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Scène de musique, scène de résistance à Alger

Publié le 17/01/2016, par dans Non classé.

Tôt dans la matinée d’hier, ils étaient une vingtaine de personnes à venir soutenir le jeune artiste Mohamed Dadah, plus connu sous le nom de Moh Vita Boy, accusé par les éléments de la sûreté de wilaya d’Alger de « mendicité professionnelle» et d’ « occupation illégale de la voie publique».

Répondant positivement à l’appel de solidarité lancé sur les réseaux sociaux, ces derniers, dont de jeunes artistes, des journalistes et des passants, disent ne pas comprendre l’attitude répressive des policiers à l’encontre de ce jeune qui ne faisait rien sauf chanter. « Depuis quand nous interdit-on de chanter ? Quelle est la loi qui prohibe le bonheur et la liberté ?» s’indigne une jeune artiste.

Pour elle, les motifs avancés par les forces de l’ordre sont aberrants étant donné que le nombre de mendiants est en continuelle hausse à Alger et dans la majorité des wilayas du pays. « Les éléments de la police ont sûrement des choses plus sérieuses à faire que de traquer des jeunes qui chantent, s’emporte un jeune médecin venu de Tipasa.

Je ne comprends pas pourquoi les forces de l’ordre n’interviennent pas lorsqu’il s’agit d’une femme qui utilise ses enfants, qui souvent ne le sont pas, juste pour mendier. Il est inadmissible aussi de voir des pseudo commerçants utiliser la voie publique pour dresser leurs étals de fortune.»

D’autres se demandent pourquoi les policiers font preuve de passivité devant les « parkingueurs illégaux» qui imposent leur loi dans toutes les aires de stationnement et les ruelles d’Alger ? Pourquoi n’interviennent-ils pas pour interdire le stationnement des véhicules sur les trottoirs ?
Dès le début du rassemblement, des sympathisants de Mohamed Dadah, la police est intervenue dans l’espoir de dissiper la petite foule.

Après avoir tenté de l’intimider loin des yeux des journalistes, ils ont demandé au jeune artiste de se diriger vers l’APC d’Alger-Centre et de demander une autorisation s’il tient à se produire en pleine rue. Après une grande insistance de la foule et des passants, Mohamed Dadah, malgré la pression a finalement chanté. Il se rendra aujourd’hui à l’APC d’Alger-Centre pour avoir cette autorisation de pratiquer sa passion en toute liberté. Mais ce n’est pas fini.

Puisque dans l’après-midi, des artistes – professionnels, amateurs –, guitares accrochées au cou convergent vers le centre-ville. Par dizaines, des groupes se forment autour de ces jeunes artistes de rock, folk, el haouzi « sèment» de la belle musique sur les trottoirs

aux alentours de la place Audin qui a retrouvé ses couleurs, celles de l’amour et de la gaieté. Des femmes arrivent des roses à la main. Un moment de liberté volé, mais surtout un petit moment de résistance, de réappropriation de l’espace public. Une ambiance de joie furtive qui n’a pas manqué de redonner une lueur d’espoir au peuple d’Alger. « C’est un bonheur de voir des jeunes, filles et garçons, se retrouver dans un moment de bonheur pour chanter.

La vie dans la ville est d’une morosité insupportable, il faut qu’elle renoue avec l’allégresse, au lieu de céder des espaces aux charlatans, il faut laisser faire cette belle jeunesse pétrie de talents et d’intelligence», glisse un femme entre deux morceaux de musique folk. « Nous sommes venus spontanément pour chanter dans la rue dans un moment de partage avec les gens ordinaires. La musique donne de la vie, l’empêcher c’est empêcher la vie», note timidement une jeune fille arborant fièrement son violon.

Ces jeunes artistes sortis de « nulle part» ont réussi à faire du boulevard une scène de musique, mais surtout une belle scène de vie.
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le Djurdjura renoue avec le manteau blanc

Publié le 17/01/2016, par dans Non classé.

La neige a enfin fait son apparition dans plusieurs régions du l’est et du centre du pays.
Annoncé dans un bulletin météorologique spécial (BMS) et après plusieurs mois de « beau temps», de nombreuses communes de haute montage de la wilaya de Bouira ont été couvertes depuis la soirée d’avant-hier d’un manteau blanc. Depuis vendredi soir, des flocons de neige sont tombés sur les hauteurs des communes d’Aghbalou, Haizer, Taghzout, Ath Laâziz, au nord et l’est de la wilaya ainsi qu’une bonne partie des localités de l’ouest de la wilaya comme Zbarbar et Guerrouma.

Bien que la couche de la poudreuse n’était que de quelques centimètres, la circulation automobile a été perturbée sur certains axes routiers. La RN15 et la RN33 reliant Bouira à Tizi Ouzou sont fermées respectivement au niveau des cols de Tirourda et Tizi n’Kouilal. La RN33 menant du chef-lieu communal de Haizer à la station climatique de Tikjda est recouverte d’un épais manteau blanc, rendant ainsi l’accès difficile aux automobilistes. Idem pour les chemins communaux desservant les communes rurales : le CW5 reliant Bouira à Ath Laâziz est difficile d’accès, a-t-on constaté sur place.

Tout comme, dans le sud de la wilaya, notamment sur les massifs de haute altitude, où la neige a rendu la chaussée de la RN8 impraticable à certains endroits, comme au col de Dirah culminant à plus de 1000 m, et celui de Bekouche. Le retour des pluies et de la neige a été accueilli avec satisfaction par les populations, surtout les agriculteurs. Lire la suite

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«Les cours du pétrole continueront à chuter»

Publié le 17/01/2016, par dans Non classé.

Les cours du baril ont reculé en dessous du seuil des 30 dollars. Quels sont les facteurs qui expliquent, selon vous, la chute vertigineuse et inexorable des cours du brut ?

C’est ce qu’on appelle les fondamentaux. Vous avez une offre largement supérieure à la demande. C’est un premier facteur. Mais cela dure depuis un certain temps déjà. Il y a aussi les économies qui commencent à rétrécir. On a vu l’exemple de la Chine. Et cela a un impact sur la demande qui ne fait que diminuer. Il y a aussi la décision de certains membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de maintenir les niveaux de production, malgré la situation actuelle. Situation qui n’est pas favorable aux vendeurs, mais plutôt aux acheteurs, à savoir une offre bien supérieure à la demande.

Cela est d’autant plus inquiétant qu’il y a la possibilité de voir l’arrivée de nouveaux entrants sur le marché. Il semble aussi que le dossier du nucléaire iranien soit réglé et que les sanctions soient levées par l’Union européenne et les autres pays.

Probablement, l’Iran sera amené à augmenter sa production et rattraper le manque à gagner du fait des sanctions depuis maintenant dix ans. Il semblerait qu’il soit prêt à mettre très rapidement 500 000 barils par jour (b/j) sur le marché. N’oublions pas aussi qu’aujourd’hui, beaucoup de pays producteurs sont limités par rapport à leurs capacités de production. On peut citer l’exemple de la Libye ou encore celui de l’Irak.

Autant de facteurs qui laissent penser que l’avenir n’est pas très rose pour le marché pétrolier.

Cependant, le marché avait commencé à anticiper le retour de l’Iran. Pourquoi une réaction aussi vive aujourd’hui ?

Oui, le marché a anticipé le retour de l’Iran, mais il faut savoir qu’il est très réactif. A partir du moment où l’Iran annoncera une augmentation de sa production, il réagira encore. C’est vrai que le marché a anticipé, mais le jour où cela deviendra effectif, il réagira en conséquence.

La banque américaine Stanley prévoit un baril à 25 ou 20 dollars. Les cours pourraient-ils crever ce seuil ? Où se situe aujourd’hui, selon vous, le prix plancher du brut ?

Personne ne dispose d’une boule de cristal pour dire aujourd’hui quel sera ce prix plancher. Nous sommes dans une tendance baissière prononcée et le pétrole va continuer à chuter, sauf événement particulier ou une décision de l’Opep de réduire sa production de 2 à 3 millions de b/j. Si les choses restent telles qu’elles le sont aujourd’hui, il n’y a aucune raison pour que la chute s’arrête.

Maintenant, quel sera le prix de la réaction auquel la chute va s’arrêter ? Personne ne peut le dire.

Pensez-vous que dans les conditions actuelles, le scénario d’un rééquilibrage du marché au second semestre 2016 peut tenir la route ?

Je le souhaite en tant que citoyen d’un pays producteur. Mais je ne vois pas comment cela serait possible. La tendance est baissière. Je vous donne un exemple : en d’autres temps, les tensions entre l’Arabie Saoudite et l’Iran auraient fait bondir le baril de pétrole de 4 à 5 dollars de plus. Or, dans la situation actuelle, le cours n’a absolument pas réagi, alors qu’il aurait dû le faire à un tel événement majeur.

Dans ces conditions, peut-on dire que l’Algérie risque un choc encore plus violent en 2016 et en 2017 ?

A partir du moment où notre économie est basée essentiellement sur nos exportations en énergie, l’évolution du marché est une donnée dont il faut tenir compte. N’oublions pas qu’on parle beaucoup du prix du pétrole, mais il y a aussi le gaz qui suit derrière. Et ce dernier est un élément important dans nos recettes. N’oublions pas aussi que l’Iran dispose des deuxièmes réserves de gaz les plus importantes au monde, et il sera aussi amené à exporter son gaz.

Justement, la revue spécialisée Petrostratégies évoque les risques qui pèsent sur la position de Sonatrach sur le marché européen du gaz avec l’arrivée du GNL américain et du gaz de Méditerranée orientale. Quel est votre avis sur la question ?

Il est certain qu’il faut tenir compte de tout cela. D’autant plus que certains acheteurs souhaitent renégocier les contrats de fourniture de gaz et ne veulent plus de contrats à long terme. Ils demandent pratiquement des conditions de marché spot. Il y a des pays qui sont prêts à accepter ces conditions et cela va changer complètement la problématique du gaz. Il ne faut pas se braquer sur le pétrole.

On s’est battus pour l’indexation des prix du gaz sur le pétrole et les produits raffinés. Si le prix du pétrole chute, le prix du gaz va suivre. Il faut tenir compte de ces données et essayer de trouver une réactivité. Le gaz reste important pour nous, c’est 35% de nos recettes.

Une récente étude explique qu’à un prix en deçà des 20 dollars, il ne serait plus rentable d’exporter du brut pour l’Algérie. Quel est votre avis sur la question ?

C’est toute la problématique des coûts de production au sein de Sonatrach qu’on ne connaît pas vraiment. Si on arrive à un baril à 20 dollars et sachant que nos coûts de production, bien qu’ils soient inférieurs à 20 dollars, n’en sont pas très loin, cela serait effectivement très préoccupant. Lire la suite

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Commerce : Fermeture du plus grand marché informel de gros

Publié le 17/01/2016, par dans Non classé.

C’est le ministre du Commerce, Bakhti Belaïb, qui l’a annoncé hier. Le plus grand marché informel de gros des produits alimentaires va être fermé. Il se trouve à Gué de Constantine (ex-Semmar).
Ce marché informel va être transféré vers un autre site plus approprié qui sera soumis au contrôle de l’Etat. Autrement dit, il rentrera dans le circuit formel du commerce de gros. Le ministre du Commerce, qui s’est exprimé lors d’une rencontre avec des commerçants activant dans ce marché, au siège de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), a précisé que cette décision répondait aux « revendications légitimes» des commerçants qui exercent leur activité dans des conditions difficiles.

« Notre rencontre vise à examiner le projet de réalisation d’un nouveau marché où toutes les conditions seront réunies pour l’exercice de cette activité», a ajouté le ministre annonçant sa visite, dans quelques jours, à ce marché créé il y a environ une vingtaine d’années et, depuis, s’est élargi anarchiquement. Le site du nouveau marché sera bientôt défini par les autorités locales pour examiner ensuite les questions liées au financement et autres. Quelque 800 commerçants exercent dans ce marché qui offre plus de 20 000 emplois, selon les données de l’UGCAA. La capacité d’accueil du nouvel espace commercial sera de 1000 locaux, a fait savoir le ministre, précisant qu’il s’agira d’un marché de dimension internationale, vu qu’une partie des produits sera destinée à l’exportation.

La plupart des grossistes des fruits et légumes ou de produits alimentaires exercent dans l’informel, d’où l’importance de créer un nouvel espace pour une meilleure organisation du secteur aux plans du contrôle, l’approvisionnement et la régulation. M. Belaïb a rappelé que huit marchés de gros des fruits et légumes étaient en cours de réalisation, dont deux seront réceptionnés cette année. Le secrétaire général de l’UGCAA, Salah Souilah, a indiqué, pour sa part, que le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, avait approuvé, lors de leur rencontre la semaine écoulée, le projet revendiqué depuis des années par l’UGCAA. La réalisation du nouveau marché ne devrait pas excéder un délai de six mois, a-t-il ajouté. Pour ce qui est de la hausse des prix de certains matériaux de construction dont le ciment et le rond à béton, le ministre a évoqué la mise en application des licences d’importation ainsi que l’arrêt technique de trois cimenteries prévoyant une stabilisation prochaine des prix. Lire la suite

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Deux victimes algériennes dans l’attentat de Jakarta

Publié le 17/01/2016, par dans Non classé.

Deux ressortissants algériens figurent parmi les victimes de l’attentat terroriste qui a frappé jeudi la capitale indonésienne, Jakarta. Ils ont été identifiés, a indiqué le ministère des Affaires étrangères (MAE).
Il s’agit de Amer-Ouali Tahar, né le 24 juillet 1946 à Ogdal (w. de Tizi Ouzou), fils de Mohamed et de Amer-Ouali Tassadit, immatriculé auprès du consulat général d’Algérie à Montréal, qui était également détenteur de la nationalité canadienne et qui est décédé, et son frère Amer-Ouali Mourad, né le 8 octobre 1971 à Aïn Ouessara (w. de Djelfa), qui lui est blessé et est toujours hospitalisé à Jakarta.
Le MAE a mis en place une cellule de veille.

Par ailleurs, le département de Ramtane Lamamra a rassuré qu’aucun ressortissant algérien ne figure pour le moment parmi les victimes des attaques terroristes perpétrées vendredi et hier à Ouagadougou. « Suite aux attaques terroristes qui ont ciblé plusieurs lieux dans la capitale burkinabé, Ouagadougou, le ministère des Affaires étrangères informe qu’aucun ressortissant algérien ne figure pour le moment parmi les victimes», a précisé le MAE dans un autre communiqué rendu public hier. Le centre de veille et de gestion des crises « est en contact permanent avec l’ambassade d’Algérie à Ouagadougou pour suivre de près l’évolution de la situation sur place», a ajouté le communiqué.

L’Algérie a condamné avec « la plus grande vigueur» ces attaques terroristes, en exprimant sa solidarité avec les familles des victimes ainsi qu’avec le gouvernement et le peuple burkinabés. Aussi, l’Algérie a condamné l’attaque meurtrière menée par le groupe terroriste shebab contre une base de la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom) qui a coûté la vie à plusieurs soldats kényans, a indiqué hier un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

« L’Algérie réitère son soutien au gouvernement somalien et à l’Union africaine dans leurs efforts pour la stabilisation de ce pays frère et l’éradication du fléau terroriste», a ajouté le même communiqué. Au moins 50 soldats kényans ont été tués vendredi matin dans cette attaque lancée par le groupe shebab contre une base de l’Amisom. Lire la suite

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Encore une Constitution transitoire…

Publié le 17/01/2016, par dans Non classé.

Les Algériens, inquiets des augmentations de prix de ce début d’année, reçoivent le projet de Constitution qui vient d’être transmis au Conseil constitutionnel, en se demandant si les avancées ostentatoires et obligées en matière de droits et libertés amélioreront réellement les conditions démocratiques générales et leur donneront les moyens de s’assurer une vie digne. Avec plus de 100 amendements, le pouvoir leur paraît toujours plus soucieux de se légitimer, de neutraliser des adversaires et d’obtenir des ralliements que d’apporter une réponse durable au besoin de changement radical.

Des progrès quantitatifs, arrachés au prix de luttes héroïques, sont perceptibles dans différents domaines, même s’ils sont de portées et d’ampleurs différentes. Ils demeurent cependant tous conditionnés par des conceptions hégémoniques qui constituent la matrice idéologique du pouvoir depuis l’indépendance. Les recompositions internationales et les besoins nationaux posaient pourtant l’exigence d’aller vers un changement qualitatif et une deuxième République, démocratique et sociale.

Lors de la présentation de l’avant-projet de la Constitution, Ouyahia affirmait soupçonner la société de semer l’anarchie. La démocratie apaisée telle que conçue par Bouteflika n’impulse donc pas de changement décisif dans le rapport entre l’Etat et la société. L’arbitraire amène ainsi à constitutionnaliser le concept de fitna qui culpabilise la société et à imposer la réconciliation nationale plutôt que de consacrer la résistance au terrorisme islamiste et reconnaître le sacrifice de centaines de milliers d’Algériens, civils et militaires. La souveraineté de cette nation, suspecte aux yeux du pouvoir, est même remise en cause par l’article 178 qui lui interdit de réécrire certains articles de la Constitution.

La nation doit pourtant être la loi. Elle doit fonder l’ordre politique, car c’est la condition de l’unité de l’Etat et de la nation.
La formulation de l’identité nationale relève elle aussi d’une démarche quantitative en droite ligne des conceptions hégémoniques du pouvoir. Il faut se féliciter que tamazight soit consacrée langue nationale et officielle, c’est le fruit d’un long combat, même si l’arabe est promu langue officielle d’Etat et si l’islam est toujours confisqué par l’Etat, malgré l’affirmation de la liberté de culte qui ne peut prendre tout son sens que par la séparation du politique et du religieux. Le pouvoir tourne ainsi le dos à l’exigence de consacrer l’algérianité.

Il envisage encore l’identité nationale non comme une synthèse singulière, mais comme une addition de différentes composantes dont il s’agit uniquement d’aménager les quantités et les rapports en les hiérarchisant.

Le principe représentatif et celui de séparation des pouvoirs sont eux aussi maintenus sous tutelle. Le régime semi-présidentiel est légèrement rééquilibré, mais le chef du gouvernement qui préside le Conseil des ministres ne peut mettre en œuvre qu’un programme d’action dans le cadre du programme du Président. Pour le nommer, ce dernier n’a qu’à consulter la majorité parlementaire en disposant toujours du droit de dissoudre l’APN et d’un véritable droit de veto à travers le tiers bloquant au Conseil de la nation. La multiplication des conseils dans différents domaines et pour différentes catégories de la société ne pallie pas le déficit de représentation, même si elle permet d’associer de nouvelles énergies à la gestion de l’Etat.

Si la Constitution renforce les droits de l’opposition parlementaire, les forces vives sont acculées à se transformer en lobbies sans pouvoir concourir de manière autonome à la formation de la volonté politique du peuple. Et même s’il concède une instance indépendante de surveillance des élections pour garantir la sincérité du vote, le pouvoir écorche l’idée même de représentation en n’affirmant pas le principe de liberté de candidature pourtant à la base d’une représentation indépendante. Il durcit même les conditions en interdisant aux citoyens non-résidents en Algérie de postuler à la Présidence.

En vérité, la notion d’Etat de droit est vidée de son contenu démocratique, tandis que les droits et libertés consacrés par la Constitution sont tous soumis à la loi alors qu’ils devraient s’imposer à elle. Le régime déclaratif devrait se substituer à celui d’agrément en matière d’organisation et d’activité démocratiques. Les principes ne devraient pas être bornés, comme c’est le cas de la parité limitée au domaine de l’emploi. Les mesures transitoires ne devraient pas retarder la mise en œuvre des droits comme celui de saisir le Conseil constitutionnel pour une exception d’inconstitutionnalité.

Tous les droits sociaux devraient être opposables à l’Etat. Ils ne devraient surtout pas être remis en cause en inscrivant dans la Constitution les choix néolibéraux du pouvoir qui n’hésite pas ainsi à affirmer une idéologie d’Etat. L’islamisme et la classe politique nihiliste savent que ce qui compte pour eux, c’est le maintien du caractère despotique national-libéral de l’Etat.

C’est d’ailleurs avec ses instruments et son personnel politiques que Bouteflika compte rapidement traduire dans la loi les dispositions introduites dans la Constitution. Les partisans de l’Etat théocratique font donc de la surenchère contre tamazight et sur une pseudo-dérive séculière en sachant que même s’ils perdaient la bataille, ce ne serait pas une défaite définitive tant que leur présence dans les institutions est assurée. Ils peuvent être d’autant plus rassurés que de larges pans de l’opposition démocratique considèrent que cette révision est une diversion et se dispense de tout travail de clarification.

Sans négliger ce qui peut faire avancer la cause de la démocratie, à partir d’acquis partiels, intermédiaires, mêmes limités, le MDS tient, quant à lui, à rappeler les leçons de l’expérience : on ne peut indéfiniment usurper les luttes et résistances de la société. Elle exigera toujours des garanties de mise en œuvre du futur texte constitutionnel. Elle posera toujours la question essentielle du changement au sein des institutions et de la base socioéconomique de l’Etat.

Les questionnements s’accumulent et les luttes s’engagent déjà, comme c’est le cas autour de l’officialisation de Yennayer. Ce processus finira par cristalliser au plan politique et permettra de résoudre les contradictions et les inconséquences de cette Constitution, afin d’aborder les changements fondamentaux dont a besoin le pays. Le MDS appelle les forces républicaines et démocratiques conséquentes à s’organiser et à s’unir pour préparer cette alternative.

Alger, le 14 janvier 2016 Le bureau national du MDS

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