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Le Prix Moufdi Zakaria de la poésie arabe attribué au poète syrien Ahmed Mahmoud Amich

Publié le 12/12/2015, par dans Non classé.
Le Prix Moufdi Zakaria de la poésie arabe attribué au poète syrien Ahmed Mahmoud Amich
GHARDAIA- Le Prix Moufdi Zakaria de la poésie arabe décerné par l’association culturelle El Djahidia est revenu cette année au poète syrien Ahmed Mahmoud Amich pour son oeuvre « double naissance de la même mère », a annoncé à Ghardaïa le président de l’Association. Le Prix, attribué lors d’une cérémonie organisée vendredi…

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Premier client de l’Algérie, l’Espagne rattrapée par les scandales de corruption

Publié le 12/12/2015, par dans Non classé.

Selon le quotidien espagnol El Mundo, deux dignitaires espagnols auraient empoché une « redevance mensuelle» de 15 000 euros et quelque 737 000 euros de commissions.
Miraculeusement épargné jusque-là, le royaume d’Espagne, premier client de l’Algérie (plus de 15 milliards d’euros de volume d’échange), fait son entrée bruyante dans le club pléthorique des pays dont les sociétés paient des commissions et des rétro-commissions pour s’adjuger des marchés publics en Algérie. C’est El Mundo, le grand quotidien espagnol qui l’a révélé dans sa livraison de jeudi dernier. Le journal espagnol a ainsi levé un pan de voile sur les pratiques de certaines sociétés ibériques investies surtout dans le secteur de l’énergie, des ressources en eau, des transports, etc.

Véritable coup de tonnerre dans le ciel de l’establishment politique espagnol, le scandale, le premier du genre a être porté sur la place publique, met aux prises, en plus des responsables algériens – et leurs familles – de l’Algérienne des eaux (établissement public à caractère industriel et commercial), l’un des groupes d’entreprises espagnoles les plus importants et de référence dans les secteurs des infrastructures, des énergies renouvelables et des nouvelles technologies, Elecnor en l’occurrence, 1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2014.

Les protagonistes de ce scandale, qui réunit des dirigeants politiques espagnols en les personnes de Gustavo de Aristegui, ambassadeur d’Espagne en Inde depuis avril 2012 – et anciennement ambassadeur en Algérie –, et Pedro Gomez de la Serna, député du Parti populaire espagnol, le n°2 du parti de droite espagnol au pouvoir, sont soupçonnés de trafic d’influence, d’évasion fiscale et d’avoir touché plusieurs millions d’euros de commissions via leur société Voltar Lassen.

Dans son enquête étayée par des documents mis en ligne, la radio Cadena SR (groupe radiophonique espagnol) révèle que les cabinets conseil Scardovi (propriété de Pedro Gomez de la Serna) et Karistia (propriété de Gustavo de Aristegui) – entreprises de lobbying espagnoles agissant sous le label international Voltar Lassen – ont facturé, entre 2011 et 2014, à une vingtaine de sociétés, dont Elecnor, des services visant à obtenir des contrats de travaux publics à l’étranger. Ces sociétés payaient une redevance mensuelle fixe et une commission comprise entre 1% et 5% pour chaque marché passé.

Il en est ainsi des deux contrats attribués à Elecnor en Algérie : la construction d’un système de canalisation d’eau en 2009 pour 250 millions d’euros (dit travaux aval de la station de dessalement d’eau de mer de Souk Tleta à Tlemcen sur un linaire de 157 km) et le contrat de réalisation du tramway de Ouargla signé en 2013 pour un montant de 230 millions euros. Les documents publiés font état d’une commission de 1% pour le contrat du système de pipeline et une facture d’un montant de 737 000 euros. Pour le tramway, figure une facture pour le paiement d’un montant de 92 000 euros.

Dans le dossier de mise en accusation établi par le procureur des services anticorruption de la division Fiscalía Anticorrupción, figurent deux courriers remis par un ancien associé de Volar Lassen. Ces courriers étaient adressés par Critobal Tomé, l’agent basé à Alger de la firme Voltar Lassen, au député PP. Ces correspondances ont permis à la Fiscalía Anticorrupción de découvrir le modus operandi, les montants et voies de paiement des commissions.

Dans ces lettres (datant de 2012), l’intermédiaire espagnol reconnaissait avoir soudoyé des proches de dirigeants de l’ADE, d’avoir versé, par l’intermédiaire de Wertern Union, en France, des commissions et réclamait au député une intervention auprès de Elecnor pour lui reverser la somme de 570 000 euros avancés par ses soins pour sécuriser lesdits contrats. Selon El Mundo, pour les projets précités, les deux dignitaires espagnols auraient empoché une « redevance mensuelle» de 15 000 euros et quelque 737 000 euros de commissions.

Selon radio Cadena SER, le représentant de la multinationale espagnole Elecnor a reconnu dans sa déclaration la relation contractuelle avec Voltar Lassen et avec les dirigeants du PP et d’avoir payé les services de leur cabinet suite à la conclusion des deux contrats remportés en Algérie. Le représentant d’Elecnor a ajouté que le « contact était coutumier» avec Gomez de la Serna qualifié d’être « l’un des partenaires du projet» et « un de ses porteurs». Citant par ailleurs des dirigeants du PP, la radio espagnole rapporte que l’activité des lobbys de type Volar Lassens était « autorisée» par le Parlement et que « tous les revenus étaient déclarés et imposés par le Trésor espagnol».

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Un acquis qui en appelle d’autres

Publié le 12/12/2015, par dans Non classé.

Après des mois de retard, la loi portant condamnation des violences contre les femmes a été adoptée, jeudi, au Conseil de la nation. Les associations féministes et les organisations de défense des droits de l’homme s’en félicitent, mais demandent plus.

Les sénateurs ont approuvé, ce jeudi, à l’unanimité, le projet de loi criminalisant les violences faites aux femmes. Après un blocage de dix mois, ce texte juridique a fini par avoir le quitus des membres du Conseil de la nation et, par ricochet, sa promulgation. Adopté le 5 mars dernier par les élus de la Chambre basse du Parlement, ce projet a accusé un retard considérable avant d’atterrir au Conseil de la nation, en raison de l’acharnement des partis islamo-conservateurs et leur menace de sortir dans la rue pour dénoncer certains articles contenus dans ce texte. Les opposants y voient une immixtion directe dans les affaires familiales et surtout dans la vie du couple.

Ils ont rejeté en bloc les mesures portant sur la sanction et plus particulièrement l’emprisonnement de l’agresseur. Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, qui n’a fait aucun commentaire à la suite de cette protestation, s’est félicité ce jeudi de ce « vote positif» en qualifiant les dispositions contenues dans cette nouvelle loi de « révolutionnaires» et d’un pas important. Pour M. Louh, seul le gouvernement a le pouvoir et la volonté de protéger la femme contre tout type de violence, qu’elle soit physique, économique ou sexuelle.

Devant les sénateurs, comme à l’APN, le garde des Sceaux a défendu la copie de l’Exécutif, estimant qu’elle ne renferme aucune mesure visant la destruction du tissu social. « Avec ce nouvel arsenal juridique, nous avons fait un pas supplémentaire vers la préservation des droits de la femme en Algérie», rassure M. Louh expliquant que les nouvelles dispositions introduites dans ce texte sont de nature à garantir la protection des droits de la femme en Algérie et ne portent nullement atteinte à la cohésion sociale, comme veulent le faire croire certaines parties.

Le ministre a répondu, lors de la présentation de ce texte, dimanche au Sénat, aux opposants et surtout à ceux qui ont accusé le gouvernement d’avoir élaboré ce projet sous la pression des puissances occidentales. Il a accusé les partis islamistes d’avoir déformé sciemment et mal interprété le contenu et les objectifs de ce texte.

Dans le détail, M. Louh a rappelé que ce projet de loi, amendant et complétant l’ordonnance 66-156 portant code pénal, tient compte des spécificités de la société algérienne et des préceptes de l’islam. Pour mieux convaincre, il a rappelé le terrible assassinat de Razika Cherif, tuée par un automobiliste à M’sila pour avoir refusé ses « avances». « Si l’agresseur n’avait pas été arrêté par la police, la société aurait réagi. Le drame a été évité de justesse», a insisté le ministre.

Notons que les députés du Parti des travailleurs (PT), qui ont plaidé pour la mise en place d’un cadre juridique pour la protection de la femme, se sont abstenus lors du vote autour de ce texte, car, selon eux, l’article portant sur le pardon demeure un point noir qui risque d’atténuer tous les efforts consentis par les rédacteurs de ce projet. « Si la femme, sous la pression de son mari ou de son entourage, pardonne à son agresseur, toutes les poursuites seront annulées et, dans ce cas, ce texte n’aura servi à rien. Nous avons fait un pas en avant et un autre en arrière. Nous sommes contre l’impunité», se sont défendus les élus du PT. Par ailleurs, le blocage de ce projet de loi au Sénat avait suscité de vives réactions de la part des défenseurs des droits de l’homme et des organisations féminines.

Ces derniers se sont mobilisés et ont fait pression sur le gouvernement pour qu’il le programme au Sénat. Amnesty International Algérie avait aussi interpellé le Premier ministre et lancé, en août dernier, une pétition pour exhorter Abdelmalek Sellal à « prendre toutes les mesures nécessaires pour que le projet de loi renforçant la protection des femmes contre certaines formes de violence soit adopté dans les plus brefs délais», ainsi qu’à « adopter une approche globale pour lutter de manière adéquate contre les violences contre les femmes».
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Un économiste algérien à la tête du comité scientifique international

Publié le 12/12/2015, par dans Non classé.

L’économiste Boualem Aliouat considère que ces instances peuvent, à condition que les autorités algériennes le souhaitent réellement, aider l’Algérie à devenir un pays innovant.
L’économiste algérien Boualem Aliouat, professeur à l’université de Nice Antipolis et auteur de nombreuses publications, vient d’être officiellement nommé président du comité scientifique international pour l’Afrique et membre du conseil d’administration du Réseau des universités des sciences et technologies de l’Afrique (Rusta), qui rassemble 16 universités du continent. Ces deux instances sont d’une grande importance pour le destin scientifique et technologique de l’Afrique, car ce sont elles qui seront désormais chargées de donner leur aval pour toute stratégie de développement et pour de nouvelles formations que souhaiteraient mettre en œuvre les dirigeants de ces universités.

Interrogé à son retour d’Abidjan (Côte d’Ivoire) où s’est déroulée la cérémonie d’investiture, le professeur Boualem Aliouat nous a déclaré être honoré par l’immense responsabilité que vient de lui confier le Rusta pour développer des collaborations internationales, notamment dans le sens Sud-Sud, où à l’évidence il reste beaucoup à faire en matière de développement scientifique et technologique. Notre interlocuteur demeure convaincu que l’Algérie, au même titre que ses voisins, a vocation à renouer substantiellement avec son destin africain si longtemps délaissé et qu’à ce titre, il s’emploiera énergiquement pour que le volet de la coopération à sensibilité africaine bénéficie d’une attention particulière de la part du comité de pilotage qu’il préside.

L’Algérie, nous a-t-il déclaré, aurait tout à gagner à redéfinir son projet d’émergence économique dans une perspective africaine, car, ajoute-t-il, l’Afrique est appelée à changer radicalement dans les toutes prochaines années, sous l’impulsion de l’Asie, des Etats-Unis et de l’Europe qui ont déjà mis en évidence leurs perspectives de pénétration compétitive en direction de ce continent qui commence, du reste, à réaliser des taux de croissance intéressants. Les projets académiques et scientifiques que le Rusta et le comité scientifique impulseront avec le consentement des universités concernées, les incubateurs et les organisations patronales seraient d’excellentes opportunités d’entrée dans ces cercles fermés et très sélectifs, tient-il enfin à ajouter.

Interrogé sur l’intérêt que l’Algérie en général et les universités locales pourraient tirer des actions du Rusta et du comité scientifique international pour l’Afrique, Boualem Aliouat considère que ces instances peuvent, à condition que les autorités algériennes le souhaitent réellement, aider l’Algérie à devenir un pays innovant. Il souligne, non sans conviction, que « la volonté des pouvoirs publics de mettre sur pied de nouveaux ‘business models’ trouvera un solide appui en ces deux institutions qui pourraient aider l’Algérie, ses entreprises et ses institutions, notamment universitaires, à sortir du système de rente qui les a dévoyées et concevoir un nouveau modèle de gouvernance économique mieux adapté».
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«L’effondrement du régime me paraît inévitable»

Publié le 12/12/2015, par dans Non classé.

Aux voix qui alertent sur les dangers de l’immobilisme, la réponse du pouvoir « devient de plus en plus autiste et s’enferme dans un statu quo mortel pour le pays», regrette Abdesselam Ali Rachedi. Commentant la récente sortie médiatique de l’ex-patron du DRS, M.Rachedi estime que « le général Toufik n’a réagi que parce qu’il s’est senti lui-même visé». L’ancien dirigeant du FFS rappelle tout de même qu’il est « faux de croire que le DRS a disparu avec la mise à la retraite de son chef».
– Commençons par la lettre de l’ex-directeur du renseignement et de la sécurité (DRS), le général Toufik ; quel commentaire vous inspire-t-elle ?

On croit rêver ! Voilà un homme qui a été invisible et inaudible pendant plus d’un quart de siècle, tout en détenant un pouvoir considérable et incontrôlé, qui rend publique une lettre destinée à disculper l’un de ses hommes. Il est probable que le général Hassan soit effectivement victime d’une cabale, mais ce n’est certainement pas le premier à subir ce sort au sein de la grande muette. Sans parler des milliers de civils, cadres ou simples citoyens victimes de l’arbitraire et pour lesquels le général Toufik n’est pas intervenu. Finalement, on se rend compte que le général Toufik n’a réagi que parce qu’il s’est senti lui-même visé. De plus, on ne sait pas à qui la lettre est adressée. Au chef de l’Etat ? Au chef d’état-major ?

Mais la lettre ayant été rendue publique, on devine que c’est pour prendre à témoin l’opinion publique ? Sauf qu’il n’y a pas d’opinion publique dans un pays où toute vie politique a été depuis longtemps éteinte ? De toute manière, l’on sait bien que dans le type de pouvoir qui régente notre pays, les forts du moment ont pour principe de ne jamais céder. Nous sommes encore une fois en présence d’un énième épisode de la lutte de clans et cela ne nécessite pas plus de commentaires.

– Les équilibres au sein du pouvoir, notamment dans son versant militaire, sont-ils rompus ? Serait-ce sans conséquences ?

Il n’y a rien à craindre de ce côté-là. Le régime algérien repose sur des constantes que tout le monde connaît et sur lesquelles il n’y a pas lieu de revenir ici. Pour le reste, il s’adapte, en fonction des circonstances, de manière à pérenniser le système. D’ailleurs, ça a toujours été le rôle des Services de veiller à ce que les équilibres essentiels soient préservés.

Quelle que soit la violence de la lutte de clans, elle n’atteint jamais un niveau qui mettrait le système en péril. Sauf que, plus d’un demi-siècle après l’indépendance, la caste issue de la lutte de Libération et qui a confisqué le pouvoir à son seul profit est d’un âge très avancé et court à sa fin. De plus, cette caste a délibérément empêché l’apparition d’une relève, y compris dans ses propres rangs.

– Avec la mise à la retraite du général Toufik laissant derrière lui un DRS « réduit», les deux pôles du pouvoir, « état-major et Présidence», vont-ils faire bon ménage, ou la cohabitation ne va pas trop durer ?

Il est faux de croire que le DRS a disparu avec la mise à la retraite de son chef. Comme la Sécurité militaire (SM) a survécu au limogeage de Kasdi Merbah, le DRS survivra au départ du général Toufik. Le pouvoir algérien a toujours été structuré autour de trois pôles : Présidence, état-major et DRS. A l’arrivée de Bouteflika, le pôle le plus influent était l’état-major, incarné à l’époque par feu Mohamed Lamari.

Puis le DRS, qui avait pris une importance considérable à la faveur de la lutte antiterroriste, devint prépondérant au point de devenir un Etat dans l’Etat. Il est donc naturel qu’aujourd’hui il perde de l’influence et qu’il retrouve la place qui était la sienne au sein de l’ANP et sous la tutelle du ministre de la Défense. Les Services, et surtout la police politique, sont indispensables à la survie du régime et le régime n’est pas fou au point de scier la branche sur laquelle il est assis. Quant à savoir si l’état-major et la Présidence font bon ménage, la question ne se pose pas aujourd’hui.

– Le pays vit une situation inédite — un chef de l’Etat effacé, une guerre ouverte entre les différents groupes influents — qui coïncide avec une crise économique évidente. Le risque d’effondrement est fortement redouté, est-ce votre avis ?

Effondrement de quoi ? Si c’est celui du régime, cela me paraît inévitable, au vu de l’âge très avancé des principaux dirigeants, la plupart issus de la Guerre de Libération. Depuis plusieurs années, les voix ne manquent pas pour alerter sur les dangers de l’immobilisme. En réponse, le pouvoir devient de plus en plus autiste et s’enferme dans un statu quo mortel pour le pays. On a même eu recours à un scénario hollywoodien pour instaurer un invraisemblable 4e mandat ! Vous dites que le chef de l’Etat est effacé. Médiatiquement, oui. Mais en pratique, il s’acquitte de ce qui est attendu de lui. De plus, les décideurs militaires sont toujours là pour veiller au grain.

– Vous étiez l’un des premiers à prévenir une « impasse budgétaire inéluctable», et voilà que nous y sommes. La loi de finances 2016 apporte-t-elle des réponses nécessaires à la crise ?

Effectivement, j’avais attiré l’attention, dès 2012, sur le risque d’une impasse budgétaire, et ce, au moment où le baril de pétrole était au plus haut. J’avais notamment développé mon point de vue dans un entretien avec El Watan, le 16 mai 2013. Sous Bouteflika, les finances publiques avaient pris une trajectoire non soutenable du fait que les dépenses augmentaient beaucoup plus vite que les recettes, et ce, en dépit d’une embellie pétrolière exceptionnelle. Inévitablement, les dépenses finiraient par dépasser les recettes avec l’apparition d’un déficit de plus en plus important. Normalement, les recettes proviennent des impôts sur l’activité économique. Or, chez nous, elles dépendent à 80% des revenus des hydrocarbures.

Quant aux dépenses, une grande partie est dilapidée dans l’entretien d’une clientèle nombreuse et insatiable et à l’achat de Lire la suite

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A Tamanrasset, les migrants se sentent en sursis

Publié le 12/12/2015, par dans Non classé.

Je n’oublierai jamais ce terrible drame. J’ai tout perdu et je n’aurai malheureusement rien à offrir à mes enfants Zaytoun, Abdelmadjid, Adnane et Mustapha qui m’attendent depuis 15 longs mois.» Hassane Boubakeur Haoua a miraculeusement survécu à l’incendie ravageur survenu le 24 novembre dernier dans un camp de migrants à Ouargla.
Il est revenu de l’enfer pour rentrer chez lui bredouille. Ses espoirs se sont tous envolés dans le brasier où ont péri 18 de ses compatriotes. « J’ai perdu toutes mes économies ainsi que les vêtements que j’avais achetés pour ma femme et mes quatre enfants. Les flammes ont tout dévoré», relate-t-il d’une voix hésitante et empreinte d’amertume.

Dix jours après cette catastrophe, les stigmates du choc sont toujours visibles sur le visage de ce Nigérien de 38 ans qui refuse de retrouver les siens les mains vides ou encore retourner dans sa ville natale, Tahoua, avec les mêmes tourments qui l’avaient motivé à quitter le pays un certain septembre 2014. « J’ai tout dépensé pour venir en Algérie avec pour but de bosser, rembourser mes dettes et ramasser l’argent nécessaire à l’ouverture d’un petit commerce au Niger. Le projet qui m’a coûté les yeux de la tête s’est avéré chimérique», ajoute Hassane avec une note de tristesse.

Les mêmes inquiétudes rongent Soulaymane qui a dû abandonner sa femme et ses deux enfants pour les retrouver finalement sans cette baguette magique qu’il leur avait promise pour changer le cours de leur vie. Rencontré devant son chalet d’hébergement à l’intérieur du centre d’accueil de Tamanrasset (CAT), notre interlocuteur dit être devenu « une loque» après l’incident de Ouargla et l’explosion traumatisante des bonbonnes de gaz qui résonne encore dans sa tête.

« Je reviendrai»

Il pense d’ores et déjà à monter un plan pour revenir en Algérie. « Je sais pertinemment qu’une fois arrivé au Niger, on va mourir de faim. Il n’y a plus rien là-bas. Je me demande pourquoi on insiste pour que tous les ressortissants nigériens soient rapatriés, alors qu’une prise en charge alternative nous aurait évité tous ces déboires. Cette décision nous replonge à nouveau dans le chaos et la misère», peste-t-il. Avis partagé avec Lahssane Moussa (21 ans) qui accepte de retourner chez lui après 2 ans d’exil uniquement pour profiter de la gratuité du voyage. « On nous donnera quoi une fois au Niger ? Rien», tonne-t-il.

C’est l’une des préoccupations à laquelle nous voulions avoir une réponse des services consulaires du Niger à Tamanrasset. Une réponse en mesure de rassurer ces milliers de migrants qui songent à un avenir meilleur sans s’aventurer avec le diable du désert ou parcourir encore des kilomètres vers un destin inconnu. Cependant, notre tentative s’est avérée vaine, car les représentants du consulat chargés des formalités de rapatriement au niveau du CAT refusent de communiquer. « Vous nous excuserez, les responsables ne sont pas là», nous dit le chargé de la cellule qui refuse toute déclaration à la presse.

Cet agissement a suscité la réaction de Moulay Cheikh, président de wilaya du Croissant-Rouge algérien (CRA), qui nous a invité à faire le tour des chalets, non pas pour montrer les moyens déployés, mais plutôt pour constater l’ampleur des dégâts occasionnés par les migrants et, du coup, comprendre le black-out des services consulaires nigériens qui usent de l’alibi humanitaire pour justifier le saccage et les pertes matérielles essuyées par le CAT.

De toute façon, les missionnaires de Ouargla qui se sont tapés, récemment, 1500 km de route pour passer la nuit dans leurs ambulances en raison de la dégradation des chambres d’accueil sont conscients de la gravité de la donne. « Il nous faut plus d’effectif pour mieux gérer ce centre qui fonctionne depuis sa mise en service avec des bénévoles du CRA et des employés du service de la voirie de l’APC.

Le CAT doit être renforcé par un personnel permanent pour parer à certains dépassements qui nuisent au déroulement des opérations de rapatriement, notamment sur le plan organisationnel», nous confie M. Moulay. Notons que la cellule administrative du centre, dont la capacité d’accueil s’élève à 1140 places à raison de 12 lits dans 96 chalets, est composée de 6 cadres travaillant en étroite collaboration avec les services du consulat nigérien à Tamanrasset et les services de sécurité de la wilaya. « L’infrastructure est dotée de toutes les commodités nécessaires, dont une cuisine et un réfectoire bien équipés», assure le responsable du CAT, Bendali Arezki, en insistant sur l’aspect humanitaire de la mission dévolue à cette structure.

Plus de 6000 nigériens rapatriés

M. Bendali a fait savoir que depuis le lancement de cette opération qui en est à son 22e contingent, 6066 Nigériens ont été rapatriés, dont 3246 hommes, 914 femmes et 1906 enfants. Du 9 décembre 2014 au 27 novembre 2015, 5840 migrants ont été transférés vers leur pays. Durant cette période, 116 personnes issues de nationalité autres que nigérienne, ont été accueillies puis libérées sur notification de la brigade de recherches de migrants clandestins à Tamanrasset ainsi que sur celle des services consulaires qui refusent de les prendre en charge pour des raisons évidentes.

La 23e vague de migrants, composée de 294 personnes, a été rapatriée jeudi dernier, indique-t-on au CAT en faisant remarquer que des kits alimentaires contenant, entre autres, 25 kg de semoule, 5 litres d’huile de table, 5 kg de concentré de tomate et des pâtes alimentaires, ont été distribués pour chaque famille ayant également bénéficié d’un lot de vêtements (survêtement, souliers, robes et sacs de toilette). Toutefois, ces avantages ne font que persuader Hassane Boubakeur Haoua de revenir en renouvelant le sang de cet aventurier qui a déjà perdu la bataille, mais croit toujours à gagner la guerre contre la précarité et la misère. Lire la suite

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