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Balises : Le rendez-vous raté de l’Etat civil ?

Publié le 06/01/2016, par dans Non classé.

Le régime présidentialiste fort accordant des pouvoirs étendus au chef de l’Etat, tel qu’il a toujours existé en Algérie, a encore de beaux jours devant lui, en dépit des promesses de réformes politiques supposées profondes annoncées dans le cadre du projet de révision constitutionnelle. C’est ce qui ressort du contenu des propositions d’amendements constitutionnels révélé hier devant la presse par Ahmed Ouyahia, directeur de cabinet à la présidence de la République.

Toutes les spéculations ayant abondamment alimenté le débat politique autour de ce projet, à travers les relais politico-médiatiques du pouvoir sur l’ancrage civil de l’Etat et l’approfondissement de sa nature républicaine et démocratique n’ont pas eu d’écho dans la nouvelle mouture du projet de révision constitutionnelle présenté abusivement par le pouvoir comme un projet révolutionnaire. L’architecture de la structuration du pouvoir, qui fait du mandat présidentiel le centre de gravité des institutions de l’Etat, est reconduite dans le fond et dans le détail dans cette nouvelle mouture qui n’est qu’une pâle copie de la Constitution en vigueur en dehors de quelques amendements cosmétiques relevant de la politique politicienne, à l’instar de la constitutionnalisation de tamazight .

Un Etat civil se définit d’abord dans le rapport qu’il entretient avec l’armée qui n’est en démocratie qu’un outil de défense du territoire contre les agressions extérieures alors que dans les Etats autocratiques, c’est la prééminence du pouvoir militaire sur le politique qui est consacrée. La notion de pouvoir réel ou de l’ombre qui colle à la peau de l’institution militaire peine à être démentie, aujourd’hui encore, en dépit des proclamations de foi sur le retour de l’armée à ses missions constitutionnelles contredites dans les faits par l’implication de manière directe ou à travers des messages codés de l’armée dans le champ politique.

Le premier attribut d’un pouvoir civil c’est de rompre le cordon ombilical liant le pouvoir politique et l’armée autour d’enjeux de pouvoir partagés. Cela commence par le délestage de la fonction de ministre de la Défense assumée officiellement et organiquement ou bien de manière tacite par le président de la République pour la confier à qui de droit : à un ministre de la Défense — de préférence un civil — qui sera responsable de la gestion de son secteur — au plan technique — devant le gouvernement .

En Algérie, et c’est le cas de tous les régimes non démocratiques, le statut de chef suprême des forces armées assumé par le chef de l’Etat et le refus de nommer un ministre de la Défense, voire de prévoir ce poste dans l’organigramme du gouvernement, sont autant de signes qui ne trompent pas quant à la volonté politique du pouvoir en place d’aller véritablement vers un pouvoir civil. Du coup, tout le tintamarre fait autour de la prétendue opération de restructuration des services de renseignement dévoile les dessous des cartes politiques du jeu de poker menteur engagé par le pouvoir pour reprendre la main, déstabiliser et neutraliser ses adversaires.

Le président Bouteflika peut toujours rattraper ultérieurement cette fausse note en cédant sur cette question mais que l’on ne s’y méprenne pas ! Cela ne changera rien à la nature du pouvoir. Mais il lui sera difficile, en revanche, de convaincre l’opinion quant aux autres engagements pris dans le cadre des réformes politiques annoncées dans son projet de révision constitutionnelle. Les amendements proposés sont un parfait concentré de contradictions. Le principe de l’indépendance de la justice y est consacré, mais paradoxalement, le président du Conseil supérieur de la magistrature n’est autre que le président de la République, qui est le premier magistrat du pays.

Même les soutiens les plus zélés de Bouteflika, à l’instar du patron du Fln, Amar Saadani, auront du mal à se reconnaître et à adhérer aux changements constitutionnels introduits. Lui qui revendiquait de droit et de juré le poste de Premier ministre pour le Fln en tant que « parti majoritaire» est assuré d’une seule chose : d’être consulté par le Président, mais pas forcément d’obtenir le poste comme il le réclame à cor et à cri. Lire la suite

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«Chakib Khelil a tout fait endosser au PDG de Sonatrach»

Publié le 06/01/2016, par dans Non classé.

Acculés, les accusés sont tantôt perdus, tantôt confondus par des réponses parfois contradictoires.Belkacem Boumedienne affirme que Chakib Khelil lui a déclaré à propos de Mohamed Meziane qu’il doit « assumer ses responsabilités».
Les questions des avocats et du parquet général se sont poursuivies hier au tribunal criminel d’Alger où se tient le procès de l’affaire Sonatrach 1. Me Zouakou, agent judiciaire du Trésor, demande pourquoi avoir procédé au lotissement des marchés de télésurveillance. « C’est la commission des marchés qui a fait la proposition. Cela entre dans le cadre de la stratégie de Sonatrach», répond Boumedienne. Selon lui, le plus important lot a été accordé à Siemens et non pas à Contel-Funkwerk.

Le juge : « Contel était-elle la plus chère par rapport aux autres ?» L’accusé confirme et précise que la hausse était de 40% par rapport aux autres offres. Me Zouakou : « Pourquoi avoir décidé de négocier une baisse de 15% des prix et non pas plus ?» L’accusé : « Le taux de 15% de baisse a été décidé par moi en tant que vice-président et par le PDG. La perception de Sonatrach est d’analyser les offres. Nous maîtrisons la construction, mais pas le procurment et l’ingeneering. Nous nous fions à notre instinct.

Le partenaire dit que c’est la technologie qui dicte le prix…» A propos du choix du gré à gré, Belkacem Boumedienne est formel : « C’est une procédure légale. Si nous avions opté pour une large consultation nous aurions perdu beaucoup de temps alors qu’il y avait urgence pour sécuriser les installations.» Et de préciser : « Sonatrach a lancé quelques 5000 avis d’appel d’offres qui se sont avérés infructueux. Il fallait revoir les procédures.» Boumedienne revient sur l’organisation de l’Amont, révélant que Mustapha Hassani, qui avait déclaré n’avoir fait que signer, « a sous ses ordres dix régions. Il est le maître de l’ouvrage. Il a le pouvoir de refuser».

Me Abdelmadjid Sellini veut savoir si le gré à gré est exceptionnel ou une pratique généralisée, et l’accusé révèle qu' »il y a eu au moins un millier de gré à gré. Pour le carburant par exemple, nous sommes passés par un avis d’appel d’offres alors que c’est un produit de monopole. Nous étions presque en infraction. Je veux dire qu’à la base ce sont des consultations qui peuvent devenir un gré à gré. Lorsqu’il y a eu l’acccident de Skikda, les responsables savaient qu’il s’agissait d’un incident très grave.

Lorsqu’il y a eu l’attaque de Rhourd Ennous, les autorités savaient que derrière il y avait quelque chose d’extrêmement grave. Lorsqu’il y a eu Tiguentourine, nous étions loin de la période des années du terrorisme». Sur la classification de Contel, il déclare que « le rapport de la commission des marchés l’a placé à la première position. Je sais que Funkwerk est fabriquant». L’avocat : « Mais ce n’est pas Funkwerk qui a soumissioné…» L’accusé : « C’est groupement algéro-allemand Contel faisait de la prestation de service.»

Les graves remontrances de Siemens à Sonatrach

Interrogé sur la délégation de signature donnée à Mustapha Hassani, l’accusé affirme que ce dernier avait le « pouvoir» de refuser d’apposer sa signature. L’avocat rebondit : « Vous êtes nommé par décret présidentiel, donc vous aussi vous pouviez refuser d’exécuter les ordres du PDG ou du ministre, puisque vous vous référez uniquement au président…» L’accusé : « Je ne peux pas refuser les deux ordres du ministre et du PDG. Lorsque je vois que quelque chose ne va pas, je peux en discuter.» Des propos qui ne cadrent pas ce qu’il avait affirmé lors de l’audition, où il a dit ne pas pouvoir s’opposer au ministre.

Le juge : « Voulez-vous dire que ces ordres étaient légaux ?» L’accusé acquiesce. Les retards enregistrés par Contel, Boumedienne les impute à Sonatrach. L’avocat : « Et les pénalités que vous aviez appliqué sur elles, comment les interpréter ?» L’accusé se perd. « Si elles existent, la responsabilité de Sonatrach est dégagée», dit-il. A une question du procureur général sur le recours à un comité de cadres chargés d’étudier le marché, Boumedienne reconnaît que l’idée est bonne, « mais elle ne pouvait être appliquée en raison de l’urgence liée à l’impératif sécuritaire».

A propos des graves remontrances de Siemens contre la commission des marchés de Sonatrach, contenues dans une lettre où la société allemande conteste le lotissement des marchés en disant qu’il lui revenait de droit, que le procureur général qualifie de « honteuses», Boumedienne déclare : « Nous étions dans une naissance de consultation pour 984 sites à sécuriser. Sonatrach a décidé de partager le marché entre les partenaires et par région, sur la base de critères commerciaux, techniques et politiques.» Le procureur général : « Siemens ne s’est pas retiré. Elle vous a dit que lorsque vous travaillerez dans les normes, elle reviendrait.» L’accusé persiste à affirmer qu’il ignorait l’existence de cette lettre. « On m’a dit qu’elle s’est retirée parce qu’elle voulait prendre tous les marchés», indique t-il.

Me Miloud Brahimi demande à l’accusé ce qu’il fait en prison. Boumedienne répond : « Je voudrais que Al Smaïl et Meziane Mohamed Réda, avec lesquels j’ai été confronté, racontent ce qui s’est passé devant le juge.» Le président appelle les concernés. Mohamed Réda : « Le juge m’a demandé si j’ai été voir Boumedienne dans son bureau. J’ai dit non, mais il faut voir avec Al Smaïl. Il m’a demandé de partir.» Al Smaïl : « Le juge m’a dit ‘connaissez-vous cette personne ?’ J’ai dit oui, c’est Belkacem Boumedienne. Il m’a demandé de sortir.» Belkacem Boumedienne : « Après la réponse de Al Smaïl, le juge m’a dit ‘je vous place sous mandat de dépôt’. Je ne sais même pas pourquoi.»

Me Attef demande des explications sur la rencontre de l’accusé avec les agents du DRS. Il répond : »Ils m’ont donné huit informations, mais je me limite à deux qui sont liées au dossier. Ils m’ont dit que j’avais un gros problème. Les enfants Meziane sont liés au marché de telésurveillance. J’ai répondu que je dois voir avec le conseil d’administration et le service juridique. Ils m’ont dit d’aller vérifier. Le service juridique m’a confirmé l’existence de Meziane, mais sans pour autant Lire la suite

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Dans les dédales des contrats avec Saipem

Publié le 06/01/2016, par dans Non classé.

Nouvelles révélations dans le procès de l’affaire Sonatrach 1 qui se tient au tribunal criminel d’Alger. Hier, l’ex-vice-président de l’activité transport par canalisation, Benamar Zenasni, seul accusé pour des délits, en détention depuis 6 ans, affirme que c’est Chakib Khelil qui a donné l’ordre de ne pas annuler le contrat avec Saipem, dont les prix étaient plus chers de 68% alors que Réda Meziane, fils du PDG de Sonatrach, enfonce Farid Bedjaoui.
Le tribunal criminel d’Alger est passé hier après-midi à la deuxième groupe liée à l’affaire Saipem Algérie. Il appelle Benamar Zenasni, vice-président de l’activité transport par canalisation (TRC), poursuivi pour « participation à association de malfaiteurs», « complicité dans passation de marché public en violation de la réglementation», dans « dilapidation de deniers publics», « abus de fonction» et « blanchiment d’argent». Des faits délictuels pour lesquels Zenasni est en détention depuis six ans. Il revient sur la signature du contrat avec Saipem pour la réalisation du GK3. « Lorsque je suis arrivé, ce projet était déjà prêt.

Les pipes partent de Hassi Rmel jusqu’à Koudiet Draouch, pour relier Guelma à Skikda sur 780 km», dit-il. Selon lui, le projet a respecté la procédure, il est passé par une consultation. « J’étais directeur de l’Enac, une filiale de Sonatrach, qui a d’ailleurs soumissionné pour ce projet avec Cosider et des sociétés étrangères. Sonatrach a décidé de passer par une préqualification et de lotir le projet en trois lots. Pour le lot 3 objet de l’affaire, il y a eu six entreprises étrangères retenues, mais seulement deux ont fait des offres commerciales. Jusqu’à ce moment-là j’étais toujours à la tête de l’Enac. Je voulais prendre ma retraite et on m’a proposé le poste de vice-président de l’activité TRC. J’ai pris le train en marche.

Le projet était très urgent.» Le juge : « Contel aussi était très urgent qui a pris la décision de prendre les deux sociétés, Saipem et une société française.» L’accusé : « C’est le PDG, sur proposition de mon prédécesseur, M. Chekired. L’urgence c’est que Sonelgaz avait lancé la construction d’une grande centrale électrique, alors que Sonatrach n’avait même pas commencé les travaux du pipe. C’est un investissement de 2 milliards de dinars. L’Algérie avait besoin d’électricité et du complexe de gaz.» Le juge : « L’utilité n’explique pas l’urgence.

La consultation s’es transformée en gré à gré.» L’accusé : « L’appel d’offres n’a eu que deux réponses. Vu l’urgence, ils les ont retenues. Quand j’ai été nommé, le projet était déjà passé par la commission des marchés et les deux sociétés retenues. Le maître de l’ouvrage est Yahia Messaoud, directeur de la division réalisation. Il m’a révélé que Saipem est la première avec 688 millions de dollars devant la société française (760 millions de dollars).» L’accusé affirme avoir remarqué une hausse des prix, et de ce fait, il a attiré l’attention du maitre de l’ouvrage, Yahia Messaoud. « J’ai pris la décision de geler le processus.

En attendant, je voulais une étude. Après il est venu me dire que la hausse est de 68% alors que les pipes sont fournis par Sonatrach. Lui ne fait que la réalisation. J’ai dit à Messaoud que son analyse a été faite sur un pipe LZE de Hassi Messaoud, dont les caractéristiques ne sont pas les mêmes. La différence entre les deux marchés est le fait que le LZ02 relie le Sud à Arzew. Il traverse trois zones : Sud, Hauts-Plateaux et Nord. La réglementation de réalisation définit les caractéristiques des pipes dans chacune des régions.»

« Le ministre m’a dit : il n’est pas question d’annuler le marché»

Acculé par le juge, l’accusé finit par lâcher : « Le ministre m’a convoqué pour me sermonner sur le fait que j’ai gelé le projet. Il m’a dit : il n’est pas question d’annuler. Il m’a dit que la seule solution est de négocier. Il m’a dit vous avez mis 3 ans pour arriver au contrat. Mais d’ici une année, êtes-vous sûr que les prix ne connaîtront pas de hausse ?

J’ai fini par être convaincu par son raisonnement.» Le juge lui fait remarquer qu’il est entré dans le gré à gré. « Si je ne refais pas l’appel d’offres, cela veut dire que c’est le gré à gré. Ce qui nous donne la possibilité de négocier.» Le juge l’interroge sur les négociations : « Lorsque le ministre m’a demandé de négocier, j’ai écrit à Yahia Messaoud pour l’informer en tant que maître de l’ouvrage. Nous avions saisi les Italiens qui ont accepté de réduire de 1%. Dans le courrier de Yahia Messaoud à Saipem, nous espérions une baisse de 20 à 30%. Nous avions entamé les négociations. Ils nous ont dit qu’ils baisseraient de 3%, nous avons refusé.

Puis de 8%, réfusé également. J’ai dit à Yahia Messaoud, qui négociait pour une réduction de 13%, de demander 25%. Ils ont refusé. J’ai demandé à parler avec Tullio Orsi, le patron de Saipem, que je reçois pour la première fois dans mon bureau. Je lui fais des remarques sur la hausse ; il a tenté de justifier par le relief du site de réalisation.» Le juge : « Et le PDG était-il au courant ?» L’accusé : « J’y arrive. Je lui ai exprimé mon refus. Il m’a dit je baisse de 14%. Je lui ai dit je veux 25%.

Il me répond : ‘Vous voulez que je fasse une lettre d’embauche ?’ Après une longue négociation, il a arrêté la baisse à 14,5%. Je lui ai dit que j’allais réfléchir. J’ai appelé le PDG, je lui ai rendu compte. Il m’a dit de le ramener à son bureau. Le lendemain, nous avons été reçus à son bureau. Tullio a défendu son prix en justifiant son offre pour arriver au bout de 2 heures à 15%. Ce qui représente 568 millions de dollars de baisse.

Quand l’Italien est parti, le PDG m’a dit le ministre nous a demandé de négocier 12,5% de baisse et nous avons arraché 15,5%. Les contrats ont été préparés et comme le montant dépassait le seuil de mes prérogatives, j’ai écrit au PDG pour avoir le pouvoir de signature. Le ministre a organisé Lire la suite

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Des décennies de combat pour un statut de tamazight

Publié le 06/01/2016, par dans Non classé.

Le mois d’avril 2002, l’APN vote un amendement à la Constitution. Tamazight est devenue langue nationale. Pendant des années, les voix officielles ont claironné que tamazight ne serait jamais officielle. Le 5 janvier 2016, la même Assemblée officialise la langue.
Le 20 avril prochain coïncidera avec le 36e anniversaire des événements d’Avril 1980, durant lesquels la population de Kabylie a organisé des actions populaires pour revendiquer la reconnaissance de l’identité amazighe. Les manifestants ont été violemment réprimés et les militants les plus en vue dans ce mouvement de protestation ont été arrêtés et condamnés « pour atteinte à la sécurité de l’Etat».

L’incarcération des « leaders» du mouvement, connus comme les « 24 détenus», et la répression du mouvement n’ont pas déteint sur la revendication berbère qui a enregistré des avancées dans les différentes couches sociales. Les universités de Béjaïa et de Tizi Ouzou ont été des viviers d’activistes et un bastion de contestation pendant les années 1980. La protestation portée par un élan populaire a été canalisée par le Mouvement culturel berbère (MCB) lancé en 1985, avec des structures au sein des commissions nationales du MCB pour, à la fois, promouvoir le produit culturel berbère et porter la revendication sur le plan politique et contestataire.

Le 20 Avril de chaque année est commémoré en Kabylie avec des marches imposantes pour revendiquer un statut à la langue amazighe et l’organisation d’activités culturelles diverses pour valoriser la culture berbère. Le début des années 1990 avec une activité politique multipartisane allait avoir un impact sur l’unité des rangs au sein du MCB ; la coordination nationale est créée et dirigée par Ferhat M’henni, cadre au Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), alors que les commissions nationales ont comme porte-parole Djamel Zenati du Front des forces socialistes (FFS).

Bien que l’approche et la doctrine politique des deux partis soient divergentes, la mobilisation pour la reconnaissance de tamazight, langue nationale et officielle, est portée par des milliers de manifestants à chaque « printemps berbère». La revendication de la constitutionnalisation de tamazight, langue nationale et officielle, connaît une autre dimension avec la « grève du cartable» durant l’année scolaire 1994-1995.

Les établissements scolaires et les universités de la Kabylie sont paralysés par une interminable grève. Le mois d’avril 1995, des accords controversés sont signés avec le gouvernement qui consacrent la création, tout aussi critiquée, du Haut Commissariat à l’amazighité, une institution rattachée à la Présidence, toujours sans prérogatives. Symbole et porteur de la revendication amazighe, le sigle MCB commence à disparaître du paysage politique et culturel.

Et c’était le 18 avril 2001. Alors que la traditionnelle commémoration des événements du « printemps berbère» se préparait, le jeune Massinissa Guermah tombe sous les balles des gendarmes dans la brigade de Beni Douala (Tizi Ouzou). La tragédie embrase la Kabylie qui enregistre quotidiennement des morts et un mouvement populaire est né pour canaliser les manifestations ; la Coordination des archs se réunit à El Kseur (Béjaïa), élabore une plateforme de revendications dans laquelle figure la nationalisation et l’officialisation de la langue amazighe. Le mois d’avril 2002, l’APN vote un amendement à la Constitution. Tamazight est devenue langue nationale. Pendant des années, les voix officielles ont claironné que tamazight ne serait jamais officielle. Le 5 janvier 2016, la même Assemblée officialise la langue. Lire la suite

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Le régime présidentialiste maintenu

Publié le 06/01/2016, par dans Non classé.

Le régime politique, consacré par le projet de révision constitutionnelle rendu public hier, est plutôt présidentialiste, en ce sens que le pouvoir exécutif domine les autres pouvoirs.
Le projet de révision de la Constitution, dévoilé hier par Ahmed Ouyahia, n’a finalement pas « révolutionné» le régime politique, qualifié par les constitutionnalistes de « présidentialiste». Les pouvoirs du Président, jugés trop importants, restent inchangés. Mieux encore, ils ont été légèrement renforcés.

Contrairement à ce que les promoteurs de ce projet véhiculaient pendant de longs mois, la séparation des pouvoirs, élément essentiel dans l’instauration de la démocratie, n’a pas été consacrée. Le chef de l’Etat dispose ainsi à la fois du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire. Il est le chef de l’Exécutif. Il nomme le Premier ministre et tous les membres du gouvernement. Il peut les dégommer quand il veut. Le Premier ministre n’est que le « coordinateur de l’action du gouvernement».

Il n’a pas de programme mais plutôt un « plan d’action», qu’il présentera annuellement au Parlement. Les prérogatives du président de la République restent aussi larges qu’elles le sont dans la Constitution en vigueur. Il nomme aux plus hautes instances de l’Etat, comme aux postes de responsabilités locales, par exemple le secrétaire général d’une assemblée populaire communale. L’article 77 n’a pas été touché.

Il stipule qu’outre les pouvoirs que lui confèrent expressément d’autres dispositions de la Constitution, le président de la République jouit des pouvoirs et prérogatives suivants : il est le chef suprême des forces armées de la République et responsable de la Défense nationale ; il arrête et conduit la politique extérieure de la nation ; il préside le Conseil des ministres ; il nomme le Premier ministre après consultation de la majorité parlementaire et met fin à ses fonctions ; il signe les décrets présidentiels, il dispose du droit de grâce, du droit de remise ou de commutation de peine, il peut, sur toute question d’importance nationale, saisir le peuple par voie de référendum, il conclut et ratifie les traités internationaux, il décerne les décorations, distinctions et titres honorifiques d’Etat. Et pas seulement. Il jouit d’autres prérogatives définies dans l’article 78.

Ainsi, le président de la République nomme aux emplois et mandats prévus par la Constitution, aux emplois civils et militaires de l’Etat et aux désignations arrêtées en Conseil des ministres. Il nomme le Premier président de la Cour suprême, le président du Conseil d’Etat, le secrétaire général du gouvernement, le gouverneur de la Banque d’Algérie, les magistrats, les responsables des organes de sécurité et les walis. Dans l’article 79, il est indiqué que le président de la République nomme les membres du gouvernement après consultation du Premier ministre. Le Premier ministre coordonne l’action du gouvernement.

Le gouvernement élabore son plan d’action et le présente en Conseil des ministres. Il nomme aussi et rappelle les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires de la République à l’étranger. Il reçoit les lettres de créance et de rappel des représentants diplomatiques étrangers. Ses pouvoirs peuvent être élargis à travers une loi organique dans laquelle il sera déterminé les autres fonctions judiciaires auxquelles nomme le président de la République.

Autrement dit, le chef de l’Etat jouit de tous les pouvoirs. Le projet de révision constitutionnelle ne prévoit aucun contre-pouvoir. L’action du Parlement reste limitée. Et le président de la République va continuer à légiférer par ordonnance entre deux sessions parlementaires comme il le faisait conformément à la Constitution en vigueur. Il a le pouvoir de dissoudre l’APN. Selon l’article 129, « le président de l’Assemblée populaire nationale, le président du Conseil de la nation, le président du Conseil constitutionnel et le Premier ministre consultés, le président de la République peut décider de la dissolution de l’Assemblée populaire nationale ou d’élections législatives anticipées».

En plus clair, le chef de l’Etat peut dissoudre l’APN en se limitant aux seuls avis consultatifs de présidents d’institution qu’il a lui-même choisis et nommés, à savoir celui du Conseil constitutionnel et celui du Conseil de la nation. Ainsi, dans ce projet de révision constitutionnelle, il y a l’hégémonie d’un pouvoir sur l’autre. Le pouvoir du Président domine le reste. Ainsi, le régime consacré par ce projet est plutôt présidentialiste. Car le pouvoir exécutif domine les autres pouvoirs. Lire la suite

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Le verrouillage du champ politique assumé

Publié le 06/01/2016, par dans Non classé.

Le chef de cabinet de la Présidence, Ahmed Ouyahia, justifie à nouveau le verrouillage du champ politique. S’exprimant lors d’une conférence de presse animée hier à Alger, il défend mordicus le gel de l’agrément des partis politiques et l’interdiction des manifestations dans les grandes villes.
« Permettez-moi de vous signaler que nous avons 75 partis. Concernant le pouvoir, qu’il y ait 75 ou 95 partis, je ne vois pas en quoi cela changerait le sens de la rotation du monde. Maintenant, dans l’application, la loi est claire. Il y a quelque chose qui s’appelle le tribunal administratif et le Conseil d’Etat. Les gens n’ont qu’à aller porter leur affaire devant la justice. Il faut qu’on arrive à se convaincre que la justice est au-dessus de nous tous», lance-t-il, répondant à une question sur la violation des dispositions constitutionnelles garantissant la liberté de la création des partis et des associations.

« C’est la justice qui règle les problèmes et non pas les meetings, les tentatives de solidarité partisane et les déclarations», ajoute-t-il. Ahmed Ouyahia soutient également que l’interdiction des marches et des manifestations n’est en vigueur qu’à Alger. « Vous parlez de la liberté de manifestation. Nous avons une loi qui la régule et qui fait supporter l’ordre durant la manifestation aux organisateurs. L’Algérie est faite de 48 wilayas. A travers les 47 wilayas, jamais on n’a interdit une manifestation. Et ça se déroule toujours sereinement.

Quand parfois quelqu’un juge qu’il est utile d’organiser une manifestation à Alger, parce qu’il y a la presse, il juge utile de casser des vitres», dit-il. Reconnaissant que « l’application de la loi n’est pas parfaite», Ahmed Ouyahia revient, dans la foulée, sur les manifestations organisées contre le quatrième mandat du président Bouteflika, qu’il qualifie de « fascistes». « Je ne parle pas des manifestations à caractère fasciste, et je pèse mes mots, dont nous avons vécu des tentatives en 2014. On manifeste pour exprimer un point de vue ? La Révolution, les Algériens l’ont faite en 1954», lance-t-il. Lire la suite

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