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«Le délitement de l’Etat s’accélère»

Publié le 30/01/2016, par dans Non classé.

E tat parallèle», « contexte politique délétère», « grandes incertitudes»… Le président du RCD, Mohcine Belabbas, n’a pas lésiné sur les qualificatifs pour évoquer l’importante dégradation de la situation politique, économique et sociale du pays en ce début d’année.
« A l’aube de cette année 2016, l’Algérie est brusquement précipitée dans une crise grave et complexe où se cumulent les échecs économiques, les contraintes sociales, la crise de liquidités, la perte de confiance, la crise de légitimité et l’instabilité institutionnelle, le tout débouchant sur une régression morale qui brouille les repères et le sens du devoir», affirmait-il à l’ouverture, hier à Alger, des travaux de la réunion du conseil national du parti.

Passant en revue tous les sujets ayant marqué l’actualité nationale ces derniers jours, le leader du RCD dénonce d’emblée « la lutte des clans» qui « dégénère en affrontement de factions». « Le contexte national est exacerbé par des luttes de clans qui ont dégénéré en affrontements factieux faits de déballages irresponsables, de guerre de quolibets, de tentatives de déstabilisation des partis de l’opposition dans un contexte régional explosif», illustre-t-il, en faisant allusion à l’échange d’accusations entre les anciens généraux Nezzar et Betchine. Mettant en garde contre « les conséquences imprévisibles» de ce qu’il appelle une « tentative de maintien du statu quo», Mohcine Belabbas déplore la fragilisation des équilibres de toutes les institutions et de la souveraineté de l’Etat « par la recherche effrénée d’appuis extérieurs».

Le summum du délitement de l’Etat est « atteint, enchaîne-t-il, par ces tentatives de remise en cause du passé d’anciens maquisards», dont Zohra Drif-Bitat et Yacef Saâdi. « Ces attaques inédites confirment que c’est la haine qui inspire et guide la décision politique dans le système avec tout ce que cela peut engendrer comme épreuves à venir pour le pays. Face à cette situation de décomposition éthique, le délitement de l’Etat s’accélère», lance-t-il. Ce climat délétère est, soutient-il, aggravé par « une situation économique et sociale porteuse de légitimes colères et donc de terribles dangers».

« La révision constitutionnelle n’est pas une offre adaptée»

Relevant les manœuvres et les répressions auxquelles recourt le régime, le premier responsable du RCD pointe du doigt « la volonté de certains services de pousser les Algériens à l’irréparable». Abordant le projet de la révision de la Constitution, Mohcine Belabbas réitère le rejet de cette démarche exprimé déjà par son parti.

« Le chef de l’Etat sort le énième projet de révision de la Constitution. Ce n’est ni la réponse la plus adaptée à la conjoncture ni une offre politique à même de provoquer un intérêt pour un compromis fédérant les énergies autour de l’élaboration d’une matrice consensuelle», indique-t-il, en citant la polémique suscitée par certains articles de ce projet. Commentant la dernière annonce concernant la dissolution du DRS, le président du RCD veut rester prudent.

« On vient d’apprendre que le DRS a été dissous. Voilà encore une exigence du RCD qui a fini par s’imposer au moins dans la forme. Il nous reste, sur ce sujet comme sur les autres, à demeurer vigilants pour obtenir que les Services de renseignement soient une structure en charge de la sécurité de la nation mise sous contrôle d’un pouvoir politique légitimé par une élection transparente», avance-t-il, précisant que « ce jour arrivera et nous pourrons dire alors que l’Algérie est rentrée dans l’histoire».

« Et ce sera pour une bonne partie grâce à notre combat», ajoute-t-il, estimant que le RCD « a toujours été une force de proposition, de conviction et d’engagement, malgré les attaques et les stigmatisations auxquelles il a fait face».

Mise à l’écart de Noureddine Aït Hamouda : « l’affaire ne relève pas de la direction nationale»

« Il n’y a pas de super-militants. Il y a des règles qui s’appliquent à tout le monde», déclare le président du RCD, Mohcine Belabbas, en réaction à la mise à l’écart de l’ancien député et un des fondateurs du parti, Noureddine Aït Hamouda. Alors que ce dernier affirme que le président du parti avait refusé de le recevoir, Mohcine Belabbas estime que cette affaire ne relève pas de la direction nationale du RCD.

« Son affaire ne relève pas de la direction nationale. Elle dépend du bureau régional», dit-il. Mohcine Belabbas relate à son tour une version des faits. « Il m’a appelé à la veille de l’enterrement d’Aït Ahmed. Il voulait qu’on aille ensemble pour présenter nos condoléances à sa famille et au FFS. Mais entre-temps, l’affaire a éclaté et il n’a pas osé venir. Donc, je ne peux pas m’afficher avec quelqu’un qui a fait un travail de sape contre le parti», déclare-t-il. Mohcine Belabbas rappelle, dans la foulée, que la participation du parti aux dernières sénatoriales « était un choix des instances du parti et que les candidats ont été désignés à l’issue d’une primaire».
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Beaucoup de promesses… en attente de concrétisation

Publié le 30/01/2016, par dans Non classé.

L a visite en France de Tayeb Zitouni s’est achevée, jeudi soir, après trois jours d’intenses pourparlers à huis clos avec des hauts responsables politiques et parlementaires français.
Il rentre à Alger de cette virée parisienne, inédite pour un ministre des Moudjahidine, avec la promesse de régler toutes les questions passionnées qui minent les relations bilatérales entre l’Algérie et la France depuis l’indépendance.

En tout, M. Zitouni a évoqué une dizaines de dossiers avec Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, et Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’Etat chargé des Anciens combattants et de la Mémoire. Il s’est entretenu également avec Gérard Larcher et Claude Bartolone, respectivement présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale.

A chaque sortie d’une discussion, le ministre algérien et les responsables français ont réaffirmé leur volonté de régler « sérieusement», « rapidement» et « définitivement» les questions liées à la mémoire. A en croire leurs déclarations, les travaux des commissions mixtes sur les trois dossiers épineux des archives, des disparus et des victimes des essais nucléaires vont s’accélérer les prochains jours. Leurs premiers résultats devront être examinés lors de la prochaine session du Comité intergouvernemental de haut niveau algéro-français.

En revanche, rien n’a filtré sur la fâcheuse question des « excuses». « Nous devons traiter ces dossiers de mémoire d’une manière apaisée, avec sérieux et responsabilité. Nous devons dépasser nos tabous et profiter des relations amicales actuelles entre l’Algérie et la France pour régler ces questions définitivement, dans l’intérêt des deux peuples et des deux Etats», a déclaré M. Zitouni, à l’issue de son entrevue mardi avec Jean-Marc Todeschini.

Concernant la possibilité de régler concrètement les questions complexes en suspens, le ministre des Moudjahidine reste très optimiste. « La constitution des commissions de travail est en elle-même un pas en avant positif dans la normalisation des relations algéro-françaises sur la question de la mémoire. Nous avons réussi à la ramener enfin au même niveau de nos relations économiques et culturelles.

Nous allons donc ensemble dans la bonne direction afin de régler toutes ces questions», a-t-il estimé en marge de sa rencontre, avant-hier, avec Jean-Yves Le Drian. Ce dernier a d’ailleurs parlé d' »un moment d’émotion» pour qualifier la symbolique d’une première rencontre sur le territoire français d’un ministre algérien des Moudjahidine et d’un ministre français de la Défense. « Nous avons discuté autour des questions des archives, des disparus et les compensations pour les victimes des essais nucléaires.

Ce sont là des sujets qui étaient parfois épineux. Mais nous avons trouvé le moyen de faire avancer les choses car nous nous sommes mis d’accord sur une méthode», a-t-il précisé. Cette méthode serait l’apaisement entretenu désormais par les responsables politiques des deux pays ; d’abord, dans leurs discours publics depuis 2012, et ensuite dans les négociations au sein des commissions mixtes chargées de trouver des solutions satisfaisantes pour les deux parties, voire des compromis, dont peut-être le renoncement de notre pays à revendiquer des excuses officielles à la France concernant ses crimes coloniaux. Lire la suite

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Conseil national du RND : Ouyahia tacle Saadani

Publié le 30/01/2016, par dans Non classé.

Sans enjeu, calme et plate, la 5e session ordinaire du Rassemblement national démocratique (RND) qui s’est déroulée jeudi dernier à Zéralda, sur la côte ouest d’Alger, a été surtout l’occasion pour le secrétaire général par intérim du parti et ministre d’Etat,
directeur de cabinet de la présidence de la République, Ahmed Ouyahia, pour défendre le bilan du pouvoir, charger l’opposition et décocher quelques fléchettes à l’adresse de son frère ennemi du Front de libération nationale (FLN), Amar Saadani. Ahmed Ouyahia se félicite d’abord des résultats obtenus par le RND lors des dernières élections au Conseil de la nation (Sénat) en dépit de l’âpreté de la confrontation au sein de la deuxième Chambre du Parlement avec l’ex-parti unique qui a fait main basse sur les commissions. Bien que se disant avoir l’esprit sportif, Ahmed Ouyahia était visiblement contrarié par la tournure prise par les élections sénatoriales.

« Nos résultats sont propres, contrairement à ceux acquis grâce à la chkara (terme en arabe qui indique la corruption par l’argent)», a lâché, devant une assistance tout ouïe, le secrétaire général par intérim du RND qui en dira certainement plus aujourd’hui lors d’une conférence de presse qu’il animera au siège national du parti. Egal à lui-même, son discours à l’ouverture de la session du conseil national du parti sera un chapelet d’éloges de « la gouvernance du frère et moudjahid Abdelaziz Bouteflika», mais sera aussi une série de critiques à l’adresse de l’opposition et de ceux qui démoralisent les Algériens.

« Dans les salons, certains se demandent où sont passés les 800 milliards de dollars», a déclaré Ahmed Ouyahia. « Ceux qui ont quitté les bidonvilles pour des logements décents et les ménages dans les coins les plus reculés ayant bénéficié du gaz naturel le savent», répond le secrétaire général par intérim du RND, qui prie Dieu « de prêter santé et longue vie au chef de l’Etat pour continuer à présider aux destinées de l’Algérie». Selon Ahmed Ouyahia, le président Bouteflika, « fidèle au peuple algérien, a tenu toutes ses promesses», aussi bien celles concernant « le développement économique que ses engagements politiques, comme la révision de la Constitution». L’orateur réaffirmera, en effet, son soutien au ministre de l’Industrie et des Mines, militant du RND, Abdesselam Bouchouareb. « Ceux qui s’attaquent à lui, dit-il, sont oisifs».

« Nous, nous savons qu’il est un fils de famille, un patriote et nous n’avons aucun doute sur le bon travail qu’il accomplit», ajoute Ahmed Ouyahia qui prend aussi la défense « de la révision de la Constitution qui a bénéficié, selon lui, d’un consensus qui n’englobe pas les partis qui ont boycotté les consultations et qui rejettent même la légitimité du Président qui, pourtant, a été élu et réélu par le peuple algérien». Celui qu’on affuble « d’homme des sales besognes» explique « comment le chef de l’Etat constitue le garant de la stabilité» et donne l’exemple du voisin tunisien qui n’arrive pas à s’en sortir.

Ahmed Ouyahia, qui défend l’article 51 du projet de révision de la Constitution concertant la communauté algérienne vivant à l’étranger, soutient que « contrairement au tollé soulevé par la nouvelle disposition constitutionnelle, le texte prend réellement en charge les questions de l’émigration et il est, selon lui, tout à fait normal que celui qui veut postuler à des fonctions supérieures de l’Etat doit avoir uniquement la nationalité algérienne». Mais dans le même discours où il fait l’éloge du bilan du chef de l’Etat, Ahmed Ouyahia a reconnu que le pays traverse une crise due à la chute des prix du pétrole.
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Développement local : Saïd Sadi lance la fondation Afud

Publié le 30/01/2016, par dans Non classé.

I’nsaisissable et déroutant. Le Dr Saïd Sadi est là où il est le moins attendu : à savoir dans le développement local.
Alors que son parti, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), dont il n’est plus président depuis deux années, tenait son conseil national au Club El Moudjahid (Alger-centre), « Etviv», le prodige de la mouvance démocratique réapparaît hier à la côte ouest d’Alger, à Aïn Benian, plus exactement, où il a officiellement lancé sa fondation (association) Afud (force en tamazight).

Futur incubateur dédié à l’analyse, la formation, l’unification et le développement solidaire, Afud ambitionne, selon Saïd Sadi — élu président de cette fondation aux termes de l’assemblée constitutive — « d’aider les porteurs de projets qui peinent à trouver assistance pour mener leurs initiatives».

« Instance nationale» qui rassemble des militants issus de 17 wilayas (investis dans la PMI, la communication, le tourisme solidaire, la mise en valeur des produits du terroir, dans la protection de l’environnement, récupération des eaux de pluie, dans l’organisation des manifestations culturelles et de proximité, etc.), Afud aura comme point d’ancrage la Kabylie.

« Pour des raisons à la fois historiques, sociologiques et culturelles, dira Sadi, cette dynamique (…) peut connaître l’essor le plus visible et le plus rapide en Kabylie.» « Mais outre les populations de cette région, il faut faire en sorte à ce que cette culture d’autoprise en charge des besoins fasse émulation partout où nous pourrons trouver des relais et les leviers pouvant permettre de déclencher des chantiers structurants pour le développement local», a précisé Saïd Sadi.

Pourquoi cette fondation ? Dans son speech, assurément l’un des plus softs qu’il a eu à prononcer durant sa carrière, le Dr Sadi invoquera trois raisons essentielles. La première tient, à ses dires, à l' »embolie qui frappe aujourd’hui une bonne partie des circuits décisionnaires du pays» et « rien ne permet de dire quand et comment ces obstructions structurelles seront levées». M. Sadi estime qu’il est « urgent» de libérer les énergies (…) pour mieux promouvoir les patrimoines matériel et immatériel de l’Algérie.

Deuxième raison invoquée : « L’affaissement de nos recettes financières avec ses corollaires comme l’effondrement du pouvoir d’achat, l’explosion du chômage, le délabrement des biens collectifs et la dégradation de notre environnement.» Saïd Sadi considère qu’il est désormais vital que l’Algérien apprenne à rentabiliser le moindre potentiel de développement et transmettre des savoirs-faire économiques, construire des pratiques sociales solidaires et redécouvrir des normes culturelles adaptées pour réduire la facture de ses besoins et améliorer son cadre de vie.

Raison dernière : « La crise morale qui affecte la qualité des échanges sociaux et politique souillant le débat public réduit, dans trop de situations, à des invectives, des polémiques qui, hélas, parasitent les activités des militants les plus vertueux.»

Pour l’ancien « leader maximo» du RCD, trêve de discours creux et de politique politicienne. Place désormais aux actes. « Produire et construire, déclare-t-il, est aujourd’hui une offre politique concrète qui ressuscite l’espoir, qui peut recrédibiliser l’action publique et, dans la foulée, contribuer à atténuer les emportements démagogiques des agitateurs qui polluent la scène algérienne.» Le néo-mécène du développement local invite ainsi ses compatriotes à « s’engager dans des contrats innovants (…) qui entrent en résonance avec notre histoire».

« Une phase se tourne sous nos yeux dans l’histoire de l’Algérie indépendante, conclut Saïd Sadi. (…) C’est l’occasion de lancer des initiatives qui sont autant de messages qui peuvent mobiliser à bon escient nos ressources humaines et naturelles afin d’atténuer les effets d’une récession d’autant plus redoutables qu’elle a été mal anticipée.» Comme Gramsci, le Dr Sadi veut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté. « La réforme qui n’est pas venue du sommet, à quelque chose malheur est bon, lancée par le citoyen elle peut, à terme, sensibiliser et impliquer les institutions», professe le fondateur de la fondation Afud.
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Le Congrès extraordinaire du RND du 5 au 7 mai

Publié le 30/01/2016, par dans Non classé.

Le Rassemblement national démocratique (RND) va tenir son congrès extraordinaire du 5 au 7 mai prochain. La date a été fixée par le conseil national réuni en session ordinaire jeudi et hier. Le conseil a ainsi mis sur pied une commission nationale chargée de sa préparation. Cette commission, présidée par le secrétaire général par intérim, Ahmed Ouyahia, est composée de « tous les membres du secrétariat national, des ministres qui ne siègent pas au secrétariat national, des délégués des wilayas et des circonscriptions de la communauté nationale à l’étranger, des conseillers du secrétaire général par intérim et de dix autres membres que peut désigner le secrétaire général par intérim». Pour certains observateurs, ce congrès extraordinaire est une formalité pour Ahmed Ouyahia qui a pu revenir par la grande porte après avoir été poussé à la démission en janvier 2013. Désigné le 10 juin 2015 comme intérimaire à Abdelkader Bensalah qui a démissionné de son poste à la tête du RND le 28 mai de la même année, Ahmed Ouyahia tente de donner de la voix au parti sur la scène politique.
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Le quitus de Medelci

Publié le 30/01/2016, par dans Non classé.

Sans surprise aucune, le Conseil constitutionnel (CC) a apposé sa validation sur le projet de révision de la Constitution.
Dans un communiqué rendu public jeudi, l’institution, présidée par un proche du président de la République qui n’est autre que Mourad Medelci, souligne que le projet de révision « ne porte aucunement atteinte aux principes généraux régissant la société algérienne, aux droits et libertés de l’homme et du citoyen, ni n’affecte d’aucune manière les équilibres fondamentaux des pouvoirs et des institutions constitutionnels».

Aucune mention sur les contradictions soulevées par des spécialistes du droit et les observateurs, notamment concernant l’article 51 et la fragilité des acquis sur les libertés fondamentales et l’officialisation conditionnée de tamazight. L’avis motivé du CC permet, selon l’article 176 de la Constitution, la promulgation de la loi portant révision de la Constitution sans la soumettre à un référendum populaire à condition qu’elle obtienne les trois-quarts des voix des membres des deux Chambres du Parlement.

Comme pour la validation de la révision de la Loi fondamentale en 2008, la présente révision passe, suivant les vœux de l’Exécutif, sans aucun débat ni consultation des citoyens. Si en 2008 le projet de limitation des mandats avait suscité moult réactions et critiques, l’actuel texte de la Constitution, réhabilitant d’ailleurs la limitation des mandats, semble suscité indifférence et dédain. Le projet est perçu comme un non-événement, tant les Algériens, dont l’avis est négligé, sont habitués aux Constitutions façonnées dans les cercles restreints du pouvoir.

Des supposées consultations autour de la révision de la Constitution avaient été organisées par la présidence de la République à deux reprises, en invitant des partis politiques et des membres de la société civile à émettre leurs avis. Les premières consultations ont eu lieu au lendemain de l’éclatement des événements du Printemps arabe, en 2011, et ont été conduites par le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah. Et comme si cette première phase de consultations n’avait servi qu’à donner l’impression d’une volonté de changement, aucune suite n’avait été donnée à ces rencontres.

Ce n’est qu’en 2013 qu’une commission de juristes et de magistrats est désignée pour prendre en charge la rédaction de la nouvelle Loi fondamentale. Mais le texte élaboré par cette commission peinait à voir le jour. Le gouvernement et les représentants du Président ont tenu en haleine l’opinion publique sur une « imminente» révision de la Constitution qui n’arrivait pas. Le gain de temps aura duré encore jusqu’à 2014, année de réélection de Bouteflika pour un quatrième mandat.

La révision de la Constitution est emballée dans les promesses de campagne électorale. Au lendemain de l’élection présidentielle, Ahmed Ouyahia, devenu directeur de cabinet de la présidence de la République, est désigné pour mener de nouvelles consultations autour de la révision de la Constitution.

Qu’étaient devenues les conclusions des premières consultations ou du texte de ladite commission d’experts chargée de la révision constitutionnelle ? On oublie tout et on recommence ! Ouyahia relance l’appel à la classe politique et la société civile et refait le topo sur les volontés des uns et des autres en matière de projet de sortie de crise. Les mois se suivent et personne en dehors du cercle des décideurs ne sait de quoi sera faite la nouvelle Constitution.

Début janvier 2016, le texte est rendu public. Qualifié de montagne qui accouche d’une souris, le projet de révision de la Constitution est mal accueilli par l’opposition. Cette dernière le rejette tant dans sa forme que dans son contenu et accuse le pouvoir de manœuvrer pour empêcher le vrai changement. Lire la suite

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