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Bouderbala toujours à la tête d’Air Algérie

Publié le 15/02/2017, par dans Non classé.

Les virulentes attaques du ministre des Transports, Boudjema Talai, contre le premier responsable d’Air Algérie, Mohamed Abdou Bouderbala, n’ont pas eu raison de ce dernier, du moins jusqu’à hier en fin de journée.
La réunion du conseil d’administration de la Compagnie nationale de transport aérien, devant statuer sur le sort du PDG, n’a pas eu lieu. Et en attendant qu’elle soit reprogrammée, Mohamed Abdou Bouderbala reste aux commandes. Contacté, il s’est refusé à tout commentaire sur les accusations portées à son encontre par le ministre, lundi, lors d’une conférence de presse en marge de sa visite à la nouvelle aérogare d’Alger. Boudjama Talai n’a pas été avec le dos de la cuillère. Il parle de « graves dépassements» et de « mesures répressives» pour « assainir la situation». « Il faut respecter la sécurité des passagers et les normes de recrutement.

La gestion de la sécurité des passagers est une ligne rouge qu’il ne faut pas franchir», a-t-il martelé En clair, le ministre accuse le PDG d’Air Algérie d’être responsable d’une situation d' »anarchie» dans le recrutement « suspicieux» au sein du service maintenance, qui a eu pour résultat de « nombreux incidents», citant le dernier qui a eu lieu à El Oued : « Un crash a été évité de justesse.» M. Talai n’en est pas à ses premières accusations.

Il y a une année, sur les ondes d’une radio publique, il avait qualifié Air Algérie de « malade qui vit une période sombre» et qui « a besoin d’un plan Marshall pour la remettre sur les rails». Pour le ministre, « elle ne sait même pas faire son métier, celui de voyager (…). Elle doit tout réapprendre, jusqu’à comment organiser un vol.

C’est désastreux». Des propos qui avaient suscité la polémique, sans toutefois soulever d’interrogations. Tout le monde sait que depuis des années, et malgré le plan de restructuration, la compagnie ne cesse de perdre sa clientèle pour des raisons multiples, d’abord à son statut de compagnie appartenant à l’Etat, dont usent et abusent les dirigeants du pays et les membres de leurs familles.

Puis sa gestion souvent confiée à des cadres dirigeants qui manquent de compétence ou qui n’ont pas suffisamment de marges de manœuvre pour décider de la stratégie de management. Bref, la compagnie a fait une longue traversée du désert, tantôt secouée par des scandales, tantôt éprouvée par le manque de moyens sans que l’autorité, représentée par le ministre des Transports, ne pointe du doigt et de surcroît publiquement, son premier responsable.

C’est la première fois que la gestion d’un PDG est violemment et publiquement critiquée par le ministre, et son « limogeage» a été annoncé par des chaînes de télévision privées avant même que la décision ne soit prise. Bien sûr, Boudjema Talai a refusé de confirmer ou d’infirmer le départ de Abdou Bouderbala. « C’est le conseil d’administration d’Air Algérie qui décide de mettre fin ou de maintenir en poste le premier responsable de la compagnie.

Il doit tenir sa réunion incessamment», avait-il répondu à un journaliste qui l’interrogeait sur le limogeage ou non du patron de la compagnie. Une telle déclaration est en soi une confirmation, surtout qu’elle a été précédée par de virulentes critiques à l’égard de Abdou Bouderbala. Mieux encore.

En parlant de « graves dépassements» au service de la maintenance technique « à l’origine d’incidents» qui ont « même failli» être la cause d’un crash à El Oued, le ministre ne mesure-t-il pas la portée de ses propos ? Ne sait-il pas que ce même service de maintenance a été agréé par deux entités, l’une publique, qui est la direction de l’aviation civile, relevant directement de son département, et l’autre, l’Agence européenne de sécurité aérienne (AESA), qui contrôle annuellement le respect des normes en matière de maintenance technique des appareils, mais également le recrutement des ingénieurs et des mécaniciens ?

Les déclarations du ministre des Transports sont lourdes de conséquences, non seulement pour la compagnie, qui agit dans un domaine extrêmement bousculé par la concurrence, mais aussi pour son département, qui sera épinglé pour n’avoir pas su faire respecter les normes de sécurité aérienne dont il est responsable.

A moins qu’ils entrent dans le cadre d’une campagne préélectorale, les propos du ministre devraient être suivis de décisions à la hauteur de la gravité des faits reprochés au PDG d’Air Algérie. Or, hier, le report de la réunion du conseil d’administration, qui devait décider du sort du PDG de la compagnie, a suscité des interrogations, surtout que c’est le ministre en personne qui avait annoncé sa tenue, justement pour trancher le cas Bouderbala.

Quelle lecture peut-on faire d’une telle mesure ? Peut-on croire que Abdou Bouderbala, celui qui, deux jours auparavant, avait négocié ses indemnités de départ, et s’est préparé à faire valoir son droit à la retraite, se soit rétracté pour s’accrocher à son poste malgré la rupture de confiance avec sa tutelle ? « Non», disent des sources proches d’Air Algérie. « Le conseil d’administration devait justement valider la fin de mission de Bouderbala hier.

Cependant la réunion après de longues hésitations a fini par être renvoyée sine die sans aucune explication. Aujourd’hui, demain ou après, on n’en sait rien. Ce qui est certain, c’est que Bouderbala est toujours en poste», révèlent nos interlocuteurs.
Que s’est-il passé ? Pourquoi le ministre, que l’on dit en désaccord avec Bouderbala et après avoir demandé son départ à deux reprises, s’est-il empressé de l’accabler publiquement sans en mesurer les conséquences ? Autant de questions qui restent pour l’instant sans réponse.
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