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Biennale méditerranéenne d’art moderne d’Oran: 200 œuvres racontent l’exode et la migration en couleurs

Publié le 03/07/2017, par dans Non classé.
Biennale méditerranéenne d'art moderne d'Oran: 200 œuvres racontent l'exode et la migration en couleurs

ORAN – Quelque 200 œuvres picturales exposées dans le cadre de la 4ème biennale méditerranéenne des arts modernes, ouverte dimanche au Musée d’art moderne d’Oran (MAMO), décrivent des parcours et des destins de personnes ayant fui leur pays pour des « horizons meilleurs » et qui se retrouvent pris dans la spirale de la précarité, de l’exil et des souffrances multiples.

Ces créations d’artistes algériens et étrangers venus de différents pays du bassin méditerranéen « racontent » l’impact de l’exode et la migration engendrés par la colonisation, les guerres, le terrorisme, les catastrophes naturelles et autres facteurs socio-politiques. « Mes œuvres décrivent la douleur de l’homme en perpétuelle quête de la paix, de la stabilité et de la sécurité », souligne l’artiste peintre Fouzia Menaouar d’Oran, qui a choisi le croissant pour représenter dans ses tableaux l’émigration.

En dépit de la diversité et de la variété des techniques utilisées dans ces œuvres, allant de la toile, la photographie, au montage artistique, à la sculpture, la vidéo et à d’autres expressions audiovisuelles, les tableaux et autres créations exposées reflètent l’angoisse de l’artiste devant un support blanc et vierge appelé à représenter le phénomène de l’exode, de la migration individuelle et collective. « Ce sont des messages et des appels de détresse qui sont livrés aux visiteurs », explique le plasticien Toufik Ali Chaouche, commissaire de cette manifestation culturelle qui se poursuit jusqu’au 31 juillet en cours.

La française Reina évoque, dans son œuvre, l’aspiration de l’homme à atteindre l’autre rive, « synonyme de paix, de prospérité et de stabilité ».

Cette artiste utilise les plages comme immense espace pour sculpter des personnages en plein détresse. « L’eau est la source de la vie, les vagues de la mer confèrent à la vie un mouvement perpétuel et incessant. Le sable et les rochers symbolisent la mémoire de la terre », explique-t-elle.

L’Algérienne Zineb Sidra, installée à Londres, a proposé une bande vidéo, tournée dans le désert mauritanien, pour montrer l’une des voies d’accès des migrants sénégalais et maliens voulant atteindre l’autre rive de la Méditerranée. « Au risque de leur vie et de mille et un sacrifices, lorsqu’ils atteignent leur but, l’Eldorado tant rêvé s’avère être un enfer.

Ces migrants sont victimes de racisme, de pauvreté, de précarité, loin de leurs familles et proches. Pour ces raisons, les candidats à l’émigration doivent bien réfléchir avant de se lancer dans cette aventure », préconise cette artiste.

Les œuvres exposées à l’occasion de cette biennale sont mélancoliques et reflètent une certaine tristesse dans le choix des couleurs et des formes.

Le sculpteur, venu de la lointaine Biskra, Rahal Lazhar, décrit l’émigration clandestine en utilisant des produits récupérés de petits métiers en bois. Il utilise des vis blancs pour représenter les « Harraguas », dupés et induits en erreur, et des clous noirs pour représenter les passeurs.

Pour rappel, 50 artistes d’Algérie et de l’étranger prennent part à cette manifestation initiée par l’association d’arts visuels « Civ-oeil », en collaboration avec le Musée d’arts modernes d’Oran.

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