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Bureaux de change : La Banque d’Algérie s’y prépare

Publié le 16/03/2016, par dans Non classé.

La réorganisation des bureaux de change est au menu des changements réglementaires sur lesquels planche actuellement la Banque d’Algérie, selon le ministre des Finances.
Intervenant, hier, sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale, Abderrahmane Benkhalfa a notamment déclaré que « la Banque d’Algérie est en train de travailler pour changer les règles de fonctionnement des bureaux de change. Dès que le nouveau système sera mis en place, elle en informera les acteurs concernés».

Et d’affirmer qu' »il y a des enseignements nécessaires à tirer du fait que les bureaux de change n’ont pas fonctionné», sans préciser quels sont les changements qui seront introduits. L’objectif est en tout cas de redynamiser le fonctionnement de ces bureaux qui existent depuis 1997, sans que leur rôle soit réellement effectif, si l’on en juge par l’essor que continue de prendre le circuit informel des devises géré notamment par les fameux cambistes du square Port Saïd à Alger.

Par sa nouvelle sortie médiatique, le ministre semble annoncer une énième tentative de créer « un marché légal des devises» pour remplacer les circuits informels qui ont pignon sur rue au vu et au su des autorités. L’ancien ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, avait même déclaré en 2014 que les citoyens « trouvent leur compte» dans le marché parallèle de la devise, ajoutant que « les autorités connaissent très bien les personnes qui l’alimentent».

Une déclaration qui avait mis le feu aux poudres au sein du Parlement et poussé le gouverneur de la Banque d’Algérie à apporter des précisions, estimant que le marché de la devise est « illégal et interdit». Mohamed Laksaci avait annoncé dans la foulée qu’une nouvelle réglementation était en préparation en vue de relever notamment « les marges de rémunération des bureaux de change, fixées à 1% sur les commissions, précisant alors que sur les 40 autorisations délivrées par la Banque d’Algérie dès 1997, certaines ont fait l’objet de retraits pour infractions au change».

Une démarche qui est restée apparemment au stade de l’intention et que la Banque d’Algérie veut relancer cette année, en revoyant les textes régissant cette activité — encadrée notamment par l’instruction n° 08-96 du 18 décembre 1996 fixant les conditions de création et d’agrément des bureaux de change. Un changement réglementaire qui pourrait, en théorie, ouvrir la voie à un marché des devises régulé, loin des diktats des tenants de l’informel. Pour M. Benkhalfa, « la valeur refuge que sont devenues les devises», au même titre que l’or et l’immobilier, « doit cesser de l’être».

Un discours cohérent mais qui risque de rester lettre morte, car dans la pratique, les choses ne semblent pas aussi aisées, notamment dans la conjoncture de crise actuelle et de dépréciation du dinar qui suscite encore plus d’appréhensions chez les tenants de l’argent et les incite à recourir à toutes sortes d’évasion, pour mettre leurs gains informels hors de portée. La crise appelle, par ailleurs, le gouvernement sur tous les fronts et limite l’efficience de cette démarche, qui pourrait être vouée à l’échec au même titre que l’opération de mise en conformité fiscale volontaire qui n’a drainé que peu de capitaux malgré les concessions faites par le gouvernement.
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