’Organisation spéciale (OS) chargée de la formation des cadres militaires et de la mise en place d’un dispositif clandestin pour amorcer et développer la lutte armée.

Homme charismatique, Aït Ahmed séduit la population et la création du FFS a drainé une adhésion massive dans les villages de Kabylie, comme à Aït Zmenzer, près de Tizi Ouzou. Moh Ouali Maâcha, dit Djingo, avait 20 ans en 1963. Il se rappelle : « Dans mon village, Akendjour, même les cailloux ont fait la guerre de libération. Sur la poignée d’habitants, le village a sacrifié 42 martyrs. On a gagné la guerre contre le colonialisme, on ne peut donc pas accepter une autre forme de domination.

On a rejoint le FFS avec armes et bagages et on s’est installés dans la SAS d’Alma, libérée par l’armée d’occupation. On est restés là-bas quatre mois. On attendait les instructions.» L’appel à cette mobilisation a été lancé le dimanche 29 septembre 1963 à Tizi Ouzou lors d’un meeting populaire « sécurisé» par des soldats, sous le commandement du colonel Mohand Oulhadj. Toutefois, les relations tendues entre l’Algérie et le Maroc allaient changer la donne. Le divorce entre Aït Ahmed et Mohand Oulhadj est consommé.

La guerre frontalière algéro-marocaine éclate au moment où les deux gouvernements sont confrontés à une contestation sociale et politique. Elle est instrumentalisée par les deux protagonistes pour détourner leur opinion intérieure vers un supposé danger extérieur. Pour l’Algérie, ce qui menace directement le gouvernement, c’est la dissidence de Hocine Aït Ahmed et de ses partisans à Tizi Ouzou. Premier à exploiter cette nouvelle conjoncture, le président Ahmed Ben Bella déclare que « la concentration de l’armée chérifienne à la frontière et les agissements du FFS prouvent qu’il s’agit d’une action concertée.

Tout a été tramé dans l’ombre, à l’étranger». La pression des événements a sans doute précipité et accentué les divisions au sein de la direction de la rébellion. Les troupes mobilisées sont restée fidèles au commandement. Moh Ouali poursuit son témoignage : « A la SAS, notre point de regroupent, on a reçu l’ordre du colonel Mohand Oulhadj de nous regrouper à Oued Aïssi en tenue militaire. Comme armes, on avait des Mats 49 et des Mas 36 et 51 et pas assez de munitions.

On nous a dit qu’on devait défendre le pays. On a passé 4 mois dans notre base à Fort Lotfi. Comme on tournait en rond, on s’est enfuis, marchant pendant 3 jours et 3 nuits pendant le mois de Ramadhan. On a été arrêtés puis emprisonnés à Béchar. A notre libération, on retrouve les rangs du FFS alors qu’une folle ambiance de suspicion s’est installée. A la délation s’ajoutait la trahison. Le 21 avril 1964, 5 morts et 7 blessés ont été dénombrés dans mon village.

J’ai moi-même été blessé à la jambe et après 3 mois d’hospitalisation, on a été transférés à la prison de Lambèse pour être libérés enfin le 9 juillet 1965. Aujourd’hui, je ne regrette rien, même si l’Etat refuse de reconnaître et d’indemniser les 400 morts.» Aujourd’hui, la revendication d’un statut de martyrs pour les « maquisards du FFS» attend toujours. Pour de nombreux militants du parti, la disparition de la figure emblématique du mouvement insurrectionnel risque d’entraîner la clôture définitive du dossier. Lire la suite

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Témoignage : Instantanés d’une rencontre

Publié le 24/12/2015, par dans Non classé.

Au hasard d’une interview, j’eus à rencontrer et apprécier ce monument de l’histoire, cet homme politique hors pair qu’est Hocine Aït Ahmed. Fin 2003 , à quelques mois de l’élection du 17 avril 2004, les opposants au second mandat de Bouteflika peinaient à se faire entendre, tant le champ politico-médiatique leur était quasiment fermé. Bouteflika voulait passer haut la main, prendre sa revanche et faire oublier le scrutin de 1999 qui l’avait mal élu.

Pour le journal El Watan, il était nécessaire de faire parler Aït Ahmed, alors établi en Suisse, afin de se remettre de ses ennuis de santé et pour prendre du recul après la présidentielle de 2009, qu’il dut boycotter aux côtés de Mouloud Hamrouche, Taleb Ahmed, Djaballah, Mokdad Sifi et Saïd Sadi, tous protestant contre le « jeu politique fermé» par Bouteflika et ses alliés. Comme le quotidien El Khabar eut la même idée, je me retrouvais à Lausanne avec son envoyé spécial pour un entretien à publier dans les deux journaux. Après les précautions sécuritaires d’usage, le président du FFS nous rencontra dans un hôtel du centre.

Il n’avait rien perdu de sa superbe, gabardine beige et large écharpe relevant sa longue silhouette. Il s’enquit de l’evolution politique du pays, visiblement soucieux d’entendre un son de cloche différent de celui de son parti. D’emblée, à une question sur l’élection d’avril 2004, Aït Ahmed, se voulant constructif, proposa un plan : retarder le scrutin et le faire précéder de l’élection d’une Assemblée constitutante. Il dit être prêt à prendre les contacts nécessaires et à rentrer au pays pour se porter garant de la réussite de la transition.

Mais comme d’habitude , il ne fut pas écouté. Bouteflila conserva son élection qu’il « remporta» avec un score brejnevien, renouvelé deux fois, en avril 2009 et en avril 2014. Aït Ahmed avait quand même pris la précaution de dire, dans l’entretien, qu' »il faut cesser de se moquer des Algériens en leur faisant jouer les prolongations dans des sables mouvants». « Loin de rompre le cercle vicieux du système, la présidentielle n’est que l’un des maillons-relais qui pérennisent le statu quo.» Aït Ahmed cachait difficilement qu’il était meutri de voir son pays rater le cours de l’histoire et surtout ne pas être à la hauteur du combat séculaire du peuple algérien et du sacrifice de ses chouhada.

Aussi, il tenait toujours à inscrire son combat dans l’histoire : « On ne répètera jamais assez que seule l’Assemblée nationale constituante élue au suffrage universel en octobre 1963 avait la légitimité pour construire les fondations de l’Etat.» Il n’a jamais digéré le coup d’Etat constitutionnel de 1963 qui eut lieu dans une salle de cinéma de la capitale. Depuis cette date, son combat vise à faire retrouver à l’Algérie sa légitimité constitutionnelle. Si celle-ci n’a pas encore eu lieu, le mot d’ordre de « transition» a fait son chemin. Il est aujourd’hui le principal cap de l’opposition politique. La Tunisie, qui l’a experimenté, a renoué avec le cours de l’histoire.

Pour ses idées, Aït Ahmed fit de la prison, fut banni du pays, mais il resta toujours aux commandes de son parti, le FFS, premier parti de l’opposition de l’Algérie post-indépendance. L’exil fut son royaume, mais son cœur et son esprit n’avaient jamais quitté l’Algérie. Pour supporter cet exil, il se tenait quotidiennement et dans les moindres détails informé par son parti du cours des événements dans le pays. Il intervenait à chaque événement important, interpellant ou fustigeant les autorités du pays. Durant la décennie noire, il chercha à ramener les islamistes à la raison. Pour ce faire, il prit le risque de se couper de la résistance populaire contre eux en participant à la conféreence de Sant’Egidio, aux côtés de Anouar Haddam.

Ce fut une tâche noire dans son action politique, mais il a nié devant nous avoir cherché à dedouaner les islamistes des crimes qu’ ils ont commis durant cette période. Aït Ahmed aimait l’Algerie et il ne se lassait pas d’en parler, tout simplement. Ayant su au cours d’un dîner que j’étais originaire de la région des Ouacifs, il évoqua avec nostalgie ses longues randonnées d’enfance, à vélo, entre cette ville et Aïn El Hammam, sa region natale.

Alors que je lui offrai une boîte de dattes Deglet Nour, il me dit avec malice : « M’as-tu ramené une bouteille d’huile d’olive?» Il me remis une copie d’un texte de 2001 écrit en anglais par un universitaire américian, Matthew Connelly, professeur à l’université du Michigan, intitulé « Rethinking the cold war and decolonisation : the grand strategy of the algerian war fot the independence». Il le jugea pertinent et utile à faire connaître au public algérien. Il me dédicaça un de ses livres paru aux éditions de Minuit en 1964, La Guerre et l’après-guerre. Aït Ahmed n’était pas seulement un leader du mouvement national et un homme politique. C’etait aussi un grand intellectuel, un brasseur d’idées et un visionnaire.

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Les entreprises affichent leurs inquiétudes

Publié le 24/12/2015, par dans Non classé.

Dévaluation du dinar, nouvelles taxes, hausse des prix des produits énergétiques… Les entreprises algériennes s’inquiètent de ces nouvelles contraintes qui portent un coup dur à leur outil de travail et menacent leur pérennité.
C’est le cas notamment de la marque Ifruit du groupe Ifri, implantée dans la wilaya de Béjaïa. « La loi de finances prévoit une taxe pour la filière des boissons. Nous sommes touchés, à l’instar de l’ensemble des acteurs de la filière», se plaint Djaffar Sadou, chef du département marketing de cette entreprise, rencontré hier à la Foire de la production nationale qui se déroule à la Safex d’Alger.

L’Association des producteurs algériens de boissons à laquelle adhère son entreprise a engagé des pourparlers avec les pouvoirs publics dans l’espoir d’exclure la catégorie des eaux de fabrication de boissons de l’article 51 qui prévoit une double imposition. Malgré la dépréciation du dinar, l’entreprise, l’une des plus florissantes du pays, a maintenu contre vents et marées ses prix inchangés en 2015, selon lui. Mais ce qui taraude davantage ce responsable, c’est l’augmentation en 2016 des prix des produits énergétiques. « Nous sommes les seuls à couvrir les 48 wilayas grâce à notre réseau de distribution constitué d’une grande flotte. Dans ces conditions, l’augmentation du prix du gasoil sera préjudiciable pour l’entreprise», explique notre interlocuteur.

Par conséquence, la société, à l’instar des opérateurs économiques de la filière boisson, l’une des filières les plus dynamiques du pays, n’a pas d’autre choix que d’augmenter les prix de ses produits. Djaffar Sadou trouve surtout « contradictoire» le discours officiel appelant à la promotion la production nationale, alors que des entreprises du secteur privé font face à de nombreuses difficultés. « On devrait normalement aider les entreprises qui créent de la richesse et de l’emploi», commente-t-il. Même inquiétudes exprimées par M. Dabli, responsable commercial de la laiterie Soummam, leader dans la production des laitages et des yaourts en Algérie. La société, note-t-il, évolue dans un climat contraignant en citant notamment la dévaluation de la monnaie nationale.

« La dévaluation du dinar a affecté l’ensemble des entreprises. C’est quelque chose de contraignant. On peut contrôler les facteurs internes à l’entreprise, mais nous n’avons pas une marge de manœuvre face à des facteurs exogènes», dira notre vis-à-vis. Ajoutez à cela la hausse des prix de l’électricité et de l’essence, prévue dans le cadre de la loi de finances 2016.

Pour amortir ces nouvelles hausses sur le coût de revient, les entreprises seront obligées de les répercuter au final sur les prix des produits, ajoute-il, précisant que l’activité des entreprises sera en berne en raison de la baisse de la consommation des ménages.
Pour Azzedine Harbi, directeur commercial de la filiale Brandt-Algérie du groupe algérien Cevital, la dévaluation du dinar n’a épargné aucune entreprise.

Cette contrainte supplémentaire, couplée à la détérioration du pouvoir d’achat des consommateurs, pousse déjà la société, spécialisée dans l’électroménager, à s’adapter en mettant l’accent sur une nouvelle stratégie de marketing, orientée principalement sur la qualité des produits et le service après-vente. Lire la suite

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