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Bladna : Le clip promotionnel des législatives qui fait polémique

Publié le 17/03/2017, par dans Non classé.

Comme cela avait été le cas pour la chanson en soutien à Bouteflika en 2014, Bladna, ou le clip promotionnel des prochaines législatives réalisé par des rappeurs, a créé la polémique. Sur la Toile, les rappeurs se renvoient les insultes, les fans aussi. Retour sur cette polémique qui affole depuis quelques jours les internautes sur les réseaux sociaux.
« Bladna, personne ne la construira à notre place», scande Samah Akla dans le refrain de Bladna, clip promotionnel des prochaines législatives. Réalisé par Karim El Gang et Azzou Hood Killer, deux rappeurs qui ont leur poids dans la sphère du rap algérien, leur nouveau clip a atteint en quelques jours plus d’un quart de millions de vues sur youtube. Karim et Azzou n’étaient pas les seuls, car le clip a vu aussi la participation de Phobia Isaac et L’anonyme, deux autres rappeurs connus pour leurs positions critiques envers le système politique et dont les chansons comptabilisent souvent plusieurs millions de vue sur youtube.

Parmi les figurants, on trouve les deux podcasters Adel Sweezy et Merouane Guerouabi, l’animateur de l’émission satirique « Talaâ Habet Cheikh Noui» (Ameur Derradji) et des sportifs comme l’ancien boxeur Mohamed Benguesmia, ou l’international algérien spécialiste du décathlon, Larbi Bouraada. Mais depuis sa diffusion sur YouTube, le 6 mars, et par les télés publiques, Bladna n’arrête pas de susciter les critiques notamment de la part des fans qui suivent de près le rap algérien.

Les rappeurs qui ont participé au clip ont été durement critiqués sur leur page Facebook et les réseaux sociaux d’une manière générale, parfois même insultés. A travers des vidéos diffusées sur YouTube, plusieurs autres rappeurs se sont joints à la campagne. Ces derniers ont qualifié les artistes de Bladna de « pro-pouvoir», de « khobzistes» et de « chiyatine».

Élections

Cette affaire rappelle pour bon nombre la polémique qu’avait suscitée le clip réalisé par des artistes et personnalités publiques en soutien au président Abdelaziz Bouteflika en avril 2014. Mais l’histoire de Bladna a pris une tout autre ampleur depuis les déclarations de Merouane Guerouabi qui, pour rappel, a figuré dans le clip.

Dans une vidéo diffusée en live sur sa page Facebook, Merouane a dit « qu’il ignorait l’objectif du clip, qu’il n’avait pas touché d’argent et qu’il s’était fait arnaquer par Karim et Inertie, la boîte de production qui a réalisé le clip». « Je l’ai fait par amitié pour Karim El Gang, car ce dernier m’avait assuré que le clip n’avait de relation ni avec l’Etat ni avec les élections et ne traitera d’aucune querelle avec les autres rappeurs», se défend-il sur sa page.

Merouane Guerouabi, que nous n’avons pas pu joindre, a fini par supprimer ladite vidéo de sa page Facebook. Quelques jours plus tard, un article du journal arabophone Echourouk annonce la fin du conflit entre les deux jeunes artistes et explique que « ce qui s’est passé n’était qu’un malentendu entre Merouane et Karim, que le jeune podcaster avait bel et bien signé un contrat expliquant le projet et qu’il avait touché son dû». Mais si le suspense n’avait finalement pas duré autour de cette polémique, les critiques des fans et ceux des rappeurs ne doivent pas être pris à la légère.

L’un des nombreux rappeurs à s’être exprimé sur le clip Bladna en critiquant Karim et Azzou est Soolking, du groupe Africa Jungle. Avec son groupe, Slooking, de son vrai prénom Raouf, fait depuis deux ans les beaux jours du rap Made in Algeria en France. Le groupe est composé de cinq personnes originaires de Staouéli, dont trois ont pris le chemin de l’exil (France) après la sortie d’un de leurs clips anti-4e mandat de Bouteflika en mars 2014.

Vocation

L’une des performances d’Africa Jungle, qui a d’ailleurs fait le tour des chaînes de musique françaises, est leur clip réalisé sur les performances du meilleur joueur africain 2015, Pierre-Emerick Aubameyang, (près de 4 millions de vues sur youTube, ndlr), tourné en présence du joueur dans le stade du club de la star gabonaise à Dortmund (Allemagne). « Je ne m’attaque pas aux comédiens, car la figuration fait partie de leur métier.

Je m’adresse aux deux anciens, Karim et Azzou, pour leur dire que s’ils voulaient réellement faire une chanson pour appeler au vote et changer les choses comme ils le prétendent, ce qui est leur droit, pourquoi ne l’ont-ils pas fait avec leurs propres moyens ? Mais ce qui m’a le plus blessé, c’est qu’ils ont entraîné de jeunes rappeurs avec eux. Ils leur ont sali leur image», dénonce Soolking dans une vidéo diffusée sur sa page Facebook.

L’ancien du groupe Micro Brise le Silence (MBS), Farid Belhoul ou Diaz, rappelle que « le rap a toujours été engagé». « Le rôle du rappeur est d’être critique envers le pouvoir, c’est notre vocation. Ce dernier, qui a tout fait pour fabriquer des rappeurs en sa faveur, a réussi sa mission. Heureusement que le rap algérien d’aujourd’hui se porte bien. D’ailleurs, beaucoup ont critiqué ce clip et c’est tant mieux», s’enthousiasme Diaz.

État

Loin des batailles rangées au sein des partis politiques dont le FLN et les polémiques que continuent de susciter les prochaines législatives, les artistes et personnalités qui ont participé à Bladna se sont retrouvés au milieu d’une polémique qui fait encore parler d’elle. Lors de notre entrevue avec Karim El Gang et Azzou Hood Killer, les deux rappeurs nous ont confié qu' »ils étaient choqués par ce qui leur arrive, ce qu’ils lisent et ce qu’ils entendent» à travers les réseaux sociaux. « Contrairement à ce que pensent certains, ce clip n’a rien à voir avec celui en soutien au Président. Le clip en question avait été pensé par l’Etat alors que Bladna est le produit de notre propre initiative», expliquent-ils.

Et d’ajouter : « nous avons invité des rappeurs de différents horizons. Parmi eux, il y a ceux qui sont neutres, ceux qui sont pour et ceux qui s’opposent au pouvoir comme Phobia et L’anonyme. Notre message était clair. Nous ne voulons plus de l’immobilisme. Nous voulons agir pour changer les choses.» Karim El Gang avoue que c’est la première fois qu’il a une carte de vote. « C’est la première fois que j’ai Lire la suite

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